Vers l’interdiction des fruits et légumes camerounais sur le marché européen

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La qualité questionnable mais aussi et surtout des failles observées dans le système national de contrôle sanitaire et phytosanitaire des fruits et légumes camerounais pourraient précipiter leur interdiction à l’accès au marché européen si aucune amélioration n’est apportée.

« A l’heure actuelle, un grand nombre d’éléments exigés par les normes internationales et les normes de l’Union européenne ne sont pas inclus dans ce système. Son organisation et sa mise en œuvre présentent d’importantes faiblesses, ce qui compromet son efficacité globale. Par conséquent, les contrôles avant exportation ne peuvent pas être considérés comme fiables, lorsqu’il s’agit de garantir la conformité avec les conditions d’importation fixées par l’Union européenne », explique le journal Intégration à propos de ces fruits et légumes, citant un extrait du rapport d’audit effectué entre le 8 et le 18 mai 2017 par l’Union européenne, sur le système de contrôle sanitaire et phytosanitaire du Cameroun.

En dépit de la délivrance aux exportateurs de certificats de conformité après contrôle de leurs produits, des volumes importants de résidus et autres substances nocives, aussi bien à la santé qu’à l’environnement, sont souvent découverts dans des fruits et légumes provenant du Cameroun. « Entre 2015 et 2017, 159 interceptions  ont été enregistrées et notifiées au Cameroun », a révélé au journal Intégration, Babacar Samb, expert du Cole-ACP qui a animé, début avril 2018, un atelier sur le sujet à Yaoundé, la capitale camerounaise.

Depuis le début de l’année 2018 courante, soufflent certains membres de la corporation des producteurs et exportateurs des fruits et légumes, de nouvelles interceptions ont été notifiées au Cameroun, qui multiplie des actions visant à améliorer son système de contrôle, pour ne pas priver le marché européen aux exportateurs camerounais (les fruits et légumes représentent officiellement 15% des exportations camerounaises vers ce marché).

Il en est ainsi par exemple, apprend-on, de la mise en place par l’Organisation nationale de protection des végétaux (Onpv), d’un système de certification à l’exportation des mangues, fruits sur lesquels le Cameroun enregistre actuellement, le nombre le plus important des interceptions (12 cas sur 20 en 2017) de résidus et substances nocives sur ses fruits et légumes, une fois aux portes du marché européen.

Moctar FICOU / VivAfrik

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