Soteri Gatera invite à mettre en place des politiques énergétiques solides en Afrique

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Soteri Gatera, chef de la section de l’industrialisation et des infrastructures de la Commission économique pour l’Afrique (Cea) a soutenu que l’Afrique a besoin de politiques énergétiques solides pour stimuler la transformation structurelle et économique. Car, affirme-t-il, le manque d’infrastructures adaptées entrave la transformation économique et structurelle de l’Afrique.

Gatera s’exprimait à l’occasion de la retraite commune des chefs d’État de la Communauté d’Afrique de l’est sur les infrastructures, le financement de la santé et du développement en Ouganda. Les participants se sont penchés, lors de ces échanges, sur le développement et le financement des infrastructures et de l’énergie en Afrique, les tendances actuelles et futures. A l’en croire, les infrastructures inadéquates que regorgent le continent noir sont sans doute le principal obstacle au développement industriel sur le continent.

L’augmentation de la production d’électricité et la transmission restent de grandes priorités jusqu’en 2040

Le chef de la section de l’industrialisation et des infrastructures de la Commission économique pour l’Afrique a regretté que près de 700 millions de personnes sur le continent n’aient pas accès à l’énergie moderne, la plupart d’entre eux dans les zones rurales. « Cela affecte en effet négativement leurs moyens de subsistance, leurs activités économiques, leur éducation, leur santé, etc. », déclare M. Soteri, ajoutant que le renforcement des infrastructures en électricité n’a pas suivi la croissance démographique.

« Sans une énergie adéquate, les pays africains ne pourront atteindre leurs objectifs de développement et resteraient dans un état de sous-développement perpétuel », constate-t-il pour déplorer cet état de fait. « Étant donné que l’énergie, en particulier l’électricité, est essentielle pour alimenter tous les secteurs économiques en Afrique, il est important que nous prenions des mesures, des interventions et politiques correctes dès le départ. L’augmentation de la production d’électricité et la transmission restent de grandes priorités jusqu’en 2040 ».

D’après lui le Kenya est un exemple de réussite dans l’électrification, poursuivant que cela démontre bien que les secteurs énergétiques en Afrique ont les possibilités d’améliorer leurs performances de production et de distribution. Au cours des dernières années, le Kenya s’est montré très agressif en doublant presque l’accès des ménages à l’électricité de 25 à 65% en quatre ans.

Abordant les défis auxquels sont confrontés les investissements en Afrique, M. Soteri reconnait qu’ils sont nombreux. Mais deux défis majeurs sont la pléthore de politiques, de lois et règlements qui entravent les investissements du secteur privé et freinent son potentiel, ainsi que les risques spécifiques associés aux investissements dans les infrastructures en Afrique. «  Pour le premier défi, la CEA a développé une loi-type continentale pour renforcer les investissements dans les infrastructures transfrontalières », dit-il en expliquant les objectifs de ladite loi qui incluent faciliter les investissements et le financement du secteur privé dans les projets d’infrastructures ; assurer la transparence, l’efficacité, la responsabilité et la durabilité des projets d’infrastructures ; harmoniser les lois et règlements transfrontaliers et promouvoir le commerce intra-africain et ouvrir les marchés au commerce international.

La vision à long terme pour le développement des infrastructures en Afrique ne peut être réalisée que si les gouvernements rationalisent et accélèrent la préparation et l’attractivité des projets d’infrastructures

Soteri déclare que l’Afrique pourrait financer ses priorités d’infrastructures avec des ressources nationales. Par exemple, l’Afrique collecte annuellement 600 milliards de dollars de taxes intérieures ; 10 milliards de dollars en transferts de fonds ; possède des réserves bancaires estimées à environ 65 milliards de dollars ; des réserves internationales de plus de 400 milliards de dollars ; 60 milliards de dollars de pertes chaque année dus aux Flux financiers illicites ; une capitalisation boursière estimée à 4 000 milliards de dollars et ses marchés d’actions à croissance rapide dont le celui du Kenya est évalué à 20,6 milliards de dollars.

« La campagne de cinq pour cent des fonds de pension du NEPAD et de la CEA doit être soutenue et prise en charge par les fonds de pension des États membres pour la fourniture rapide d’infrastructures de nature régionale », ajoute-t-il.

Selon le chef de la section de l’industrialisation et des infrastructures de la Commission économique pour l’Afrique la vision à long terme pour le développement des infrastructures en Afrique ne peut être réalisée que si les gouvernements rationalisent et accélèrent la préparation et l’attractivité des projets d’infrastructures, améliorant ainsi la rentabilité des projets d’infrastructures ; s’attaquent aux principales lacunes qui empêchent actuellement les investisseurs institutionnels de s’engager davantage dans les infrastructures ; fournissent une plate-forme multi-acteurs pour les parties impliquées dans l’investissement des infrastructures pour profiter du plein potentiel de transformation des mégaprojets ; fournissent une plate-forme pour les institutions financières mixtes afin de mobiliser les investissements et facilitent le développement et l’accélération des marchés financiers émergents.

Moctar FICOU / VivAfrik

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