Gabon: fin de contrat avec la SEEG filiale de Veolia

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Libreville, Estuaire Province, Gabon: building of the Power and Water company - SEEG - mirror façade - Société d'Electricité et d’Eaux du Gabon - Felix Eboube avenue - photo by M.Torres

Pour “dégradation de la qualité du service rendu aux usagers”, l’Etat gabonais a mis fin au contrat avec la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), filiale au Gabon de l’entreprise française Veolia.

SEEG-Veolia proteste vigoureusement

“L’Etat gabonais a mis fin à la convention de concession qui le liait à la SEEG-Veolia”, seule entreprise au Gabon à distribuer l’eau et l’électricité et qui avait vu son bail reconduit pour cinq ans en mars 2017, indique un communiqué du ministère gabonais des Eaux et Forêts publié vendredi.

“Aujourd’hui victime d’une expropriation brutale de la part de l’Etat gabonais, Veolia examine les conséquences juridiques de cette situation et attend du Gabon qu’il se conforme aux règles de droit et à ses engagements”, a réagi le groupe Veolia dans un communiqué. Selon la même source, “des hommes en armes ont réquisitionné la SEEG.

Le groupe “proteste vigoureusement contre cette action brutale menée en dehors de toute règle de droit”.

La SEEG un PPP avec le monopole de l’eau et de l’électricité au Gabon

“Etablie dans le pays depuis plus 20 ans, Veolia est l’un des plus grands employeurs et investisseurs étrangers au Gabon (366 milliards FCFA, environ 558 millions d’euros depuis 1997)”, ajoute le communiqué. La SEEG, présente depuis 1997 au Gabon dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP), avait le monopole de la distribution de l’eau et de l’électricité dans le pays.

L’Etat a “procédé exceptionnellement à la réquisition temporaire de l’entreprise (…) dans le souci de préserver la continuité et la qualité du service public”, assure le communiqué gouvernemental.

A Livreville, les coupures et les pénuries d’eau sont fréquentes et certains usagers se plaignent de payer des factures d’eau alors qu’ils ne reçoivent pas l’eau courante chez eux. Selon Antoine Boo, directeur de la SEEG, interrogé en septembre par l’AFP l'”urbanisation croissante” de Libreville et l’absence d’une nouvelle usine de production d’eau expliquaient en partie les pénuries.

La SEEG avait des retards de paiement envers les fournisseurs et un décalage de paiement des redevances à l’Etat, selon M. Boo, qui expliquait que l’Etat avait également une dette envers la SEEG. Le Gabon a annoncé la semaine dernière un plan de remboursement de 77% de sa dette intérieure, au moment, où, selon le Fonds monétaire international (FMI), le pays traverse une conjecture économique “difficile” même si “certains signes laissent entrevoir un retournement de la tendance”. (Belga)

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