Le 19ème congrès l’AAE vise l’accès à l’assainissement et l’eau en Afrique

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Officiellement ouvert lundi 12 février 2018 à l’Hôtel de l’Amitié de Bamako au Mali, le 19ème congrès de l’Association africaine de l’Eau (Aae) a pour thème : « Accélérer l’accès à l’assainissement et l’eau pour tous en Afrique, face aux défis du changement climatique ».

Impact du changement climatique sur les ressources en eau

Les 1500 participants venus des quatre coins du monde se sont penchés autour des questions relatives à la gestion de l’eau et à la protection de l’environnement, à travers l’assainissement et la lutte contre la défécation à l’air libre.

D’après le représentant du maire de la commune II du district de Bamako, Boubacar Kane par ailleurs directeur général de la Société malienne de gestion de l’eau potable (Somagep-SA) et président du Congrès, le thème est d’actualité. « Plusieurs études ont démontré que le changement climatique a un impact négatif sur les ressources en eau ».

A l’en croire, une étude de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) stipule que plus de 600 millions de personnes dont la moitié en Afrique subsaharienne n’ont pas accès à l’eau potable. « 4,4 milliards de personnes, soit 60% de la population mondiale ne reçoit pas un cadre d’assainissement adéquat », poursuit le responsable.

De son côté, le président de l’Aae, Abdarrahim El Hafic a estimé que le thème de ce 19ème congrès doit être traité selon une vision africaine sur le changement climatique afin de garantir un meilleur accès à l’eau potable. « L’impact du changement climatique sur l’eau se manifeste sur la dégradation des ressources en eau. 4,4 milliards de personnes dont 7 millions en Afrique n’ont pas accès à un service d’assainissement de qualité », s’est-t-il désolé. Ajoutant que ce congrès permet de renforcer les capacités des acteurs en charge de la gestion de l’eau et d’assainissement afin d’améliorer le secteur.

Accélération de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement

Le ministre malien de l’Energie et de l’Eau, Malick Alhousseini a pour sa part souligné que ce 19ème congrès de l’Association africaine de l’eau sera marqué de rencontres de haut niveau, pour faire le point des expériences des pays et organismes participants, ainsi que celles du Mali, sur les problématiques de l’accélération de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, dans un contexte de changement climatique. « L’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène reste un défi majeur pour le continent africain.

Selon la Banque mondiale, en 2016, environ 26,7% de la population en Afrique n’avait pas accès à l’eau potable et le manque d’assainissement s’avère un problème de santé publique, aussi préoccupant que le paludisme et la diarrhée dont il est responsable en partie. Or, l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, source de santé, d’épanouissement, de dignité humaine tout court, devrait aider nos économies à croitre plus rapidement », a laissé entendre M. Alhousseini. Qui affirme que les impacts du changement climatique sont particulièrement forts et même drastiques à certains endroits d’Afrique, surtout en relation avec la disponibilité de l’eau.

« Au Mali, depuis quelques années, nous subissons les effets néfastes du changement climatique. Plusieurs secteurs, notamment l’eau et l’assainissement, se trouvent ainsi concernés par les impacts  de ce phénomène avec des incidences significatives sur les économies et sur la sécurité alimentaire ». Il a aussi invité le Mali à receler d’importantes ressources en eau, tant de surface que souterraines.  « S’agissant des eaux de surface, les pluies apportent environ 350 milliards de mètres cube d’eau par an. Le réseau hydrographique, constitué des fleuves Niger, Sénégal et leurs affluents, ainsi que la Volta, drainent entre 60 et 110 milliards de mètres cube d’eau par an », a-t-il précisé.

Avant de conclure : « les eaux de surface non pérennes, emmagasinées dans des sites naturels, sont estimées à environ 15 milliards de mètres cube. Quant aux ressources en eaux souterraines, elles sont estimées à 2700 milliards de mètres cube, avec un taux annuel de renouvellement de 66 milliards de mètres cube, représentant la portion d’alimentation en eau potable des populations ».

Projet de la station d’eau de Kabalan

Pour renverser la tendance, les autorités maliennes ont mis en œuvre des solutions pérennes. En termes clairs, le ministre voit le projet de la station d’eau de Kabalan dont le reste des travaux devront durer 24 mois avec un total d’environ 30 milliards de francs CFA, financés par le gouvernement du Mali avec l’appui de la Banque africaine de développement (Bad) comme solution.

« Ce projet permettra, dans sa première phase (2017-2021), de traiter un volume d’eaux usées de 600 m3 par jour, soit 42 tonnes de matières sèches, pour assurer l’assainissement d’une proportion significative de la population de Bamako. Lors des deux prochaines phases du projet (2022-2026) et (2027-2032), le système évoluera progressivement vers la construction de réseaux d’eaux usées et de stations d’épuration affiliées ».

Outre ce projet, Malick Alhousseini a listé les importantes réalisations et travaux de renforcement des systèmes d’adduction d’eau potable achevés à Kayes, Kati, Koulikoro et Sikasso. « A l’horizon 2020, seront réalisés, les travaux d’adduction d’eau potable de Nioro, Kita Sélingué, Bougouni, Markala, Gao avec la Banque mondiale, ceux de Tombouctou avec la KFW, Ségou San, Koulikoro, Bandiagara et Mopti/Sévaré, avec l’appui de l’Agence française de développement (Afd), la Banque européenne d’investissement (Bei), la Banque islamique de développement (Bid), la Banque mondiale (Bm), la Coopération italienne (Ci), la BOAD, le Fonds koweitien, verra ses premiers mètres cubes d’eau disponibles en décembre 2018 », a-t-il rassuré.

Enfin, chef du gouvernement malien, Soumeylou Boubèye Maïga, ardue que « l’accès à l’eau potable et à l’assainissement de qualité, c’est le minimum social que le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a décidé d’offrir à la population ». C’est dans cette logique que 109.544 branchements ont été réalisés dans plusieurs localités du pays, et le programme va se poursuivre avec 200 000 autres branchements seront effectuées, ce jusqu’en 2020 pour concrétiser le programme présidentiel d’urgences sociales relatif à l’accès à l’eau potable.

Moctar FICOU / VivAfrik

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