L’espoir est permis pour un nouveau sahel.

Pendant que le manque ou la vétusté des infrastructures routières et des réseaux de communication entrave le commerce formel intra-sahélien, sur ce terreau fragile, prospère l’économie crise ou économie grise, a indiqué Abdoullah Coulibaly, président de la fondation Forum de Bamako. M. Coulibaly qui s’exprimait dans les colonnes du journal forumdebamako.com lors de la cérémonie d’ouverture des travaux de la 18ème édition du Forum de Bamako tenu du 22 au 24 février 2018 au Mali, est convaincu qu’un « autre sahel est possible, un autre sahel doit être ».

Ainsi, il a espéré « un sahel où la gouvernance inspire confiance, s’ouvre à l’entreprenariat féminin, s’ouvre à la diaspora et rend cet espace attractif pour les investisseurs et les projets de développement ». Il s’agira donc pour lui, de voir comment ériger une muraille socio-économique durable et soutenable pour lutter contre le terrorisme et arrêter le flot des jeunes migrants notamment, à travers le développement des activité génératrices de revenus et de richesses pour les jeunes et les femmes tout le long de la route transsaharienne, et prenant appui sur la réalisation de projets et programmes d’énergies renouvelables, l’agriculture familiale, l’écotourisme, etc.

De l’avis du premier ministre, Soumeylou Boubeye Maiga l’accent doit être mis sur trois axes auxquels les décideurs doivent s’en tenir pour faire face aux défis du sahel. Il s’agit entre entres : la gouvernance nationale, la réponse régionale, la quête de plus de cohérence au niveau international. « Il faut que chaque Etat se renforce d’abord au niveau national, afin d’aller vers la mutualisation des efforts, pour la stabilisation et le développement du Sahel », a-t-il laissé entendre.

Autre intervenante, autre sujet. Soukeyna Kane, directrice pays de la Banque mondiale pour le Mali, la Guinée, le Niger et le Tchad a invité pour sa part à réfléchir à des propositions concrètes en faveur de l’urbanisation pour un développement durable dans la région. Car, soutient-elle, les investissements, sont limités dans les logements faisant que le coût exorbitant de loyer amène les familles à vivre dans des petits espaces, les transports intra-urbains sont insuffisants, et le développement galopant des technologies crée en partie des menaces en Afrique. Concluant que le développement urbain est d’une importance capitale pour la Banque mondiale. Les populations urbaines africaines s’élèvent aujourd’hui à 472 millions de personnes, et les investissements sont restés relativement faibles, soit 20% du PIB, au niveau urbain.

La démographie, l’économie, les structures sociales, les systèmes de gouvernance et les enjeux de sécurité, les ressources naturelles et le changement climatique, sont les cinq thématiques développés lors de la 18ème édition du Forum de Bamako.

Le CILLS du Sahel vers d’autres horizons

Lors de ces échanges de Bamako, Djime Adoum, secrétaire Exécutif du Comité permanent inter états de lutte contre la sécheresse dans la Sahel (Cilss) a, lors de sa Communication, après avoir rappelé la réponse des Etats face aux sécheresses des années 70 est sanctionnée par la création le 12 septembre 1973 du Cilss par 6 Etats, passés à 9 et à 13 Etats membres aujourd’hui + Soudan (depuis les instances au Niger) a confié à nos confrères de forumdebamako.com que le mandat sa structure est de «s’investir dans la recherche de la sécurité alimentaire et la lutte contre la désertification au Sahel pour un nouvel équilibre écologique au Sahel ».

La grande muraille verte dans la bande saharo-sahélienne

L’initiative de la grande muraille verte, une approche intégrée de développement et de sécurisation dans la bande saharo-sahélienne, n’a pas été occultée par les participants. Selon le même journal, le Professeur Abdoulaye Dia, secrétaire exécutif de l’Agence panafricaine de la Grande muraille verte (Apgmv) a soutenu pendant sa communication que la problématique principale du développement et de la sécurisation dans la bande sahélienne est relative à la définition et à la mise en œuvre de stratégies de développement adaptées. En effet les zones arides et semi-arides de ces terroirs représentent un ensemble de patrimoines culturels et biologiques remarquables qu’il convient de conserver, restaurer et valoriser pour assurer la cohérence et viabilité dans la stratégie de développement et de sécurisation. De telles réalités appellent à la redéfinition d’une approche et d’une stratégie nouvelles de développement repensées et fondées sur une vision globale plus adaptée, les réalités sociologiques, anthropologiques et éco géographiques ainsi que les aspirations réelles des Communautés et Populations locales des terroirs de nos Etats. La vision nationale doit s’articuler sur une coopération régionale. Ces préalables sont les fondements de l’Initiative de la Grande muraille verte et justifient la pertinence du partage de l’Approche intégrée de développement socio-économique et de sécurisation du corridor de l’espace « Grande muraille verte », élaborée et mise en œuvre à travers l’initiative Grande muraille verte.

