Le rapport du GIEC sur le climat attendu ce lundi est adopté par les Etats

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Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) qui prône une limitation stricte des émissions de gaz à effet de serre sera publié lundi 8 octobre 2018. Les ONG rappellent que le choix appartient désormais aux décideurs politiques.

Très attendu ce lundi, il sera sûrement commenté partout dans le monde. Non, il ne s’agit pas du remaniement ministériel, mais bien du rapport du Giec. Sa principale conclusion est déjà largement connue : pour éviter des impacts majeurs sur l’humanité, le réchauffement climatique devrait être contenu à +1,5 °C au maximum.

Dans le même temps, les gouvernements ont approuvé samedi 6 octobre passé le dernier bilan scientifique du Giec sur le dérèglement climatique, qui montre de forts impacts dès 1,5°C de réchauffement, en dépit de contestations exprimées par l’Arabie saoudite, a-t-on appris auprès de plusieurs participants.

La réunion à huis clos du Groupe des experts climat de l’ONU (Giec), entamée lundi dernier à Incheon en Corée du sud, a dû être prolongée d’une journée, ses dernières heures consacrées en particulier à résoudre l’opposition montrée par Riyad.

Pour l’instant, on en est encore très loin. « Au rythme actuel, le seuil des +2°C sera dépassé vers 2075, rappelait la semaine dernière Pierre Cannet, responsable du programme climat et villes durables WWF France. Le cinquième rapport d’évaluation du Giec [publié en 2014] avait été très clair sur le fait que ce +2°C était un point de non-retour climatique. »

Le nouveau rapport de cette année doit donc inciter les gouvernements à agir, d’autant plus qu’ils en ont approuvé le contenu ce samedi, lors d’une réunion à huis clos en Corée du Sud. « Maintenant qu’il est adopté, [les Etats] doivent se l’approprier » a jugé Jennifer Morgan, la directrice de de Greenpeace International. « Aujourd’hui, nous regardons la maison brûler, appuie Maxime Combes, porte-parole de l’association Attac. Plus personne ne peut dire qu’il manque des données. »

Dans leur rapport, dont le résumé a été approuvé par consensus par les Etats mais ne sera publié que lundi, les scientifiques décrivent, sur la base de 6.000 études, les impacts d’un réchauffement de +1,5°C, un niveau que la Terre pourrait atteindre dès 2030 (2030-2052) faute de réduction massive des émissions de gaz à effet de serre.

Selon plusieurs participants, l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, contestait un chapitre faisant référence aux engagements pris à Paris par les Etats pour réduire leurs émissions et soulignant leur insuffisance globale si le monde veut rester à 1,5°C.

« Finalement l’Arabie saoudite a levé son blocage, parce que cela était sur le point de s’achever par une note en bas de page », a indiqué un observateur requérant l’anonymat.

Toute la semaine, gouvernements et chercheurs ont relu ligne par ligne le résumé présenté par les scientifiques, les principales contestations étant résolues sans infliger de « dégâts » majeur au texte original selon le terme d’un participant.

« Nous nous attendions à des négociations difficiles, et nous sommes heureux de voir que les gouvernements ont fait preuve d’une vraie réflexion sur les éléments scientifiques », a réagi en fin de réunion Stephen Cornelius, conseiller principal climat pour le WWF.

« Les engagements actuels des pays pour réduire les émissions ne suffiront pas à limiter le réchauffement à 1,5°C, vous ne pouvez pas négocier avec la science », a-t-il ajouté.

D’autres décisions difficiles sont aussi réclamées par les ONG : la division par deux de la consommation de viande, la fin des projets autoroutiers ou encore le développement massif des énergies renouvelables. En résumé, « cette crise appelle une transformation profonde des modes de consommation, de production et des modèles économiques » affirme Célia Gautier, chargée de projet climat-énergie à la Fondation pour la nature et l’homme (Fnh).

Moctar FICOU / VivAfrik

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