La situation alimentaire en délicatesse en Afrique

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Trois scénarios différents pour l’avenir de l’alimentation et de l’agriculture, sur la base de tendances alternatives pour les principaux déterminants, notamment la croissance et la répartition des revenus, la croissance démographique, le progrès technique et le changement climatique sont examinés pour analyser l’avenir alimentaire de l’Afrique.

Il s’avère que la sécheresse, les conflits armés, la gouvernance sont mal embarqués alors que l’agriculture africaine souffre de plusieurs maux. La célébration de la 38ème journée mondiale de l’alimentation le 16 octobre 2018, placée sous le thème « Agir pour l’avenir » a permis de faire le survol de cette situation.

Pour l’Afrique, l’avenir semble compromis. En raison bien entendu des ravages causés par la famine. Au Burkina Faso par exemple, plus de 2 millions de personnes sont menacées par la famine, comme le révélait en mai dernier le ministre de l’Agriculture malgré les 81 milliards de francs CFA (environ 144 millions de dollars) pour faire face à la famine.

Dans son rapport 2017 sur l’insécurité alimentaire en Afrique, la FAO révélait en février dernier que près de 224 millions de personnes souffrent de faim à travers le continent. Soit 22,7 % de la population totale du continent. Ce chiffre représente aussi 25 % des 821 millions de personnes souffrant de faim dans toute la planète.

« Le continent rencontre des difficultés en matière de sécurité alimentaire », résumait Kwami Dzifanu-Nyarko-Badohu, secrétaire de la Conférence régionale de la FAO pour l’Afrique.

L’Afrique subsaharienne est la partie du continent la plus démunie, notamment économiquement et est la plus mouvementée politiquement, en effet, disposant d’un PIB par habitant très faible, elle est l’une des régions les plus pauvres au monde, et les plus sous-alimentée, mais néanmoins, cela n’affecte que le trois quart des pays industrialisés. Pourtant l’Afrique Subsaharienne est le continent le plus agricole du monde avec 60% d’actifs qui travaillent dans le domaine agricole. De plus, en 2050 la population africaine subsaharienne devrait quasiment doubler

Si l’organisation évoque des facteurs naturels comme la sécheresse, les chenilles légionnaires et des invasions d’oiseaux granivores (qui se nourrissent de grains), les facteurs humains ne sauraient être ignorés. Le cas des conflits qui consument des pays comme le Soudan du Sud et la RDC.

Six millions de Sud-Soudanais ont faim

Lors de la conférence des donateurs en mai dernier, l’Onu tirait sur la sonnette d’alarme en parlant de 2 millions d’enfants menacés de malnutrition en RDC (Kasaï et provinces de l’est) du fait des conflits armés ayant provoqué les déplacements de près de 4 millions de personnes.

Mais, il y a bien pire. En février, l’Onu et le gouvernement sud-soudanais parlaient de 6 millions de personnes menacées par la famine au Soudan du Sud théâtre d’une guerre civile depuis 2013, deux ans après l’indépendance.

Le facteur humain, c’est aussi et surtout la gouvernance. Et c’est là tout le problème de l’Afrique. Un continent où selon des observateurs, la plupart des gouvernements relèguent au second plan l’agriculture au profit des secteurs comme la défense et la sécurité des dirigeants, alors que certains pays ne sont même pas en guerre ni contre un quelconque État voisin, ni contre quelque rébellion.

Ces pays qui, en dépit de leurs potentialités naturelles propices à l’agriculture semblent se délecter dans leur posture d’assistés en parcourant le monde à la recherche de quelque mère Térésa prête à leur donner du pain à titre gracieux. Ce sont aussi ces pays qui inondent les artères de leurs villes par des panneaux géants avec des messages pompeux et prétentieux du genre : « Agriculture, priorité des priorités ».

Enfin l’Afrique souffre d’une grand insécurité alimentaire, la population n’a pas accès à une quantité suffisante d’aliments dû aux des problèmes.

Moctar FICOU / VivAfrik

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