A en croire M. Dia, les terroirs sahéliens sont devenus des terreaux de pauvreté, d’insécurité alimentaire, de malnutrition et des migrations forcées. Cette situation récurrente au Sahel a exacerbé les risques de tension et de conflits sociaux du fait de la forte compétition sur les ressources reliques et l’absence de solutions alternatives. La vulnérabilité des Etats de la bande sahélienne aux aléas et changement climatique aux impacts de la désertification corrélée à la croissance démographique constituent sans aucun doute l’une des plus importantes menaces du 21ème siècle dans l’espace sahélien. A cet effet, les Etats sahélo-sahariens doivent impérativement pour la survie de leurs économies et la cohésion sociale de leurs populations respectives mettre en œuvre à l’échelle de leurs terroirs un modèle opérationnel de Développement Economique intégrant le double défi climatique et environnemental.

 La Communication axée sur Innovation sud-sud 2.0 a pour sa part relevé que les pays émergents modifient la géo-économie de l’innovation et la nature du processus d’innovation.

La Banque Mondiale signe de sa présence au Forum de Bamako

L’avenir de la croissance de Bamako a été aussi passé au peigne fin. Et la question qui taraude l’esprit est de savoir comment une ville comme Bamako pourrait-elle devenir un moteur de croissance et d’inclusion ? Tentant de répondre à cette interrogation, Meskerem Brhane, experte de la Banque mondiale  suggère quelques pistes de réflexion… Dans sa présentation, l’experte a estimé que dans les pays africains, la croissance économique n’est pas lieu à la croissance urbaine. Renchérissant que le développement des ressources naturelles peut créer une forte demande pour les biens et services non-exportateurs. « Un tissu urbain fragmenté entrave la qualité de vie et la productivité des villes », dit-elle. Certaines villes du sahel telles que : Bamako, Niamey et Conakry sont à 50% construites de manières isolées, ce qui rend la ville fragmentée et suscite la dispersion des populations. Pour Megha, trois éléments sont essentiels quant à la l’accès à la qualité de vie, à travers la réduction de fragmentation ; il s’agit entre autres : la Planification, la connexion, le financement, confie-t-elle à notre source.

Megha Mukin, de la Banque mondiale pour qui, sa structure a pour objectif de débloquer la productivité et la qualité de vie en se référant de l’histoire de trois villes d’Afrique de l’ouest, a avoué que Bamako, Conakry et Niamey connaissent une croissance démographique accélérée. Cependant, la croissance économique ne suit pas. Dans ces villes ouest africaines, la mobilité urbaine est limitée, ce qui restreint l’accès au marché du travail.

Dans son speech, Soumeylou Boubèye Maiga, premier ministre malien a estimé pour sa part que  l’action militaire doit être la priorité au Sahel. C’est, selon lui, le seul moyen de faire le tri des acteurs en arme afin de neutraliser tous ceux qui ne sont pas en conformité avec le monde moderne.

A Koulouba, chez le Président Ibrahim Boubacar Keïta

En fin, le chef de l’Etat malien Ibrahim Boubacar Keïta, qui recevait les participants de la 18ème édition du forum de Bamako le dimanche 25 février 2018 à 17 heures au Palais présidentiel de Koulouba autour du thème : « Aménagement du territoire de l’espace sahélo-saharien : facteur de sécurité, de développement et de paix » a regretté sa non-participation aux travaux du Forum de Bamako à cause de sa participation à la réunion de haut niveau sur le Sahel à Bruxelles. « Un regret, pour vous dire, j’aurais souhaité en être, mais, vous savez que j’étais ailleurs, par ce que le thème est d’une pertinence tel que j’eusse aimé entendre les avis des uns et des autres sur un tel sujet ».

Qu’est-ce que le Forum de Bamako?

En un mot, le Forum de Bamako, selon ses organisateurs est une manifestation annuelle unique en son genre en Afrique. Il constitue pour eux un espace de réflexion de haut niveau international sur l’avenir du continent. Il rassemble de nombreuses personnalités et organisations venues de tous les horizons, dont des chefs d’entreprise, hommes et femmes politiques, décideurs publics, universitaires, experts, représentants de la société civile et des médias, du continent africain et des autres continents. L’objectif du forum est de favoriser le métissage de connaissances et le partage des savoirs. Il publie à chacune de ses éditions un mémorandum remis au Président de la République du Mali. Ce document ainsi que les contributions produites dans le cadre du Forum sont des outils d’analyse, de réflexion et de proposition, destinés aux décideurs et organisations impliqués dans les questions de développement en Afrique.

Abdoullah Coulibaly, président fondateur de l’Institut des Hautes Études en Management (Ihem), est l’initiateur et l’organisateur du forum de Bamako. Le forum a été créé dans l’esprit d’une formation exigeante et d’une promotion des élites africaines, depuis 2000. Il est pris en charge par la Fondation du Forum de Bamako, a laissé entendre Ibrahim Boubacar Keïta qui s’entretenait avec les journalistes du forumdebamako.com.

Moctar Ficou / VivAfrik

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