La RDC et le Congo pour une contrepartie financière à la protection des tourbières

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Les autorités de la République démocratique du Congo et celles du Congo-Brazzaville ont indiqué lundi 12 février 2018 vouloir coopérer afin d’obtenir une « contrepartie » financière de la communauté internationale à la protection de tourbières contenant des quantités énormes de carbone et qui, si elles étaient cultivées, aggraveraient le réchauffement planétaire.

Les tourbières stockent trente milliards de tonnes de carbone

Les tourbières couvrent 145.000 km2 d’un espace marécageux à cheval entre le Congo et la RDC, soit une zone un peu plus grande que l’Angleterre. Selon les experts, elles stockent environ trente milliards de tonnes de carbone, l’équivalent des émissions d’énergie fossile de toute l’humanité sur trois ans. Dans un communiqué conjoint paraphé par les deux parties, les ministres de l’Environnement du Congo et de la RDC notent vouloir obtenir « des garanties sous forme de financements (…) en vue d’assurer une contrepartie suffisante » aux sacrifices des riverains qui renonceraient à cultiver ces terres.

Et le document officiel de préciser que cette décision fait suite à la réunion tenue le week-end dernier entre les ministres Arlette Soudan Nonault (Congo) et Amy Amba Tobe (RDC) à Kinshasa afin de mettre en place « un organe de gestion conjointe des tourbières » par les deux pays. Pour offrir des solutions de rechange aux populations riveraines, les agences des Nations unies et les autres partenaires « sont appelés à verser des compensations financières », a déclaré à la presse la ministre congolaise de l’Environnement, Mme Soudan Nonault, sans avancer de chiffre.

Pour rappel, en octobre 2017 lors d’une mission dans les tourbières de la forêt équatoriale, Simon Lewis, expert en tourbières de l’Université de Leeds au Royaume-Uni, avait expliqué que « si les tourbières s’asséchaient, si elles étaient transformées en espace agricole, le carbone stocké dans les sous-sols serait relâché dans l’atmosphère et cela aggraverait le problème du changement climatique ».

La forêt équatoriale du bassin du Congo, la deuxième du monde après l’Amazonie, est cruciale pour la biodiversité des animaux et des plantes mais aussi pour le climat.

Moctar FICOU / VivAfrik

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