Billet retour au Climate Finance Day à Paris : Zinsou trouve paradoxale que l’Afrique plus vulnérable a moins accès au financement vert

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Les dizaines, voire les centaines de milliards promis par le financement vert, notamment via le fonds vert, ne parviennent pas en Afrique, ou du moins, très peu ! Le continent a du mal à soumettre une masse critique de projets éligibles, soit bien trop modestes, ou inadéquats au type de financement sollicité, faussant littéralement les grilles d’analyse des investisseurs. C’est en substance le message porté par Lionel Zinsou l’économiste franco-béninois à l’assemblée du Climate Finance Day à Paris.

« Merci d’avoir invité la modeste voix de l’Afrique », a dit Lionel Zinsou sourire en coin, non moins président du réseau des investisseurs africains, devant les 500 participants du Climate Finance Day au Ministère des finances à Paris lundi 11 décembre 2017.

Zinzou était venu parler d’une situation plus que paradoxale : « le continent le plus vulnérable au changement climatique est celui qui a le moins accès à la manne de la finance verte ».

D’un côté des engagements pris par les plus grands acteurs financiers, de l’autre, en Afrique, des projets qui n’ont ni la taille, ni les caractéristiques leur permettant de bénéficier de ces investissements. Ségolène Royal, ambassadrice des pôles, a elle aussi mis en avant l’impérative nécessité de financer les énergies renouvelables en Afrique. Elle a demandé aux investisseurs de revoir leurs grilles d’analyse de risques pour cesser de fuir les pays où sont les besoins.

Seuls 2% des financements verts en Afrique

« Comment faire ? », s’est interrogé Lionel Zinsou soulignant que, quand il dirigeait une société de capital investissement européenne, il n’avait besoin que de quelques semaines pour monter un projet d’un milliard d’euros alors que sa brève expérience de Premier ministre du Benin lui a montré que pour faire la même chose un gouvernement africain avait besoin de plusieurs années.

« Et pourtant nous avons développé des outils financiers propres au continent  comme des fonds de pension ou  des produits d’épargne », précise-t-il. « Nous pourrions financer des projets mais il faut pour cela construire toute une chaîne de financement ». C’est ce à quoi va s’employer le réseau des investisseurs de long terme pour le climat, initié par les Caisses des Dépôts du Maroc et de du Sénégal en 2016.

Il reste donc beaucoup à faire pour que les financements verts affluent vers le continent africain. Cela relativise les chiffres de financements verts publiés le matin même par la coalition des banques de développement (IDFC). Elle a annoncé 173 milliards d’engagements en 2016 soit 30 milliards de plus qu’en 2015 mais 2 % seulement de ces sommes ont été investis en Afrique sub-saharienne, bien loin des besoins réels du continent.

Crédit infographie / novethic.fr

Avec Anne-Catherine Husson-Traore (Lire sur Novethic).

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