Sénégal : Saint-Louis victime de l’avancée de la mer, 210 familles sinistrées

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La furie de la mer a délogé 210 familles de leurs demeures à Saint-Louis. Hier, des sinistrés furieux ont occupé la rue. Les assurances du maire Amadou Mansour Faye n’ont pas trouvé un écho favorable auprès d’eux.

Depuis vendredi 18 août 2017, la mer est en furie à Saint-Louis. Près de 210 familles sont touchées par le raz-de-marée, plongeant les populations dans la tristesse et surtout une colère qu’elles ont même exprimée en barrant la route qui mène à Guet-Ndar, ce dimanche. Les manifestants voulaient dénoncer l’inertie des autorités. Ils se sont heurtés à la police qui est intervenue pour les disperser. Et pourtant le samedi, le maire est allé au chevet des familles sinistrées qui logent à l’école élémentaire de Dodds. Amadou Mansour Faye a apporté son soutien aux populations victimes des derniers raz-de-marée. Il a remis à 73 ménages relogés dans cette école primaire et qui sont présentement dans le désarroi des denrées alimentaires composées de riz, d’huile, de sucre et autres produits désinfectants. Par la même occasion, l’édile de Saint-Louis a accordé aux sinistrés un appui financier non négligeable, en attendant l’arrivée des secours de l’Etat. Chaque famille sinistrée s’est retrouvée avec une enveloppe de 50 000 F.

« Il faut arrêter de nous divertir »

Après avoir constaté de visu les dégâts causés par l’avancée de la mer, le premier magistrat de la ville tricentenaire a rassuré les populations de Guet-Ndar, Santhiaba et Gokhou Mbathie, en leur faisant comprendre qu’il allait tout mettre en œuvre pour améliorer leur cadre de vie. Mansour Faye a annoncé des solutions immédiates. L’Etat, dit-il, est en train d’accélérer les études pour le démarrage des travaux d’endiguement et de protection du littoral. Mais le discours de l’édile a laissé circonspects les sinistrés.  « Il faut arrêter de nous divertir », a lancé au maire un père de famille affecté par la furie des vagues et chassé de sa maison. « Cette chanson du maire est connue de tous : elle consiste toujours à faire savoir à tout le monde que l’entreprise adjudicataire des travaux a déjà installé sa base dans la Langue de Barbarie », a-t-il fulminé. Selon ce vieux pêcheur, aucune étude d’avant-projet ne peut durer plus de trois ans. « Il faut qu’ils arrêtent de nous prendre pour des demeurés, des personnes incultes, qui n’ont aucune idée exacte des travaux de ce genre », s’étrangle-t-il. Poursuivant, nos interlocuteurs nous font comprendre que le quartier de Thiawlène, dans la commune de Rufisque, était dans la même situation que Guet-Ndar. « Là-bas, l’Etat a pris le taureau par les cornes et a résolu le problème en tenant compte des préoccupations des populations, sans essayer de tromper leur vigilance », assure-t-on.

Mansour Faye inquiet de l’avenir de Saint-Louis

Le maire, qui a bien écouté les populations, leur a garanti que les travaux de la digue de protection allaient bientôt démarrer et que l’Etat était en train d’accélérer la cadence. « En attendant, les autorités administratives vont étudier froidement la situation pour reloger les sinistrés dans des zones viables et ceci dans la plus grande clarté et fermeté », a tempéré le maire. Ce drame fait qu’aujourd’hui, Mansour Faye s’inquiète de l’avenir de Saint-Louis, soulignant que c’est toute une ville qui est menacée avec l’avancée de la mer. Avant que certains pêcheurs ne pointent un doigt accusateur sur la brèche creusée en 2003 sous Wade.

Moctar FICOU / VivAfrik

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