Cameroun : les exportateurs de cacao retirent leurs personnels de la région du Sud-Ouest

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L’insécurité qui sévit dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, le 1er bassin du pays a obligé les négociants et autres exportateurs de fèves de cacao en activité dans la région à retirer leur personnel dans la région. Ces derniers ne veulent visiblement pas revivre le calvaire de la campagne 2017-2018, qui s’est officiellement achevée à la mi-juillet 2018.

Selon la plateforme en ligne Channel NewsAsia, qui cite l’agence britannique Reuters, de grands exportateurs disposant de personnels dans cette région camerounaise, en proie à des revendications sécessionnistes violentes depuis plus d’un an, ont décidé de déplacer ou alors simplement de retirer leurs personnels sur place, en ce début de campagne cacaoyère 2018-2019.

Ce repli, apprend-on, vise à fuir les combats entre les éléments de l’armée régulière et les sécessionnistes anglophones, qui revendiquent la partition du Cameroun ; non sans souvent racketter les opérateurs économiques en activité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui ne souhaitent pas voir leurs installations être détruites ou leurs employés être kidnappés.

Parmi ces exportateurs ayant décidé de retirer ou de déplacer leurs employés vers les localités plus calmes du premier bassin de production de cacao du Cameroun qu’est la région du Sud-Ouest, se trouvent les deux principaux exportateurs de la dernière campagne. A savoir la société Olam et Telcar Cocoa, le négociant local de la firme américaine Cargill.

Officiellement, ces deux opérateurs ont assuré 47,7% des exportations de fèves camerounaises au cours de la campagne 2017-2018, dont 27% pour Telcar Cocoa, contre 20,7% pour Olam, entreprise qui a carrément retiré son personnel de la région du Sud-Ouest (localités de Mamfé et Kumba), pour le poster dans la ville de Douala, la capitale économique camerounaise.

Un 3ème exportateur, le Néerlandais Theobroma en l’occurrence, a quant à lui déplacé son personnel de Mamfé, pour le rapprocher de la ville de Kumba, à partir de laquelle se développe généralement une intense activité de siphonnage de la production cacaoyère camerounaise, au profit du Nigeria voisin.

Fort de ces actions entreprises par les exportateurs les plus importants du pays, la saison cacaoyère 2018-2019 s’annonce un peu plus morose dans la région du Sud-Ouest, qui, selon les pointages de l’Office national du cacao et du café (Oncc), a assuré 47% de la production nationale au cours de la campagne 2016-2017, contre seulement 32% en 2017-2018, du fait de l’insécurité installée par les sécessionnistes, qui ont également provoqué l’abandon de nombreuses plantations par les producteurs de la partie anglophone du Cameroun.

Moctar FICOU / VivAfrik

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