L’Union africaine approuve l’initiative African Leaders for Nutrition (ALN)

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Les dirigeants africains s’engagent à vaincre la malnutrition et à faire de la nutrition un moteur de la croissance économique

« Il y a toutes les raisons de s’en soucier : la mauvaise alimentation est la principale cause de décès de millions d’enfants de moins de cinq ans. En effet, 3 millions d’enfants meurent de malnutrition chaque année en Afrique. Si les tendances actuelles se maintiennent jusqu’en 2030, l’Afrique aura perdu 36 millions d’enfants – un nombre ahurissant – parce qu’ils n’auront pas eu assez à manger ou n’auront pas pu se nourrir convenablement » –  Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement

Abidjan, Côte d’Ivoire, le 29 janvier 2018 – Addis-Abeba, Éthiopie, le 29 janvier 2018 – Les dirigeants africains ont pris l’engagement historique, lundi 29 janvier 2018, à Addis-Abeba, en Ethiopie, de supprimer les obstacles à la  bonne nutrition qui empêchent les enfants et les sociétés de réaliser leur plein potentiel.

Présents dans la capitale éthiopienne pour le 30 è Sommet de l’UA, ils s’y sont solennellement engagés lors du lancement de African Leaders for Nutrition (ALN), une initiative activement soutenue par la Banque africaine de développement et la Commission de l’Union africaine, convenant de surmonter ensemble la malnutrition et de faire de la nutrition un moteur de la croissance économique et du développement durable.

Selon Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement, un retard de croissance des enfants aujourd’hui va entraîner des retards économiques demain. L’impact du retard de croissance est irréversible, mais évitable.

Une mauvaise alimentation est responsable du retard de croissance des enfants, ce qui pénalise leur épanouissement éducatif et les perspectives économiques futures. En 2016, 59 millions d’enfants africains souffraient d’un retard de croissance et 14 autres millions de cachexie (état d’affaiblissement et d’amaigrissement extrêmes). Pris ensemble, ces chiffres sont supérieurs à  la population de la France ou celle de l’Afrique du Sud : ils sont sept fois supérieurs au nombre d’habitants de la Suisse, a averti Adesina.

« Il y a toutes les raisons, a-t-il ajouté, de s’en soucier : la mauvaise alimentation est la principale cause de décès de millions d’enfants de moins de cinq ans. En effet, 3 millions d’enfants meurent chaque année de malnutrition en Afrique. Si les tendances actuelles se maintiennent jusqu’en 2030, l’Afrique aura perdu 36 millions d’enfants – un nombre ahurissant – parce qu’ils n’auront pas eu assez à manger ou n’auront pas pu se nourrir convenablement ».

L’Union africaine a approuvé l’initiative African Leaders for Nutrition et a encouragé ses champions à poursuivre le dialogue et à renforcer les efforts de sensibilisation en faveur de l’amélioration de la nutrition.

Le Premier ministre du Lesotho, M. Thomas Thabane, a donné lecture de la résolution des dirigeants africains sur l’initiative ALN, dans laquelle ils ont convenu que la sécurité alimentaire sans nutrition améliorée n’apportera pas les résultats socio-économiques escomptés. Les dirigeants africains en sont d’autant plus convaincus que le nombre d’enfants touchés par la faim et la malnutrition n’a pas diminué au cours des dernières années.

La déclaration adresse des félicitations aux États membres qui ont réalisé des progrès dans l’élimination des retards de croissance chez les enfants, la lutte contre l’insuffisance pondérale et incite les autres États à en faire de même.

« La nutrition est au cœur de notre programme continental et constitue un problème de développement. La sécurité nutritionnelle reste d’importance cruciale pour tous les programmes en cours d’exécution et a un impact positif sur le développement. En travaillant ensemble, nous pouvons changer les choses », a déclaré M. Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine, dans une déclaration faite à la rencontre.

Le président Adesina a décrit l’Afrique comme la seule région au monde où le nombre d’enfants souffrant de rachitisme a augmenté, passant de 47 millions en 1990 à 59 millions en 2016.

« Nous avons une obligation morale, mais aussi une raison économique de régler cette catastrophe africaine parfaitement évitable. L’Afrique peut vaincre les retards de croissance et la malnutrition, si ses dirigeants se mettent ensemble et tirent profit de leur volonté commune », a-t-il dit aux dirigeants africains.

« Aujourd’hui, je parle donc pour les victimes du tueur silencieux de la vie : la malnutrition. Dieu n’a pas créé les estomacs des enfants pour qu’ils restent vides. Rien ne brise nos cœurs davantage qu’une mère n’ayant pas les moyens de calmer le gargouillement de l’estomac creux de son bébé qui a faim. Un proverbe dans ma langue yoruba affirme que les aînés ne peuvent pas faire leur marché et regarder la tête des bébés pendre lorsqu’ils sont attachés au dos de leurs mères ».

Et le président Adesina de déclarer : « Vous êtes les aînés. Vous ne pouvez pas rester sans rien faire lorsque 3 millions de bébés meurent de malnutrition sur le dos de leurs mères, qui elles-mêmes souffrent de malnutrition. Nous avons tous besoin d’entendre la voix de ces mères et de ces enfants et agir sans tarder ! »

Il a décrit « l’infrastructure de la matière grise » comme la plus importante infrastructure de l’Afrique et a souligné la détermination de la Banque africaine de développement à aider l’Afrique à devenir autosuffisante en nourriture, soit en aliments nutritifs.

« L’initiative African Leaders for Nutrition va instaurer et maintenir des rapports, par le biais de cartes de score de la redevabilité envers la nutrition en Afrique, sur lesquelles seront scientifiquement évalués les pays en fonction des progrès qu’ils auront réalisés dans leur combat contre la malnutrition et de leurs initiatives en matière de renforcement des infrastructures de matière grise. Cette innovation en matière de politique les incitera à compléter et à renforcer leur engagement. Pour créer un plus fort impact sur la nutrition, les gouvernements devraient accorder la priorité aux investissements dans la nutrition, en utilisant la budgétisation sensible à la nutrition ».

Présentant une étude de la Commission de l’Union africaine sur le « Coût de la faim en Afrique » (Cost of hunger in Africa – COHA), le président de Madagascar, Hery Rajaonarimampianina, a décrit la malnutrition comme l’un des principaux obstacles qui empêchent les enfants et les communautés de réaliser leur plein potentiel.

« Les enfants subissant un retard de croissance tombent malades plus souvent – ce qui provoque des dépenses de santé élevées pour les familles et pour l’économie équivalant à entre 1 à 30 % du total du budget public consacré à la santé, soit 3 % du PIB. Si nous réduisons les taux actuels des retards de croissance de 50 % d’ici à 2025, nous pourrons nous réaliser des  économies de l’ordre de 21,7 milliards de dollars américains (EU). Si nous atteignons l’objectif de Malabo de l’UA visant à réduire les retards de croissance à 10 % et l’insuffisance pondérale à 5 % d’ici à 2025, nous pourrons nous arriver à des économies pouvant atteindre 39,3 milliards de dollars », a-t-il dit.

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