Selon l’ONU, 26,5 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire en Afrique de l’Est

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L’agence humanitaire de l’ONU a déclaré qu’au moins 26,5 millions de personnes en Afrique de l’Est ont besoin d’une aide humanitaire à cause de la sécheresse sévère qui s’abat sur la région.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) de l’ONU a déclaré dans son dernier rapport que le nombre de réfugiés ayant demandé protection dans la Corne de l’Afrique a augmenté de 640.000 personnes pour atteindre 4,4 millions au cours des six derniers mois. L’Ocha a indiqué dans sa perspective régionale pour la Corne de l’Afrique et la région des Grands Lacs que trois millions de personnes supplémentaires ont été déplacées internes au cours des huit derniers mois. « Cette situation est liée à des épisodes successifs de sécheresse et de mauvaises récoltes, de conflits, d’insécurité et de chocs économiques qui affectent les plus vulnérables. Les besoins humanitaires devraient augmenter au cours des mois à venir », a indiqué le rapport. La région est-africaine traverse une des plus grosses crises humanitaires de son histoire. Les pluies faibles sont insuffisantes pour compenser le début retardé de la saison des pluies, qui a amené des précipitations en-dessous des moyennes en mars et avril. La sécheresse actuelle dans la région est en beaucoup de points comparable à celle des mois d’octobre et novembre 2010 qui a provoqué en 2011 une grave crise humanitaire. D’après l’ONU, le nord et l’ouest du Kenya, le sud-ouest de l’Ethiopie et l’est de l’Ouganda sont également touchés, avec toutefois des conséquences plus modérées. Beaucoup de bétails sont néanmoins morts. Les rapports terrains du mois d’avril en Somalie montrent que, à cause des ventes à perte et de la mort de nombreux animaux, les foyers dans le nord et le centre ont perdu 40% à 60% de leurs moyens de subsistance, et les foyers dans les régions sud ont perdu 20% à 40% de leurs troupeaux depuis l’évaluation 2016/2017.

Le nombre de personnes des phases 3, 4 et 5 de la crise du Cadre intégré de classification (IPC) a considérablement augmenté à 26,5 millions, soit une augmentation de 62% comparé à l’année passée (16,4 millions en mai 2016). Au Soudan du Sud, une famine touchant 90.000 personnes dans l’Etat d’Unité a été déclarée en février. Les conditions au Soudan du Sud continuent de se détériorer, 5,5 millions d’individus pouvant se retrouver en situation d’insécurité alimentaire en juillet. Le rapport a souligné que la situation en Somalie s’est détériorée et est particulièrement inquiétante avec 3,2 millions de personnes face aux niveaux de crise et d’urgence de l’insécurité alimentaire (en hausse par rapport à 2,9 millions) et la sécheresse, la hausse des prix, la poursuite des limites d’accès, des prévisions de pluie en déclin suggèrent un risque élevé de famine en Somalie en 2017. La population en situation d’insécurité alimentaire en Ethiopie a augmenté et est passée de 5,6 à 7,8 millions, après un mauvais début de la saison des pluies, selon l’agence onusienne. « Ce chiffre devrait encore augmenter au deuxième trimestre de l’année. Au Burundi, 2,6 millions de personnes sont en insécurité alimentaire, dont 700.000 en phase 4 d’urgence de l’IPC et au Kenya, 2,6 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë ».

L’agence met en garde que l’insécurité alimentaire devrait s’empirer à cause de la poursuite des conflits, un potentiel El-Nino et l’infestation du légionnaire d’automne.

D’après l’Organisation mondiale de la météorologie (Omm), la probabilité d’El Nino se produisant à l’automne est de 50% à 60% et devrait toucher l’Ethiopie, le nord du Kenya, la Somalie, l’ouest de l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et le sud-ouest du Soudan du Sud. « Le légionnaire d’automne est apparu dans l’ouest du Kenya, dans le sud-ouest de l’Ethiopie, au Burundi, au Rwanda et dans le centre et l’ouest de l’Ouganda. En Ouganda, il affecte 54 districts, attaquant jusqu’à 40% des fermes de maïs dans certaines zones », selon l’ONU. D’après l’OCHA, la malnutrition aiguë, surtout parmi les réfugiés et les enfants âgés de moins de cinq ans, les femmes enceintes et allaitantes restent une inquiétude majeure dans de nombreuses parties du Soudan du Sud, du Soudan (Darfour, région de Kordofan et est du Soudan), le nord du Kenya et la région du Karamoja en Ouganda. Les taux de Malnutrition globale aiguë (Gam) au Soudan du Sud sont au-dessus du seuil d’urgence de 15% dans sept des dix Etats, atteignant 33% à Bahr el-Ghazal.

Par ailleurs, le média a rapporté que 640.000 personnes ont demandé protection depuis le début de l’année 2017, soit un total de 4,4 millions de réfugiés et de demandeurs d’asile dans la région des Grands Lacs et la Corne de l’Afrique. La majorité des nouveaux déplacés sont originaires du Soudan du Sud et du Burundi, le Soudan du Sud représentant la crise des réfugiés qui augmente le plus rapidement au niveau mondial. Environ 2 millions de personnes sont déplacées internes au Soudan du Sud, et plus de 1,9 million de Soudanais du Sud ont fui le pays en tant que réfugiés et demandeurs d’asile depuis décembre 2013. « Cela a conduit à une révision du Plan de réponse aux réfugiés régionaux au Soudan du Sud (Rrrp). Les partenaires humanitaires anticipent 2,13 millions de réfugiés sud-soudanais d’ici la fin de l’année 2017 », a indiqué l’agence de l’ONU. Le rapport a indiqué que près de 65.000 Burundais ont demandé refuge depuis le début de l’année, portant le nombre total de nouveaux réfugiés à 408.857.

Source: Agence de presse Xinhua

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