La directrice exécutive de Greenpeace Afrique invite à la protection des tourbières

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Communiqué de presse du 14 mai 2018

Kinshasa, le 10 mai 2018

Bonjour à tous et merci de prendre le temps de me rencontrer aujourd’hui. C’est un plaisir d’être en RDC car je me sens bénie de passer du temps dans la grande forêt du bassin du Congo. Je suis impressionnée par sa beauté, par sa densité, son feuillage, son magnifique fleuve Congo, ses tourbières et ses habitants.

La tourbière du bassin du Congo stocke 30 milliards de tonnes de carbone

En tant que Directrice Exécutive de Greenpeace Afrique, j’ai visité la province de l’Equateur et les tourbières qui s’y trouvent, répondant à l’invitation du Gouverneur Mr. Bobo Boloko, élu le 21 Décembre 2017. Dans son discours d’investiture devant les parlementaires provinciaux, et relayé par la presse, le Gouverneur a déclaré qu’il encouragerait une économie verte aux populations de la province de l’Equateur. Il prévoit également l’installation de deux centrales photovoltaïques hybrides pour améliorer l’approvisionnement en eau et en électricité à Mbandaka ».

Je viens tout juste de passer un quelques de jours dans les forêts des marais des tourbes. Ces forêts du Congo abritent le plus vaste complexe de tourbières tropicales, estimées à 14 millions d’hectares, une superficie plus grande que celle de l’Angleterre. Au cours de ma visite, j’ai passé du temps dans deux villages importants à savoir Lokolama et Mweko via la rivière Ikelemba  qui, d’après nos recherches scientifiques, stockent le plus grand réservoir de tourbes. En fait, on estime que la tourbière du bassin du Congo stocke 30 milliards de tonnes de carbone, ce qui équivaut à trois ans d’émissions mondiales de CO2.

Greenpeace Afrique voudrait saluer les scientifiques, Simon Lewis, Greta Dargieet Bart Crezee de l’Université de Leeds ainsi que le Dr Corneille Ewango, qui ont assuré la supervision de cette découverte monumentale des tourbières. Nous voulons également féliciter ceux qui continuent à travailler pour nous permettre d’avoir des faits scientifiques éloquents qui sont à la base de notre appel à la protection des tourbières. Garder ces marais de tourbes intactes serait la clé de la stabilité climatique mondiale.

Le Président du Parlement provincial de l’Equateur a promis de déposer une proposition de loi sur la protection des tourbières, et nous exhortons le gouvernement provincial à travailler en étroite collaboration avec les scientifiques locaux dans la définition des mesures à prendre pour la protection de ces tourbières. Nous devons être extrêmement vigilants, car nous consacrons toutes nos ressources à la protection des tourbières, et il y en a d’autres qui mettent toutes leurs ressources pour obtenir des permis d’exploitation forestière dans les zones qui devraient être protégées.

À cette fin, nous avons demandé au Gouverneur de la province de l’Equateur de déclarer les tourbières de sa province, zone protégée, et de dénoncer publiquement toute exploitation forestière dans sa région, puis de demander au gouvernement national d’annuler tous les permis d’exploitation illégale sans plan d’aménagement d’ici la fin de cette année! Greenpeace en appelle au gouvernement national à s’associer aux ONG nationales et internationales pour mettre en place un mécanisme efficace de surveillance de ces activités illégales d’exploitation forestière.

Brûler les tourbières libère aussi rapidement du CO2 dans l’atmosphère

Nous espérons que les communautés locales et les peuples autochtones vivant autour des tourbières prendront possession de cet environnement phénoménal et, avec le gouvernement provincial, travailleront en faveur des mécanismes de protection pour une solution durable. Ces communautés sont des alliés clés dans la protection de la forêt du bassin du Congo et Greenpeace Afrique croit que la foresterie communautaire fait partie de la solution dans la protection de ces zones sensibles.

La protection des tourbières du Bassin du Congo est essentielle dans le maintien de la stabilité du climat et dans la prévention des changements climatiques incontrôlés. Si les tourbières sont drainées pour l’exploitation forestière ou l’agriculture, le carbone qui s’est accumulé pendant plus de 10.000 ans sera libéré sous forme de CO2 dans l’atmosphère, exacerbant le changement climatique. Environ 2.900.000 hectares de tourbières boisées cartographiées font déjà l’objet de concessions d’exploitation forestière industrielle. De plus, une fois drainées, les tourbières deviennent vulnérables au feu. Brûler les tourbières libère aussi rapidement du CO2 dans l’atmosphère et affecte la capacité de l’écosystème des tourbières à se rétablir et à absorber plus de carbone à nouveau.

Nous appelons ainsi la communauté internationale et les bailleurs des fonds à inclure la protection des tourbières dans les futures négociations sur le climat. Cela devrait impliquer le financement de la recherche, l’adoption de mesures efficaces pour leur protection et la mise en œuvre de plusieurs projets de développement qui reflètent l’équilibre écologique et protègent les droits des communautés.

Enfin, j’espère que les tourbières du bassin du Congo pourront rejoindre les sept (7) autres merveilles naturelles d’Afrique et être déclarées site du patrimoine mondial de l’UNESCO car leur protection signifiera un accomplissement remarquable de l’humanité et servira de preuve de notre histoire intellectuelle sur la planète!

Media Contact:

Irène Wabiwa Betoko; Responsable de la Campagne Forêt, Greenpeace Afrique; + 243976756102.

Capucine Dayen; International Communication Coordinator, Greenpeace Africa; +336 479 71819

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