Le secteur minier sud-africain au bord du gouffre

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C’est une information qui fait mal dans le dos. En effet, le secteur minier sud-africain traverse les moments les plus sombres de son histoires, plongeant le secteur dans une crise profonde, avec à la clé de multiples licenciements annoncés par les sociétés minières du pays.

Mardi 14 août 2018 Gold Fields annonçait vouloir supprimer mille emplois dans la mine de South Deep. Au début du mois, c’est le géant du platine, Impala Platinum, qui souhaitait licencier 13 000 de ses employés, provoquant la colère du gouvernement. Les mines sud-africaines sont étranglées par des coûts d’exploitation élevés, des prix mondiaux au plus bas, et un sous-investissement chronique. Le secteur est déclaré « en crise » depuis un an par les grandes compagnies minières.

En Afrique du Sud, le secteur minier appartient au passé. Ce jugement sévère émane de Mzi Khumalo, patron de Metallon, une holding minière qui a déserté l’Afrique du Sud au profit du Zimbabwe et de la RDC. Pour lui comme pour tous les miniers sud-africains, le secteur est plombé par des coûts de production élevés : énergie, salaires, infrastructures.

Les mines d’or s’épuisent, il faut creuser parfois jusqu’à trois ou quatre kilomètres, ce qui renchérit les coûts. Parallèlement, la hausse des salaires, poussés par le gouvernement, et le manque d’investissement diminuent encore les profits.

Aujourd’hui les deux tiers des mines d’or ne sont plus rentables, d’autant que le cours du métal jaune est à la baisse. Même constat dans le platine, secteur que l’on disait pourtant porteur mais qui s’apprête à licencier massivement.

Autre frein plus politique celui-là, à l’investissement : la longue bataille qui a opposé le gouvernement et les industriels à propos du relèvement de l’actionnariat noir dans les compagnies. Bataille qui n’a toujours pas trouvé son épilogue. Au total le déclin se résume en deux chiffres. En 1980 les mines employaient 760 000 personnes et pesaient un cinquième de la richesse nationale. Aujourd’hui elles n’emploient plus que 450 000 travailleurs et ne pèsent qu’un dixième du Produit national brut (Pnb).

Moctar FICOU / VivAfrik

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