Le sous-développement engendré par les troubles humanitaires

0

L’Afrique est devenue le continent où le nombre de victimes de crises humanitaires est le plus élevé au monde, même si on note un certain recul de ce drame. Alors que le développement est un processus long et endogène, l’Afrique est le continent des conflits, de l’urgence et des tsunamis silencieux.

Les causes de ces crises humanitaires sont multiples, complexes et le plus souvent spécifiques. Tensions politiques, sociales ou ethniques dégénérant en conflit, risques naturels, dégradation de l’environnement ou changement climatique, effondrement de la situation économique et sociale, crise alimentaire, pillage des ressources naturelles, montée des intolérances, non-respect des droits de l’homme, sont parmi les principaux facteurs. Ces facteurs qui, généralement liés les uns aux autres sont à l’origine des catastrophes humanitaires.

Le sous-développement, caractérisé par la vulnérabilité et par l’exposition au risque des populations ayant une faible résilience du fait d’une insuffisance de disponibilité, de défaillances de marchés, d’absence de droits et de capacités ou de dysfonctionnement dans l’allocation des ressources.

Dans un monde très fragile, nous sommes confrontés à une augmentation de la diversité, de la fréquence et de l’intensité des catastrophes naturelles et des famines, ainsi que d’une escalade sans précédent du nombre et de la complexité des conflits. Au cours des neuf dernières années, les besoins et les défis croissants, le manque d’engagement durable et l’augmentation du coût de l’aide humanitaire ont contribué à pousser le système humanitaire actuel à ses limites, forçant un certain nombre d’organisations à suspendre temporairement l’aide alimentaire, l’hébergement d’urgence et d’autres opérations humanitaires vitales.

Plus du quart de l’humanité est totalement exclu de l’enrichissement général de la planète

L’action humanitaire et les outils utilisés devraient tenir compte d’une évaluation conjointe des besoins et être adaptés aux différentes situations; qu’il est indispensable de tout mettre en œuvre pour veiller au respect des droits fondamentaux et, en particulier, à la prise en compte des besoins spécifiques des femmes, des enfants, des personnes âgées, des personnes en situation de handicap, des minorités, des populations indigènes et des autres groupes vulnérables dans le cadre de l’action humanitaire.

Catastrophes naturelles, conflits armés, épidémies : dans les pays les plus pauvres, les crises humanitaires dévastatrices se multiplient. Les filles en sont toujours les premières victimes car elles sont plus vulnérables et plus discriminées. Déjà fragilisées par des conditions de vie précaires et insalubres, c’est leur survie et leur avenir qui sont en péril. C’est pourquoi elles sont au cœur de nos actions humanitaires d’urgence : les équipes de Plan International leur viennent en aide rapidement et efficacement pendant et après la crise pour les mettre en sécurité, leur fournir un abri, de la nourriture et de l’eau, des soins médicaux, et leur donner accès à l’éducation ; car sans aide, elles deviendront une génération perdue.

Dans les pays où il y a une augmentation des risques environnementaux et des tensions géopolitiques, les situations d’urgence se multiplient.

La coordination à l’échelon international, local et régional, le partage d’informations, ainsi que la réalisation conjointe de la programmation, de la collecte de données et des évaluations contribueront à améliorer le processus décisionnel, l’efficacité, la rentabilité et la répartition des responsabilités en matière d’acheminement de l’aide.

Aujourd’hui plus du quart de l’humanité est totalement exclu de l’enrichissement général de la planète, des progrès scientifiques et techniques, de l’amélioration des conditions sanitaires et nutritionnelles, de l’éducation ou encore de la révolution de l’information et des communications. Ces populations vivent en marge dans un état de grande précarité et le moindre événement peut venir les précipiter dans un état de misère absolue et d’insécurité totale. Et cela quel que soit le pays où ils habitent.

Les filles sont au cœur de nos projets car l’aide humanitaire est vitale pour les protéger, leur donner accès aux soins, les rescolariser si possible, et contribuer à reconstruire leur pays détruit. Notre action s’inscrit toujours dans une logique à long terme, pour faciliter leur retour à la vie normale.

Mettre un terme aux horreurs des conflits

Soutenue depuis plusieurs années par une vague impressionnante de l’opinion publique, mobilisant d’innombrables concours, bénéficiant de capitaux importants, jouissant d’une image médiatique très favorable, courtisée par les décideurs économiques et politiques, l’action humanitaire s’est imposée comme une des rares valeurs positives et largement consensuelles de notre époque désenchantée. Ce succès inquiète cependant autant qu’il réjouit.

S’interroger donc sur le sens de l’action humanitaire est devenu une nécessité. La complexité des crises ne permet plus de proposer des réponses “clé en main”. A chaque situation doit correspondre un type d’assistance humanitaire spécifique. Faire de l’humanitaire n’est plus seulement un engagement. C’est aujourd’hui également un métier difficile qui réclame de grandes compétences dans de multiples domaines.

L’efficacité et l’effectivité des interventions est aujourd’hui une préoccupation. N’est-il pas temps de se recentrer, de revenir aux sources ? Si, de toute évidence, c’est une interprétation dynamique qu’il convient de donner de l’humanitaire, ne faut-il pas cependant pointer les limites au-delà desquelles le sens de l’action s’inverse ? Face aux dérives et aux ambiguïtés, ne faut-il pas redécouvrir le sens éthique de l’intervention ?

Il est donc temps qu’ensemble nous puissions mettre un terme aux horreurs des conflits, que nous puissions éradiquer la pauvreté, apaiser les souffrances, redonner du sourire à ceux qui en ont perdu et bâtir un monde paisible et humaniste.

Moctar FICOU / VivAfrik

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here