La malnutrition infantile fatale à l’économie malienne

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Photo - © antenna-france.org

Une étude inter institutions rendue publique révèle que l’économie du Mali perd annuellement 265 milliards de francs CFA (450 millions de dollars), soit plus de 4% du Produit intérieur brute (Pib) à cause des effets de la malnutrition infantile. Le coût de la faim au Mali (Coha), impute  les pertes à l’augmentation des coûts des soins de santé, les fardeaux supplémentaires sur le système éducatif et, en bout de ligne, sur la réduction de la productivité de la main-d’œuvre.

Selon les nouvelles conclusions de l’étude, 47% de la population adulte au Mali ont été affectés par le retard de croissance infantile ; 34% des cas de mortalité infantile au Mali sont associés à la malnutrition et 21% des cas de redoublement scolaire sont dus à un retard de croissance.

D’après les autorités, l’étude a été entreprise par le gouvernement du Mali, sous la direction de la Commission de l’union africaine (Cua), en collaboration avec l’agence du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), le Programme alimentaire mondial des Nations unies et la Commission économique des Nations unies pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (Cepalc). Le gouvernement du Canada a largement contribué à la réalisation de cette étude.

Le coût de la faim au Mali appelle à faire de la nutrition une priorité nationale dans les plans nationaux, ainsi qu’une mobilisation accrue des ressources pour assurer la mise en œuvre de ces plans.

« Ces résultats démontrent l’urgence pour le Mali de mobiliser davantage d’efforts pour réduire significativement la malnutrition infantile afin d’atteindre les Objectifs de développement durable (Odd) 2030 », a déclaré Boubou Cissé, ministre de l’Economie et des Finances du Mali. Appelant à un engagement accru pour atteindre les objectifs nutritionnels contenus dans le Programme mondial 2030  et l’Agenda 2063 pour l’Afrique.

« La malnutrition est un obstacle à la réalisation des objectifs de développement durable », a déclaré Silvia Caruso, Directrice et Représentante du Programme alimentaire mondial (Pam) au Mali. « Réduire les taux de malnutrition en général et de retard de croissance en particulier n’est plus un choix, mais un impératif pour enfin voir l’Afrique débarrassée de la malnutrition et de tous les fléaux qui y sont associés, comprenant qu’il est économiquement rentable d’investir pour la combattre ».

L’étude sur le coût de la faim en Afrique a jusqu’à présent été menée dans 12 pays : il a été démontré que les pertes associées à la malnutrition infantile varient de 1,9% à 16,5% du Pib.

Moctar FICOU / VivAfrik

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