Afrique : l’accès à l’eau et à l’assainissement : la Fae mise sur les fonds

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La priorité pour la Facilité africaine de l’eau (Fae) est de mobiliser les fonds nécessaires pour la mise en œuvre de sa Stratégie 2017-2025. C’est du moins ce qui est retenu lors de la 17ème Réunion du Conseil de direction de la Fae le 22 janvier 2018 à Dakar.

De l’avis du secrétaire exécutif du Conseil des ministres de l’Eau (Amcow), Canisius Kanangire, c’est la résorption du gap de financement qui permettra l’atteinte des objectifs fixés. « L’insuffisance de ressources financières freine le développement du secteur de l’eau et de l’assainissement en Afrique. Les autres défis sont liés à la pollution de l’eau et à la gestion de la ressource », a-t-il insisté. L’amélioration des indicateurs dans le continent est fortement tributaire de la capacité de financement des Etats et des institutions. C’est le bien-fondé de la création de la Fea, en 2004, et qui est gérée par la Banque africaine de développement (Bad) à la demande du Conseil des ministres africains de l’Eau (Amcow). « L’un des grands défis, c’est la réalisation des infrastructures structurantes pour améliorer l’accès à l’eau pour tous les usages. Pour cela, il faut des financements. Nous ne pouvons pas avoir ces infrastructures sans ressources », a indiqué le responsable de la Direction de la gestion et de la planification des ressources en eau (Dgpre), Niokhor Ndour.

D’après le ministre sénégalais du Renouveau urbain, de l’Habitat et du Cadre de vie, Diène Farba Sarr qui a présidé la rencontre, « l’urgence est de lever les fonds ». « Nous allons faire le point sur l’exécution de la première année de notre Stratégie 2017-2025. Nous allons tirer les leçons de la première année de mise en œuvre », a expliqué le président par intérim de la (Fae), Jean Michel Ossette lors de l’événement qui a enregistré la présence du ministre Zimbabwéen de l’Eau et de l’Assainissement, Oppah Muchinguri, et du ministre nigérian de l’Eau et de l’Environnement, Suleiman Adams. Pour sa part, Diène Farba sarr a détaillé que la Fae a défini un cadre d’intervention avec une hiérarchisation des besoins des pays africains. Ces actions s’inscrivent en droite ligne de la concrétisation de la vision africaine de l’eau. « La Fae a élaboré, depuis ses débuts, une série de plans et programmes stratégiques dont le premier en cours est le Plan stratégique 2017-2025 qui définit les domaines prioritaires d’intervention en vue de mettre en adéquation ses opérations avec les attentes, ô combien importantes, des acteurs de l’eau, contribuant ainsi à promouvoir le développement économique et social en Afrique et accroître sa résilience au changement climatique », a noté le ministre qui représentait le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Mansour Faye.

Abordant les réalisations la Facilité africaine de l’eau apprennent qu’elle à financer des projets à hauteur d’un milliard quatre cents millions d’euros (en termes d’engagement). Ces projets d’investissements concernent les domaines de l’alimentation en eau, l’assainissement et l’hydro-électricité. « L’expérience de la Facilité met assurément en évidence sa capacité exceptionnelle d’attirer les investissements indispensables aux infrastructures et services relatifs à l’eau. En effet, 70% des projets préparés par la Facilité sécurisent le financement nécessaire à leur mise en œuvre », a rappelé Diène Farba Sarr. De son côté, le directeur de l’Eau et de l’Assainissement de la Banque africaine de développement (Bad), Osward Chanda, est revenu sur le chemin parcouru en termes de mobilisation des ressources financières. Remerciant les partenaires, il a reconnu la nécessité d’engranger d’autres résultats pour mériter davantage leur confiance et celle des bailleurs. Une occasion saisie par Diène Farba Sarr de plaider un accompagnement de 450 millions d’euros nécessaires pour matérialiser la nouvelle vision africaine de l’eau et concrétiser les projets contenus dans sa nouvelle feuille de route. « Le montant total du financement requis pour mettre en œuvre cette stratégie et réaliser les résultats fixés s’élèvent à 450 millions d’euros, soit, en moyenne, 50 millions d’euros par an. Ce défi doit être relevé afin de pérenniser l’action de la Facilité et renforcer ainsi son rôle en tant que principal instrument de préparation de projets dans le secteur de l’eau en Afrique ».

Moctar FICOU / VivAfrik

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