Les acteurs de la finance verte se réunissent pour le One Planet Summit

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Le président français, Emmanuel Macron va tenir ce mercredi 26 septembre 2018 à New York, en marge de la 73ème Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (Onu) une modeste deuxième édition du «One Planet Summit» lancé l’an passé à Paris et qui réunira des chefs d’Etat et de gouvernement ainsi qu’une poignée de leaders économiques. Le locataire de l’Elysée sera pour l’occasion sacré «Champion of the Earth» bien que son engagement environnemental, loin des discours autour de son «Make Our Planet Great Again», soit sous le feu roulant des critiques en France.

Ainsi, les acteurs de la finance verte se réunissent pour ce deuxième tour de scène aujourd’hui à New York. Un show à ne pas montrer au public, sous peine de tout gâcher. Il y a eu cette première représentation, arrangée en décembre 2017 à la Seine musicale de Paris, par un Emmanuel Macron qui, torse bombé et verbe engagé, jurait de mettre l’argent au service du climat. Neuf mois plus tard – aujourd’hui – les acteurs du One Planet Summit remettent cela, à New York cette fois.

L’acte 2 du One Planet Summit sera l’occasion de se féliciter de la progression de toutes les coalitions et initiatives prises lors de la première édition à Paris en 2017

La scène ne devrait pas durer plus de trois heures, mais elle promet du prestige, tant du côté de ses producteurs – Michael Bloomberg, ancien maire de la ville, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale – que du côté des invités.

Bill Gates, PDG de Microsoft, a fait inscrire son nom tout en haut de l’affiche. La directrice du FMI, Christine Lagarde, donnera la réplique au PDG d’Unilever et à celui du fonds public d’investissement d’Arabie saoudite. Plus globalement, toutes les étoiles de la nouvelle vague de l’économie mondiale, celle que l’on nomme finance verte, sont invitées à reprendre place devant les caméras. L’an dernier, il s’agissait pour elles de déclamer des promesses. Cette année, elles doivent en rendre compte. De fait, le tableau devrait présenter beau. Même si, comme chaque spectacle, celui-ci regorge de ficelles qu’il convient de ne pas laisser voir au public, sous peine de tout gâcher.

L’acte 2 du One Planet Summit sera l’occasion de se féliciter de la progression de toutes les coalitions et initiatives prises lors de la première édition à Paris en 2017. Mais ces efforts sont encore insuffisants pour ralentir le réchauffement. L’attribution du titre de Champion de la Terre et de la Planète à Emmanuel Macron, au même moment, par les Nations Unis, ne devrait pas suffire à mobiliser un monde de plus en plus divisé.

Ces ronflants titres lui sont attribués pour avoir été à l’origine du mouvement « Make Our Planet Great Again » lancé en juin 2017 après l’annonce de Donald Trump de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris. Lors du One Planet Summit de décembre 2017 qui s’en est suivi, 12 engagements internationaux ont été pris, rassemblant une trentaine de coalitions et d’initiatives. Elles recouvraient trois domaines : le financement de l’adaptation au changement climatique, la transition vers une économie décarbonée, et le verdissement de la Finance.

Un sommet climatique de deux heures

Durant les 2 heures-et-demi que durera la deuxième édition, « des dirigeants d’entreprise et d’autres acteurs non étatiques se réuniront une nouvelle fois pour rendre compte de la mise en œuvre des engagements pris lors du Sommet One Planet et renforcer la confiance et la collaboration sur l’action multilatérale actuelle en faveur du climat », assure l’organisation dans un communiqué.

Et les résultats ne sont pas nuls. Par exemple, la « Carbon neutrality coalition » réunit désormais 16 pays dont neuf ont déjà soumis leur stratégie à long terme. Le programme d’observation du climat depuis l’espace, mené par le Centre national d’études spatiales (Cnes) a combiné les efforts de 30 partenaires internationaux pour présenter un premier démonstrateur. L’alliance Solaire Internationale compte 68 pays membres et a lancé la formation de 10 000 jeunes ingénieurs…

Mais ni le titre de champion du climat, ni ces avancées ne suffisent à rassurer. Selon Patricia Espinosa, responsable des négociations climatiques à l’ONU, « les nations ne sont pas à la hauteur des promesses faites à Paris (…) Les engagements qu’elles ont pris jusqu’ici élèveraient la température de la planète d’environ 3 degrés d’ici 2100 ». António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, confirme : « Les faits sont clairs et alarmants : le changement climatique continue de progresser plus vite que nos efforts pour y faire face. Nous devons tous faire beaucoup plus pour gagner cette course pour notre avenir ».

Moctar FICOU / VivAfrik

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