Fonds vert climat : les énergies renouvelables au centre des débats au Mali

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La rencontre structurée sur le Fonds vert climat et tenue au Mali du mercredi 4 au jeudi 5 avril 2018 a été l’occasion pour l’Agence de l’environnement et du développement durable (Aedd), en collaboration avec l’Organisation non gouvernementale (Ong) Mali-Folkecenter Nyetaa et le Reso-climat Mali d’échanges sur les opportunités liées aux mécanismes du Fonds vert climat, notamment la préoccupation imposée par l’usage universel souhaité des énergies renouvelables.

Au cours de ces échanges qui ont permis de partager les informations sur les différents outils financiers et les mécanismes d’accès au Fonds vert climat mais aussi permis une meilleure compréhension des opportunités qu’offre le Fonds vert climat aux acteurs non étatiques de la société civile et du secteur privé, les participants ont échangé sur l’énergie et la résilience au changement climatique et sur les opportunités de financement vert pour la société civile et les entreprises africaines.

Le monde n’est plus au temps où on donnait des projets de développement classique

Sandra Freta, chargée du programme pays du Fonds vert climat a, lors de son speech, laissé entendre que sa structure est l’une des entités opérationnelles de mécanisme financier de la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques. « Depuis des années, le paradigme qui prévaut est que si l’on veut se développer, il faut se baser sur des facteurs de production qui ont pour source les émissions de gaz à effet de serre. Donc, les énergies fossiles ont servi significativement à la contribution du développement économique pendant des centenaires dans l’évolution industrielle », a-t-elle martelé.

Par contre, poursuit la chargée du programme Pays du Fonds vert climat qui reconnait que dans les domaines de l’environnement et du climat, plusieurs analyses ont prouvé que les gaz émis par ce type de développement perturbent sérieusement le système et qu’il faille trouver une solution sur le plan international. C’est cette idée, selon Mme Freta qui à l’origine de la création de la Convention cadre des Nations unies sur le climat. Et pour booster les actions des gouvernements et renforcer l’appui de la communauté internationale à la lutte contre le changement climatique, le Fonds vert climat a été créé en 2006, signale-t-elle.

« Le Fonds vert climat finance des projets d’investissement dans le secteur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la réduction des impacts du changement climatique et surtout dans les secteurs qui sont pertinents pour les changements climatiques comme l’énergie, le transport et le développement des villes », indique Sandra Freta.

Venu présider la rencontre, le président de l’Ong Mali-Folkecenter Nyetaa, Dr Ibrahim Togola, est d’avis que la société civile malienne doit comprendre que le monde n’est plus au temps où on donnait des projets de développement classique, des dons pour réaliser des écoles, des points d’eau etc. « Aujourd’hui, le monde est en train de changer, la nature du développement a changé. Donc, il faut innover, chercher des dynamiques de pérennisation », a-t- il conseillé à la chargée du programme pays du Fonds vert climat et toute l’assistance.

La part de l’énergie solaire dans le dispositif énergétique du Mali

Pour le président de l’Ong Mali-Folkecenter Nyetaa, les avantages de cette rencontre pour la société civile malienne sont multiples. Il s’agit, entre autres, de comprendre la manière d’accéder aux importantes ressources du Fonds vert climat, de savoir comment interagir avec le ministère de l’Environnement afin d’être présent aux prochains rendez-vous.

La directrice nationale de l’Energie n’est pas quant à elle, passée par le dos de la cuillère pour dresser le bilan du secteur de l’énergie au Mali. « Le secteur de l’énergie comprend 77% de biomasse et 18% de produits pétroliers. Nous voulons changer cette tendance en intégrant les différentes sources d’énergies renouvelables », a informé Mme Théra Aminata Fofana. Qui précise que son département a déjà signé les conventions des centrales solaires de Ségou, de Kita et de Kégné.

Par ailleurs, la directrice nationale de l’Energie a affirmé « La part de l’énergie solaire dans le dispositif énergétique du Mali est de moins de 1% de source d’énergie renouvelable. Notre ambition est d’atteindre d’ici (à) 2030, les 10% », a-t-elle confié, concluant que son département est en pourparlers avec les centrales de Koutiala et de Sikasso en vue de créer des centrales solaires à Bougouni, Yanfolila, Fana et Bla.

Moctar FICOU / VivAfrik

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