Protection des éléphants : le Gabon se sert du système GPS

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« Avec ce collier GPS, on reçoit un pointage toutes les heures sur la position réelle des éléphants », a détaillé Parfait Ndong, ingénieur géomatique au centre d’observation de la cellule scientifique de l’Agence nationale des parcs nationaux (Anpn) à Libreville, dans la capitale gabonaise. Piloté par la direction générale de la faune et des aires protégées, le projet de lutte contre la grande criminalité faunique par le système GPS est réalisé en partenariat avec l’Agence française de développement.

Et M. Ndong d’ajouter « le centre d’opérations nous permet d’être en contact avec les équipes sur le terrain, de suivre les déplacements et les mouvements des éléphants ». Ainsi, le Gabon officialise le marquage des éléphants par des colliers GPS. Cette officialisation permettra aux autorités du pays d’Afrique centrale de renforcer la lutte contre le braconnage. Si l’on se fie à l’Anpn, qui fonde des espoirs sur la réussite de ce projet, les braconniers auront désormais plus de difficultés pour capturer et abattre les éléphants. Selon des sources proches du dossier, les employés de l’Agence vont sillonner la forêt équatoriale pour une durée de 45 jours moyennant 20 kilomètres par jour dans le but de fixer sur les éléphants un collier GPS de 14 kilogrammes. Ils vont également prélever les indices morphologiques des pachydermes.

Avec ce collier GPS, on reçoit un pointage toutes les heures sur la position réelle des éléphants

Les experts recevront les images satellites des éléphants en forêt dans les locaux du centre d’observations de l’Anpn, sis Libreville. Dès lors, les éléphants ayant bénéficiés du marquage seront surveillés nuit et jour. Le centre d’observation reçoit également des informations sur le parcours, le rythme de déplacement, les zones habituelles d’alimentation, les habitudes et les attitudes des animaux.

Cette technique permettra également d’avoir une connaissance parfaite des migrations saisonnières des animaux ; et à partir de leur utilisation du territoire, les experts vont mettre en place des stratégies de surveillance adaptées pour mieux les protéger. « Avec ce collier GPS, on reçoit un pointage toutes les heures sur la position réelle des éléphants », a encore expliqué Parfait Ndong.

A l’en croire, avec la magie du GPS, des alertes sont déclenchées chaque fois qu’un éléphant s’approche d’une habitation ou se retrouve face à un corps étranger, à l’instar d’un braconnier. Mais, indique-t-on à l’Agence nationale des parcs nationaux, cette alerte change de résonnance si le pachyderme reste longtemps immobile, ce qui met en mouvement les équipes de terrain « qui ne sont jamais très éloignées des bêtes en mouvement, de jour comme de nuit ».

« En cas de cessation de mouvement du pachyderme, tracé à partir du GPS, une alerte est donnée au centre des opérations de l’Anpn à Libreville qui met aussitôt en mouvement les brigades afin de traquer les braconniers », a précisé l’ingénieur gabonais. Qui admet que cette technologie nouvelle au Gabon permettra de lutter contre la grande criminalité faunique qui a fait beaucoup de dommages dans le pays.

Expliquant la genèse de ce projet, le chef du « Projet éléphants » à l’Anpn, Jean-Baptiste Squarcini a laissé entendre. « On s’est rendu compte qu’il y avait une pression de plus en plus forte sur les éléphants, notamment des pays asiatiques comme la Thaïlande, le Vietnam et la Chine, ce qui a causé la disparition d’un nombre d’éléphants estimé entre 10.000 et 15.000 dans le parc de Minkebe. C’est énorme par rapport à la population globale de cette espèce au Gabon ».

Une étude parue dans la revue Current Biology et rendue publique en 2017 révèle que le Gabon a perdu 25.000 éléphants entre 2004 et 2014. Le seul parc naturel de Minkebe situé dans le nord-ouest et qui possède l’une des colonies les plus importantes d’éléphants de forêt du pays a perdu près de 15.000 pachydermes. Les autorités confient que cette situation est due au fait que l’action des populations riveraines sont victimes de la destruction de leurs plantations.  Un état de fait qui justifie la volonté des autorités d’accentuer la lutte contre le braconnage et contre le trafic de l’ivoire.

Moctar FICOU / VivAfrik

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