La problématique de l’assainissement de Diamaguene Sicap Mbao (Sénégal)

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La problématique de l’assainissement dans la commune de Diamaguene Sicap Mbao sis à l’entrée de la presqu’île du Cap-Vert, à l’Est de Dakar se pose avec acuité, où il n’existe quasiment pas de système de gestion des eaux aussi bien pluviales que domestiques. Le niveau d’équipement en égout est relativement faible.

D’après Dr Lamine Ndiaye, directeur de Thecogas Sénégal qui présentait une communication autour du thème : « Comment une collectivité locale envisage de transformer des contraintes en potentialités pour le bien être de sa population ? Cas de la commune de Diamaguene Sicap Mbao » lors de la 3ème édition du SENCON au Centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices) prévu du 20 au 23 février 2018, la commune ne dispose pas d’infrastructures adaptés à un système d’assainissement basé sur les normes internationales. « L’absence d’un système d’égout justifie les rejets anarchiques des eaux usées domestiques dans les rues ou autres lieux privilégiés occasionnant ainsi l’insalubrité publique ; la lancinante question des boues de vidanges s’illustre avec le recours de moyen manuel pour vider les fosses avec tout ce que cela comporte comme risque sanitaire et la grande majorité des quartiers sont localisés dans des zones où le niveau de la nappe limite la capacité de stockage des fosses septiques. Ce qui explique en bonne partie la fréquence élevée de leur vidange. A cela s’ajoutent les coûts de vidanges mécaniques qui  ne sont pas à la portée des ménages », déplore Dr Ndiaye.

Le problème de collecte des déchets oppose deux secteurs urbains

Pour le cas des déchets solides ménagers, ajoute le directeur de Thecogas Sénégal, « le problème de collecte oppose deux secteurs urbains : les zones bien desservies comme les quartiers nantis et les quartiers irréguliers ou villages traditionnels avec un système de collecte collectif, n’assurant que la levée d’une faible partie des ordures ménagères. Le reste est déversé anarchiquement sur les aires de jeux, la voie publique, entraînant ainsi différentes formes de pollution. L’autre particularité de la commune est la présence dans le périmètre communal d’un parc de gros ruminants appelé « Foirail » mais également d’infrastructures clandestines d’abattages de bovins destinés au marché de viande qui s’est installé sur les flancs du Foirail. Ces différentes activités  génèrent beaucoup de nuisances (odeur nauséabonde, insalubrité, insécurité, pollution de l’air avec les risques de maladies respiratoires pour les exploitants et les populations riveraines). Il  existe également dans la commune des marchés de quartier mais aussi des industries dont l’activité est source de production de  déchets », a dit le directeur de la structure qui a pour vision d’apporter des réponses techniques pour la gestion des déchets ménagers et industriels.

C’est dans un tel contexte que la commune a imaginé de transformer toutes ses contraintes en potentialités en mettant en place des infrastructures de développement économiques et sociales pour mieux les gérer. Le projet de valorisation énergétique des déchets de la commune et d’aménagement du foirail est né. Il rentre dans le cadre des stratégies communautaires de riposte prises par les populations et les autorités locales afin d’améliorer le cadre de vie au sein du périmètre communal.

« Le principal but poursuivi par ce projet est la mise en place d’un cadre sain propice aux activités économiques et sociales dans la commune. En plus de l’aspect valorisation des déchets de la commune qui est la composante principale du projet, l’aménagement du foirail et la création d’un mini abattoir sont également des offres proposées dans le cadre de ce projet », indique-t-il. Avant de lister les sources de déchets à valoriser par la commune. « Les sources de déchets qui seront valorisés par l’unité sont de type solide et liquide :

Les déchets solides :

–           Les déchets du foirail de Diamaguene (fumiers des animaux en stabulation)

–           Les déchets domestiques ou ordures ménagères

–           Les déchets des halles et marchés

–           Les déchets de certaines industries

Les déchets liquides provenant :

–           des camions vidangeurs

–           de certaines industries de transformation.

Pour atteindre son objectif, la commune de Diamaguene Sicap Mbao compte s’adosser sur le procédé de traitement des déchets par la méthanisation. « C’est un procédé naturel qui permet de transformer les déchets biodégradables par l’action combinée des micro-organismes en biogaz et en biofertilisant. Le biogaz produit sera purifié, formant du bio méthane, compressé, mis en bouteilles et commercialisé dans toute la municipalité et la région de Dakar.  Le digestat qui en sort sera  valorisé sous forme de biofertilisant destiné à l’agriculture en général », a expliqué M. Ndiaye. Qui déclare que le projet de méthanisation comprendra entre autres :

–           des bio digesteurs ;

–           une unité de purification de biogaz ;

–           une  unité de compression et de remplissage du biogaz d’une capacité de 4000 bouteilles par jour ;

–           des  camions de livraison de bouteilles ;

–           des camions citernes pour la collecte des effluents liquides ;

–           divers équipements pour la collecte des bouses de vaches et les déchets de la commune ;

–           des plateformes de séchage  et d’ensachage du digestat.

Pour ce qui est de l’aménagement du foirail,  Il s’agit de proposer un autre mode de gestion de l’espace de commercialisation des animaux sur pieds. Cela passera par la mise en place

–           d’hangars avec boxes de stabulation pour l’ensemble des usagers et selon le mode d’occupation sociologique de l’espace

–           des couloirs de circulation pour les animaux et les véhicules mieux gérés

–           des points d’eau mieux répartis

–           des lieux de production pour les autres activités génératrices de revenu

–           des espaces de commercialisation de la viande mieux aménagés

–           un mini abattoir pour un abattage officiel et suivi sanitaire des animaux abattus mais également un système de récupération des déchets issus de l’abattage

–           des bâtiments de conservation de la viande (chambre froide) en lieu et place des congélateurs qui sont actuellement utilisés.

En définitive, « le programme  « waste to energy » pour une commune émergente est un véritable modèle de développement durable basé sur l’aménagement du foirail et la valorisation en énergie et en biofertilisant des déchets produits dans la commune. Les autres types de déchets seront orientés vers des filières de recyclage existant. Autrement dit le programme traduit les contraintes  en opportunité de développement durable ».

Moctar FICOU / VivAfrik

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