Sénégal : Etat de la (dé)pollution de la baie Hann

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Si auparavant la baie Hann était l’une des plus belle baie au monde capable de rivaliser avec celle de Rio de Janeiro avec ses cocotiers bordant le long de la plage et son eau limpide, elle a vu dans les années 80 son sort scellé par l’implantation des industries dans les quartiers environnants à cause de l’urbanisation anarchique. Ce phénomène a engendré l’installation d’industries qui n’ont pas cessé de déverser leurs déchets dans le canal 4 conçu initialement pour l’évacuation des eaux pluviales. Ce canal à ciel ouvert se transforme alors en gros dépotoir d’ordures, d’eaux usées en provenance de fosses septiques et d’autres origines domestiques. Aujourd’hui, cette baie fait partie des plus polluées et les plus toxiques du Sénégal, voire du monde.

C’est en 1988 que les premières actions concrètes ont été menées en vu de sauver la baie de Hann. La population de Hann a dans ce sens organisé  « la semaine de la baie » invitant ainsi plusieurs autorités et hommes politiques qui leur font beaucoup de promesses, toujours non tenues. D’autres initiatives ont été engagées par les populations. C’est ce sens qu’en 1999 que les riverains se sont réunis de nouveau et signent des pétitions. En 2002, lors d’un conseil ministériel sous le régime de l’ancien président du Sénégal, Abdoulaye Wade, un projet de dépollution de la baie et la restructuration du village de Hann a été ratifié. Cette localité contribue largement à la pollution de la baie avec les ordures ménagères qu’elle y déverse sous prétexte que les camions de ramassage n’accèdent pas à leur quartier du fait de l’étroitesse des ruelles.

Le projet de dépollution de la baie de Hann est financé par l’état du Sénégal avec un appui conséquent de l’Agence française de développement (Afd) et la Banque européenne d’investissement (Bei). Ce projet qui, selon l’Afd, devrait prendre fin en 2019, permettra aux industriels de réaliser le prétraitement de leurs rejets et participer au financement du fonctionnement des infrastructures. Ces travaux consistent à la réalisation d’une station d’épuration de 25000 km3/jour, d’un émissaire marin de 3 km d’intercepteur de 13 km, de 7 stations de pompages, de 45 km de réseaux secondaires et tertiaires, de 10000 branchements domiciliaires et de l’assèchement du canal. En attendant, pour la population de Hann, l’impatience est totale.

C’est seulement en 2015 après le lancement du projet en 2008 qu’a démarré l’acte d’indemnisation des riverains qui seront affectés par le projet alors que la durée de mise en œuvre est de 4 ans. Malgré ce retard dans la démarche le pas est très prometteur dans le processus de la dépollution et fais revivre l’espoir d’une baie de Hann propre.

Aminata Ndiaye (Statgiaire) / VivAfrik

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