Exploitation minière : le marché de l’or de l’Atacora (Béni) mise sur les investisseurs

0

L’exploitation du marché de l’or de l’Atacora se fait encore avec des méthodes artisanales et les populations appellent les grandes sociétés intéressées par cette activité à investir dans ce secteur afin de contribuer au développement de leurs localités. Le marché de l’or est un secteur très lucratif et très rentable dans le département de l’Atacora. Cette activité d’une rentabilité sans précédent permet à une frange de la population de la commune de Natitingou de joindre les deux bouts.

Le département de l’Atacora est, selon Tampounhouro du site d’information benin24television.com, un département qui dispose de richesses minières qui font la fierté des populations. Le premier endroit où l’on peut toucher du doigt cette réalité est la localité de Perma dans la commune de Natitingou. Il suffit de se rendre dans le village de Tchantangou pour s’en convaincre : l’or existe en quantité et en qualité, pourvu que l’exploitant puisse mobiliser des moyens matériels conséquents et subséquents pour creuser et fouiller les coins et recoins du sous-sol de la localité. Sur place, l’on remarque à perte de vue des orpailleurs qui y vivent, y travaillent et qui y gagnent à la sueur de leur front leur pain quotidien. Certains habitants de ce village de Tchantangou où l’on trouve de l’or, disent même qu’il suffit de creuser la terre jusqu’à un niveau donné pour y soustraire certaines pierres précieuses contenant des cristaux d’or reconnaissables par leur brillance pendant la nuit. Pour d’autres qui sont habitués à exercer cette activité avec beaucoup de moyens et de groupes organisés, la recherche de l’or est une activité très rentable.

Sur place, les acheteurs sont présents et rachètent à la balance spéciale l’or obtenu par les orpailleurs du village de Tchantangou. Un orpailleur ayant fait fortune dans ce secteur s’est exprimé en ces termes : «Ici dans la commune de Natitingou, l’orpaillage est une activité qui nourrit son homme. Les gens viennent souvent acheter l’or, ce qui fait que les orpailleurs ne manquent jamais de ressources financières pour satisfaire leurs besoins vitaux. Il y a des orpailleurs qui n’hésitent pas à aller s’acheter de bons véhicules à Cotonou après une saison rentable d’or sur le terrain. L’orpaillage nous sauve ici et les moyens investis par les uns et les autres pour creuser et fouiller les coins et recoins du sous-sol déterminent souvent la quantité de l’or à obtenir. Il arrive que nous enregistrions des blessés et des pertes en vies humaines dans nos rangs du fait de l’effondrement parfois des trous creusés. Mais nous n’avons pas le choix parce que nous n’avons pas d’autres moyens pour vivre», a-t-il fait savoir.

Atacora, département de pierres précieuses

En dehors de l’or qui apporte des revenus substantiels aux populations, il y a aussi les pierres de l’Atacora qui font le bonheur d’une frange de la population de Natitingou et environs. A l’entrée de Natitingou, il y a un site de vente de pierres ornementales. Ces pierres sont utiles pour construire les maisons et autres habitations. Plusieurs acheteurs y font régulièrement des commandes en direction du sud du Bénin. «Franchement ces pierres m’ont permis de bâtir une belle villa dans la ville de Natitingou. Cela donne de l’éclat à votre construction. Les pierres se vendent très bien. Moi, c’est mon activité principale. Les acheteurs viennent en général de Cotonou et aussi des pays voisins. Certains en achètent et en expédient à l’extérieur. Cette activité est très rentable», a déclaré un spécialiste des pierres rencontré à Natitingou. L’un deux a fait savoir que son attachement pour la pierre est né suite à une formation qui leur a été dispensée par des Français qui ont amené du matériel pour leur inculquer le savoir-faire en la matière. Dans le même ordre d’idée, récemment la commune de Bassila a obtenu un financement grâce à l’Entreprise EBOMAF dans le cadre du bitumage de la route Dassa-Djougou. Ils ont obtenu plus de 283 millions de FCFA. Cela montre donc que es ressources minières et carrières sont utiles à la fois pour les collectivités locales et les populations à la base.

De quelles potentialités dispose le Bénin ?

Le Bénin dispose des potentialités minières énormes, a en croire le directeur des Mines du Bénin. Pour Koffi Germain Tchokpon, directeur général des mines du Bénin, les atouts dont dispose le Bénin en matière de ressources minières et pétrolières sont importantes. Le scanning des ressources minières et pétrolières réalisé en 2015 pour évaluer les différentes potentialités du pays dresse un tableau prometteur. «Notre pays est situé à l’Ouest du craton ouest africain qui est réputé pour son potentiel aurifère et également le Bénin est traversé par une grande faille qu’on appelle faille de Kandi où il y a eu beaucoup de circulations de magma acide et basique qui constituent les meilleurs circuits qui véhiculent les minerais», indique le directeur des mines. Ces informations géophysiques ont conduit le gouvernement à faire «cette photographie du sous-sol pour situer les géologues et les ingénieurs des mines sur les zones probables de concentration des minerais», précise M. Tchokpon.

«Au niveau de l’exutoire géologique de Tchaourou, le Coltan y serait, très utilisé dans l’électronique et l’industrie chimique. Après le scanning, il a été constaté que ce minerai s’est propagé jusqu’à Ouèssè et Idadjo», confie le directeur des mines. Selon lui, cinq (05) autres zones géologiques d’anomalies aurifères ont été identifi ées. «C’est le cas au nord de Péhunco, à Kandi. Il a aussi expliqué que les granites de Dan seraient renfermés de l’or. En dehors de l’or, il y a aussi le manganèse et l’étain», révèle-t-il.

«Au niveau de la localité de Tanguiéta vers Matéri, il y a été découvert du manganèse dans les collines», d’après Monsieur Tchokpon. Il fait remarquer que dans la partie méridionale sur la terre ferme, après le scanning, il y aurait des poches probables du pétrole. Le directeur des mines précise qu’il y a également d’autres minéraux comme le phosphore et l’uranium. «Avec le scanning, on voit beaucoup plus clair que ce couloir longe au-delà de Lokossa jusqu’à Toffo», souligne-t-il.

Enfin, selon le code minier du Bénin, les redevances des exploitations versées au transport, 40% sont versées dans les caisses des communes qui détiennent ces gisements. Pour le directeur des mines, dès qu’il y aura les exploitations à grandes échelles de l’or, de l’étain, du pétrole, les populations vont se frotter les mains puisque ces fonds reversés aux communes vont servir pour la réalisation des projets de développement. Au vu de ces richesses minières dont dispose le Bénin, les populations réclament l’implantation des firmes sur les sites pour exploiter les ressources afin non seulement de créer des emplois à grande échelle, mais aussi de développer leurs localités par les ressources financières issues de ces exploitations. Un vœu qui sera certainement entendu par les autorités.

Moctar FICOU / VivAfrik

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here