Protection de l’environnement : la FAO mise sur les forêts et les arbres

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L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) mise les forêts et les arbres pour parvenir à un avenir durable. C’est ce qu’a indiqué l’organisation onusienne dans un nouveau rapport appellant les gouvernements à adopter une approche globale qui profitera aux arbres et à ceux qui en dépendent. Or, le temps presse pour les forêts mondiales dont la superficie totale diminue jour après jour.

Selon  le rapport ‘Situation des forêts dans le monde’, le fait de stopper la déforestation, de gérer les forêts de manière durable, de restaurer les forêts dégradées et d’étendre le couvert végétal à travers le monde requiert certaines mesures afin d’éviter les conséquences potentiellement néfastes qui pourraient advenir pour la planète et sa population.

Les forêts et les arbres contribuent de manière significative aux moyens d’existence humains, en jouant un rôle crucial au niveau de la sécurité alimentaire, de l’eau potable, de l’énergie renouvelable et des économies rurales. Ils contribuent à près de 20%  des revenus des ménages ruraux dans les pays en développement – voire beaucoup plus dans certaines régions – et fournissent à près d’une personne sur trois dans le monde du carburant pour cuisiner et se réchauffer.

« Les forêts sont essentielles aux moyens d’existence. Des forêts productives et saines sont essentielles pour parvenir à une agriculture durable et nous avons la preuve de l’importance des forêts et des arbres pour améliorer la qualité de l’eau sans oublier leur contribution aux besoins énergétiques du futur et à la construction de villes saines et durables » a déclaré José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

Le rapport démontre l’importance des forêts en vue de réaliser les objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Elles contribuent notamment à lutter contre le changement climatique, à protéger la biodiversité, à réduire les inégalités et à améliorer les habitats urbains.

Le rapport apporte des preuves concrètes des multiples contributions apportées par les forêts et propose la voie à suivre pour qu’elles en fassent davantage.

Les arbres et les forêts facilitateurs de l’Agenda 2030

« Les arbres et les forêts contribuent à réaliser de nombreux objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et doivent faire partie des stratégies visant à réaliser les Objectifs de développement durable, » a déclaré Eva Mueller, Directrice de la Division foresterie à la FAO.

Le rapport insiste sur l’importance d’établir des cadres juridiques clairs pour les droits dans le cadre du régime forestier et salue d’ailleurs les mesures des gouvernements locaux qui vont dans ce sens. La publication rappelle également la pertinence d’avoir des partenariats efficaces et d’impliquer le secteur privé afin d’obtenir des résultats durables. Etant donné que la déforestation est la seconde cause de changement climatique après la combustion de combustibles fossiles, le rapport indique que « la responsabilité des entreprises est essentielle afin de parvenir au niveau zéro déforestation ».

Alors qu’il reste beaucoup de travail à faire, la publication prend pour exemple de nombreux cas de figures où les autorités locales ont pris conscience de la situation et commencent à adopter des pratiques agricoles durables pour les forêts et les arbres du monde entier.

Par exemple, plus de 56 pour cent du papier est recyclé aujourd’hui, soit un quart de moins qu’en 1970. Pendant ce temps, ces deux dernières décennies, le fait d’utiliser du matériel abandonné pour fabriquer des panneaux en bois a permis à la production de croitre quatre fois plus vite que le bois.

Plus que du bois

Les forêts et Les arbres sains permettent d’aller au-delà de la simple fourniture de bois. Une personne sur cinq à travers le monde dépend des produits forestiers non ligneux (NWFP) pour se nourrir et gagner sa vie. Cela est particulièrement le cas pour les 250 millions de personnes  qui vivent principalement dans les forêts et dans les zones de savane d’Afrique et en Asie, dans des régions particulièrement affectées par la pauvreté.

Les études montrent que de nombreux ménages vivant dans les zones tropicales cueillent des produits forestiers pour leur propre consommation, souvent ramenant chez eux plus que ce qu’ils produisent avec leurs activités agricoles ou en élevant du bétail. Même en Europe, si une personne sur quatre prélève directement sa nourriture des forêts, le reste, soit 90 pour cent d’entre eux achètent ces produits, y compris les fruits et les baies.

Près d’un tiers des petits agriculteurs africains cultivent des arbres sur leurs terres et ces derniers contribuent – de diverses manières – à un sixième de leur revenu brut.

D’un point de vue mondial, les revenus générés par les NWFP représentent environ 88 milliards de dollars, voire plus.  Des études en Ouganda ont révélé que la valeur sans effet des produits forestiers – dont le charbon et les matériaux de construction – était deux à quatre fois plus importante pour la population locale que les recettes obtenues grâce à leur vente.

Les forêts aident également les populations à augmenter leurs revenus. Le secteur serait responsable de plus de 45 millions d’emplois et de 580 milliards de dollars de revenus chaque année, et ce, sans prendre en compte l’ampleur du secteur informel.

Les décideurs politiques devraient travailler à intégrer davantage d’emplois en lien avec les forêts dans le secteur formel.

« Afin d’atteindre d’abord les personnes les plus éloignées, nous devons emprunter la voie de la forêt et autonomiser les agents du changement » a déclaré Mme Mueller, saluant ainsi la tendance mondiale qui consiste à encourager l’administration des droits forestiers au niveau communautaire.

Un allié naturel pour l’eau et les besoins énergétiques

Selon le rapport, gérer les forêts durablement est crucial afin de pouvoir répondre aux besoins hydriques et énergétiques de la planète.

De grandes villes comme Vienne, Tokyo, Johannesburg ou encore Bogota prélèvent une partie importante de leur eau potable des forêts protégées.

Aux Etats-Unis, selon le service forestier national, 180 millions de personnes dépendent des forêts pour leur eau potable.

Alors que beaucoup des principaux bassins du monde entier ont perdu de leur couvert végétal, le rapport note une tendance vers la hausse des zones forestières à présent gérées sur la base de la protection de l’eau et des sols.

Le bois de chauffage représente autant que l’approvisionnement énergétique renouvelable mondial et que l’énergie hydroélectrique et éolienne réunies -mais aussi plus de la moitié de l’approvisionnent énergétique nationale de 29 pays, dont la plupart se trouvent en Afrique subsaharienne. Ces forêts contiennent l’équivalent de 142 milliards de tonnes de pétrole, soit près de 10 fois la consommation mondiale d’énergétique chaque année, soulignant ainsi la valeur et l’importance de leur utilisation durable.

Le rapport 2018 sur la Situation des forêts mondiales intervient quelques jours avant le Forum de haut niveau politique sur le développement durable qui se tiendra à New York, à partir du 9 juillet. Le rapport sera présenté lors d’un événement spécial organisé en marge du Forum des Nations Unies sur les forêts.

Avec fao.org

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