Tabaski 2018 : les prix des moutons jugés excessifs en Algérie

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L’approche de la fête de Tabaski a plongé les Algériens dans l’émoi car le dilemme empreint encore le marché de l’ovin en Algérie avec les prix des moutons qui demeurent hors de portée. Cette situation est d’autant plus incompréhensible si l’on sait que la production nationale en termes de cheptel ovin est largement suffisante avec plus de 30 millions de têtes, dont 5 millions seront proposées à la vente cette année.

D’après Bouzid Salemi, chargé de communication à la Fédération des éleveurs, cette contradiction émane de l’anarchie et de la mauvaise gestion qui règnent dans le marché des ovins. Suffisant pour lui de lancer un appel au ministère de l’Agriculture afin de créer des espaces de vente de moutons dans les grandes villes en vue de faciliter la disponibilité des bestiaux à sacrifier à des prix relativement abordables, d’autant qu’il ne reste que quelques jours pour la fête de l’Aïd El-Adha.

Dans son speech, M. Salemi a souligné la nécessité de l’intervention de l’Etat pour gérer convenablement ces espaces et protéger les marchands de moutons du diktat imposé par les intermédiaires, ajoutant que ces derniers deviennent des opportunistes notoires. Bouzid Salemi estime que ces intermédiaires ne pensent qu’à augmenter leur marge bénéficiaire qui dépasse de trois fois celle des marchands, allant parfois jusqu’à 15 000 DA/tête, sachant que le prix du mouton cette année est à partir de 30 000 DA.

Poursuivant son intervention, le chargé de communication à la Fédération des éleveurs a proposé des points de vente à l’entrée ou à la sortie de chaque commune avec un contrôle vétérinaire et une coordination avec les professionnels de cette activité qui compte, au niveau national, pas moins de 600 000 entre maquignons et éleveurs. Il a en outre salué les efforts du ministère de l’Agriculture, qui a entrepris une large campagne de vaccination visant à protéger le cheptel ovin.

Pour sa part, Boulenouar Hadj-Tahar a mis l’accent sur les difficultés rencontrées par les éleveurs et les conditions rudes dans lesquelles ils exercent leur activité dans 27 wilayas et qui, selon lui, justifient le coût exorbitant des moutons. Le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (Anca) a estimé aussi que l’Algérie, compte tenu du potentiel existant, pourrait atteindre une production annuelle de plus de 50 millions de têtes. Il appelle les pouvoirs publics à encourager l’investissement dans cette filière afin d’épargner à l’Algérie l’importation de quantités considérables de viandes congelées.

Citant un chiffre de plus de 4 millions de moutons sacrifiés chaque année, le président de l’Anca a signalé le retard flagrant observé dans la récupération des peaux et de la laine des moutons et leur transformation. Il précise dans ce sens qu’elles peuvent constituer la matière première des tanneries et des unités de production de textile qui sont peu développées en Algérie.

Concernant la permanence en prévision de l’Aïd, il a indiqué que les services du ministère du Commerce ont fait état de la réquisition à l’échelle nationale de 50 800 commerçants, dont 5 500 boulangeries. Il rappelle dans ce sillage le rôle que doivent jouer les APC pour informer les citoyens, au moins dix jours avant l’Aïd, sur les listes des commerçants concernés par la permanence, et ce à travers un affichage dans les endroits publics.

Moctar FICOU / VivAfrik

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