La BOAD s’invite dans le financement de projets verts

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Bonne nouvelle pour les défenseurs de l’environnement. En effet, la Banque ouest-africaine de développement (Boad) s’est engagée à mobiliser, chaque année, 100 milliards de francs Cfa, pour le financement de projets verts. C’est ce qu’a annoncé le chef de la Division finance climat au sein de cette institution, Ibrahim Traoré, lors d’un atelier à Dakar, la capitale sénégalaise le 2 octobre 2018.

En termes clairs, la banque ouest-africaine s’engage à accompagner la « stratégie et l’engagement de la Boad en matière de finance climat ».  Acteur clé du processus de financement des économies des pays de la sous-région et, en particulier, des Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), la Banque ouest-africaine de développement (Boad) veut jouer sa partition dans la lutte contre le changement climatique. « On peut investir dans des routes, des barrages, etc. Mais si derrière tout cela il y a des inondations, des activités qui entraînent le réchauffement climatique, ça annihile tous les efforts que nous sommes en train de faire pour le développement de nos Etats. Le climat est, en effet, lié à l’économie et au développement. Toutes les solutions qui y sont apportées sont économiques », estime le chef de la Division finance climat au sein de la Boad, Ibrahim Traoré.

L’institution s’engage à mettre 100 milliards, par an, pour le financement des projets verts. Des ressources qui seront accréditées auprès du Fonds pour l’environnement mondial (Fem) et le Fonds vert pour le climat. Pour le moment, M. Traoré indique que les engagements et les projets déjà approuvés par son institution au niveau du Fonds climat sont estimés entre « 45 et 50 milliards de francs Cfa ». Un montant mobilisé sous forme de dons.

En réalité, le chef de la Division finance climat de la Bad souligne que la baisse des rendements agricoles et l’accroissement démographique exerceront une pression supplémentaire sur le système de production alimentaire « déjà fragile ». « Dans ce contexte, les experts signalent que si la situation actuelle perdure, l’Afrique ne pourra subvenir qu’à 13 % de ses besoins alimentaires d’ici 2050. À l’heure actuelle, quelques 240 millions d’Africains souffrent déjà de la faim. D’ici là, il suffira d’une augmentation de 1,2° à 1,9° C environ pour accroître entre 25 et 95 % le nombre d’Africains sous-alimentés », a-t-il dit.

Le challenge de la mobilisation des ressources

Cependant, le directeur et chef de Mission résident de la Bad, Yoro Diakité, souligne que la mobilisation de ressources appropriées pour la finance climat reste un défi à relever pour le Sénégal et les autres pays de l’Uemoa. « Pour apporter une réponse à cette épineuse préoccupation, la Boad, en sa qualité d’institution de financement de développement des pays de l’union, a mis en place une stratégie 2015-2019. Ceci, en mettant en place des fonds sous forme de dons ou de prêts concessionnels », renseigne M. Diakité. Pour le Sénégal, l’objectif avec cet engagement est, selon lui, d’appuyer le pays afin qu’il puisse respecter ses engagements par rapport à l’Accord de Paris sur le climat et les 17 Objectifs de développement durable (Odd).

De son côté, le directeur des Financements verts et des Partenariats à la Direction de l’environnement et des établissements classés (Deec) précise que, pour capter ces fonds, il faut des projets et programmes ‘’pertinents’’, selon le secteur, la question qu’il faut adresser, etc. « Au Sénégal, nous avons le Centre de suivi écologique qui essaie de capter des fonds, mais pas d’une manière suffisamment intéressante. C’est juste plafonné à 10 millions de dollars, soit 5,682 milliards de francs Cfa. Parallèlement, nous avons prévu, au ministère de l’Environnement, de mettre en place un fonds national climat. Avec cet outil, on ambitionne de mobiliser 100 millions de dollars, environ 57 milliards de francs Cfa par an à partir de 2020. Et 10 % de ces ressources seront domestiques et les 90 %, nous allons les chercher à l’extérieur et une partie sera consacrée à des financements privés », informe Amadou Lamine Diagne.

Toutefois, le responsable des Financements verts au sein de la Deec signale qu’il y a toujours des aspects qui « calent », notamment sur le statut du fonds, après trois ans de réflexion. « Récemment, nous avons été conviés par nos partenaires du Québec à nous inspirer de leur modèle de fonds vert qui est excellent. Nous sommes aussi en train de réfléchir pour voir comment est-ce que les ressources tirées du pétrole et du gaz peuvent contribuer à alimenter ce fonds », renchérit M. Diagne. En fait, selon lui, au Conseil économique, social et environnemental (Cese), il y a 15 projets déjà ficelés, de même qu’à la Direction de l’environnement et des établissements classés (Deec).

Cependant, pour M. Diagne, il faut y mettre beaucoup plus d’acteurs. Car ce sont ces derniers qui vont exprimer leurs besoins. D’où la nécessité, pour lui, de renforcer leurs capacités. Il convient de noter qu’à travers le monde, il y a 25 mécanismes de financement climat. Et la 24e Conférence des parties sur le réchauffement climatique aura lieu en Pologne du 3 au 14 décembre prochain.

Moctar FICOU / VivAfrik

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