Innovation : Jacqueville (Côte d’Ivoire) se dote de véhicules solaires

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Le continent africain, plus particulièrement la Côte d’Ivoire signe ses prouesses dans l’innovation et se dote de technologie de pointe, moins chère et silencieuse. En termes précis, la station balnéaire ivoirienne de Jacqueville, aux abords d’Abidjan, parie sur les trois-roues à énergie solaire, car elle cherche à remplacer les taxis brousses traditionnels bruyants et sales.

« C’est moins cher et plus relaxant! », raconte la commerçante locale Sandrine Tetelo, des véhicules « Saloni »ou« Antara »de fabrication chinoise, ce qui pourrait bien finir avec les quatre roues« woro-woro » de la vieille école alors que Jacqueville envisage d’être  la première ville écologique de la Côte d’Ivoire, rapporte PHYSORG

Les mini-voitures, d’une longueur de 2,7 mètres et d’une hauteur de deux mètres, sont recouvertes de panneaux solaires équipés chacun de six batteries de 12 volts, offrant aux véhicules une autonomie de 140 kilomètres.

En revenant d’une visite en Chine, le promoteur des voitures solaires, Marc Togbé, a présenté son plan au maire Joachim Beugré, qui a immédiatement été vendu.

« Nous avons l’habitude de voir des taxis brousses (généralement vieux) polluer l’atmosphère et l’environnement. Nous nous sommes dit, si nous pouvions seulement les remplacer par des véhicules  solaires », a déclaré Beugré.

Pionniers du solaire?

« L’aventure a commencé en janvier avec deux petites voitures », a ajouté M. Togbé, qui a créé un partenariat avec l’homme d’affaires local Balla Konaté.

« Je suis allé en Chine avec un ami », raconte Konaté, « et après j’ai envoyé quatre jeunes à Lomé pour suivre une formation avec un ami qui m’avait parlé du projet ».

Il veut étendre ses opérations à Odienné et à Korhogo, villes du nord, la région la plus ensoleillée du pays.

« Aujourd’hui, une douzaine de voitures sont opérationnelles. Nous sommes en pleine phase de test. De plus en plus de gens les demandent », explique Beugré, voyant une chance de tuer plusieurs oiseaux avec une pierre solaire.

Longtemps isolée, sa ville, nichée entre une lagune et la mer, a prospéré en termes d’immobilier et de tourisme depuis l’inauguration en 2015 d’un pont reliant Jacqueville au continent et réduisant le temps de transit vers Abidjan à moins d’une heure.

Pour le début de l’année scolaire en octobre, Jacqueville prévoit de mettre en service un « autocar solaire » de 22 places conçu pour répondre à « l’épineuse question du transport des élèves ».

De nombreux écoliers doivent généralement parcourir des dizaines de kilomètres entre leur village d’origine et les écoles urbaines.

Jusqu’à présent, les véhicules solaires ont également fourni du travail à environ 20 personnes, dont des chauffeurs et des mécaniciens.

« Nous sommes en déplacement de six heures du matin et finissons vers 10 heures ou même minuit le week-end », explique Philippe Aka Koffi, un jeune homme de 24 ans qui travaille comme chauffeur depuis cinq mois.

Prix

« C’est agréable de faire ses courses plus rapidement », explique Aholia Guy Landry, une passagère impressionnée, après avoir roulé dans un véhicule pouvant transporter quatre personnes, conducteur inclus.

Un grand avantage est le prix de 100 francs CFA (0,15 euros / 0,18 dollar) d’un voyage, soit la moitié d’un tarif au «centre-ville», qui attire entre 500 et 1 000 personnes par jour, selon la mairie et le promoteur.

Les passagers sont désireux d’être écologiques, mais sont également attirés par des tarifs généralement de 100 francs CFA, soit la moitié de ceux pratiqués habituellement par les taxis de brousse traditionnels

Le passage à l’énergie solaire et aux biens durables peut sembler paradoxal à Jacqueville, car la région produit la plus grande partie du gaz et du pétrole du pays.

Les puits situés à l’extérieur de la ville produisent près de 7 millions mètres cubes  de gaz par jour, tandis que plusieurs sociétés étrangères exploitent des pipelines transportant du pétrole et du gaz à travers la ville pour alimenter les raffineries d’Abidjan.

Jacqueville : Une ville écologique

Mais la municipalité, avec un budget total de 140 millions de francs CFA (213 577 euros), ne perçoit aucun des bénéfices, un problème qui a attiré l’ironie publique par le passé.

Le projet de véhicules solaires de 50 millions de francs CFA n’est qu’une pièce d’un puzzle beaucoup plus vaste, qui comprend la construction d’une nouvelle cité écologique sur un site de 240 hectares de cocotiers.

Alors que l’utilisation totale de l’énergie solaire est minime à ce jour en Côte d’Ivoire, les véhicules ne sont qu’une pièce d’un ambitieux puzzle qui comprend la construction d’une éco-ville conçue pour « toutes les couches sociales respectueuses de l’environnement ».

« Ce ne sera pas une ville pour les riches », insiste Beugré, en montrant un plan rempli de pistes cyclables et d’une université. « Toutes les couches sociales qui respectent l’environnement pourront y vivre », ajoute-t-il.

Pourtant, au niveau national, de tels plans sont remarquables par leur absence.

La Côte d’Ivoire, leader de la production d’électricité en Afrique de l’ouest – dont 75% provient de l’énergie thermique et le reste des barrages hydroélectriques – vise une part de 11% de la consommation nationale d’énergie renouvelable d’ici 2020.

Même si, en septembre, le pays avait brûlé à peine un seul mégawatt d’énergie solaire pour cette année, Beugré est inébranlable.

« Notre projet écologique ira jusqu’au bout » et « résistera à la puissance du pétrole et du gaz », a déclaré le politicien local.

« Dans les années à venir, nous voulons nous assurer que ces véhicules  à énergie solaire deviennent le principal moyen de transport dans la région. »

Avec intellivoire.net

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