Gestion de l’eau et de l’électricité : le Gabon tourne le dos à Veolia

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Les autorités gabonaises ont décidé de rompre d’une manière brutale le contrat de gestion de l’eau et de l’électricité qui liait ce pays d’Afrique centrale au groupe français Veolia le 16 février 2018. Le Gabon reproche à Veolia une dégradation de la qualité des services dans les domaines de l’eau et de l’électricité. Le géant français lui, y parle d’une sanction politique.

Le gouvernement du Gabon reproche à la Société de l’eau et de l’énergie du Gabon (Seeg), le non-respect de son cahier de charge. Suffisant de rompre brutalement le contrat récemment prolongé pour une durée de cinq ans. Dans la foulée, la Société de l’eau et de l’énergie du Gabon filiale du groupe français, a été réquisitionnée et un nouveau comité directoire nommé.

« Ali Bongo a fait de l’eau un outil politique. Cette décision est une mesure populiste », dénonce une source proche de Veolia. Mais Patrick Eyogo Edzang, ministre de l’Eau balaye d’un revers de main ces accusations, rappelant l’urgence du plan eau au Gabon. « Nous ne prétendons pas résoudre en trois mois tous les problèmes, évidemment. Nous ne sommes pas en train de faire de la politique politicienne », a-t-il précisé.

Inquiétudes

Les images ont fait le tour des réseaux sociaux. Des agents des forces de l’ordre gabonaises passent les portiques du siège de la Seeg à Libreville, la capitale gabonaise. La scène est spectaculaire mais du côté de la société civile, certaines voix se sont élevées pour faire part de leur inquiétude.

Marc Ona de la campagne « Tournons la page », espère que ce qu’il appelle « une opération de communication » de la part du gouvernement, ne nuira pas au consommateur gabonais.

Dans le milieu des affaires, on s’inquiète également du message que la réquisition de la SEEG envoie aux éventuels investisseurs étrangers. Mais Patrick Eyogo Edzang écarte ces préoccupations.

« Je crois que c’est un signal positif, déclare le ministre. Nous avons libéralisé la production énergétique dans notre pays depuis longtemps mais nous avions un partenaire monopolistique qui ne respectait aucune règle. Ils étaient le caillou dans la chaussure. C’est un signal fort. L’Afrique a besoin de partenariats gagnant-gagnant. Aujourd’hui, nous avons les yeux ouverts. Je pense qu’il est temps de revoir la manière de travailler ».

Selon le classement « Doing Business » de la Banque mondiale, qui évalue le climat des affaires dans le monde, le Gabon est 167e sur 190 pays.

Moctar FICOU / VivAfrik

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