Les Assemblées annuelles de la BAD visent à faire de l’Afrique la nouvelle usine du monde

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L’objectif des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (Bad) est d’accélérer l’industrialisation du continent noir pour faire de l’Afrique la nouvelle usine du monde.

Tel est le souhait des 3 000 participants qui se sont donné rendez-vous à Busan en Corée du Sud mercredi 23 mai 2018. Cette délégation composée de dirigeants d’entreprises, de directeurs de banque, de ministres des Finances et des personnalités de la société civile est unanime à reconnaître qu’aujourd’hui, il s’agit là du moyen le plus sûr de développer le continent et d’améliorer le niveau de vie des populations.

Mais pour cela il faudra commencer par inverser une tendance lourde puisque ces quarante dernières années l’Afrique s’est tout simplement désindustrialisée. Son poids dans l’industrie manufacturière mondiale ne pèse plus aujourd’hui que 2% contre 3% dans les années 70. Le président de la Bad y voit même les causes du chômage de masse qui frappe la jeunesse africaine. Akinwumi Adesina a rappelé ce mercredi que chaque année, 11 millions de jeunes arrivent sur le marché du travail et que seuls trois millions trouvent un emploi.

Une des raisons pour laquelle nous avons choisi la Corée du Sud, c’est pour ce qu’elle montre au niveau de son développement et de son industrialisation.

C’est pourquoi la Bad a décidé d’investir 35 milliards de dollars sur les 10 prochaines années pour booster le PIB industriel du continent qui dépasse à peine les 700 dollars par habitant, cinq fois moins que dans le sud-Est asiatique. 35 milliards c’est beaucoup mais pas assez au regard des besoins du continent, a rappelé le président de la Bad. L’occasion pour lui de rappeler à ses actionnaires à quel point une augmentation du capital de l’institution est nécessaire.

Il y a donc urgence, et ce n’est pas un hasard si la Bad a choisi la Corée du Sud pour accueillir ses assemblées annuelles. Un pays pauvre dans les années 60, doté de peu de ressources naturelles, devenu aujourd’hui la 11e puissance économique de la planète. Un pays qui a fait le pari de l’industrie et sur le long terme, quitte à faire évoluer sa politique d’une industrie lourde dans les années 70 vers une industrie à forte valeur ajoutée aujourd’hui avec des géants comme Samsung, LG. Un exemple à méditer donc pour le continent qui ne manque ni de ressources, ni de potentiels.

Moctar FICOU / VivAfrik

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