Pétrole : l’Afrique assiste au redémarrage des forages

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L’activité pétrolière en Afrique a été relancée ces dernières années en raison  de la hausse des prix du brut qui provoque le mécontentement des automobilistes. Les forages redémarrent ainsi dans le continent noir et les grandes compagnies s’intéressent à nouveau à l’Afrique et les découvertes sont au rendez-vous, comme on vient de le voir au Niger.

Pour l’animatrice de la chronique des matières premières de RFI, Claire Fages, l’industrie pétrolière et gazière repart en Afrique. Après un déclin continuel de l’activité de 2014 à 2017 – les années de chute des prix du baril, 2018 voit se multiplier les forages. C’est la plus forte augmentation depuis trois ans : 30 nouveaux puits en Afrique contre 17 l’an dernier. On est encore loin bien sûr des 100 puits par an en moyenne entre 2011 et 2014, mais le redémarrage est très net. Environ 7 milliards de dollars ont été dépensés en exploration sur le continent, contre moins de 5 milliards l’an passé. Avec à l’arrivée 30 % de volumes d’hydrocarbures supplémentaires découverts. Vendredi 16 novembre 2018 le Niger a confirmé le potentiel de son gisement de Kafra, à la frontière algérienne.

Seize pays africains projettent des appels d’offres

2018 marque aussi le retour des grandes compagnies en Afrique. Les « majors » reviennent en force. Grâce à de meilleurs bilans, elles peuvent et doivent à nouveau investir pour étoffer leur portefeuille de gisements. Le champion britannique BP a racheté des parts à la petite compagnie Kosmos dans les champs gaziers de Mauritanie et du Sénégal, les géants français et italien Total et Eni sont proches d’un accord de partage de la production en Côte-d’Ivoire, et négocient séparément en Algérie. L’Américain Exxon Mobil a quant à lui racheté des parts dans des blocs de Namibie et du Mozambique.

Et cela ne devrait pas s’arrêter là puisque pas moins de seize pays d’Afrique envisagent de nouveaux appels d’offre, dont le Cameroun, le Congo, la Côte-d’Ivoire, le Gabon, la Gambie, le Ghana, le Nigeria, le Sénégal et la Sierra Leone.

Projets de raffineries dans huit pays

Des revenus en perspective pour tous ces Etats ou nouveaux Etats pétroliers d’Afrique. A condition qu’ils négocient bien leurs contrats d’exportation en tenant compte des renversements de tendance, qui peuvent être brutaux. Construire des raffineries ou les moderniser, huit Etats y songent, dont l’Angola, la Guinée équatoriale, le Congo ou le Ghana ; certains Etats ont déjà fait ce choix, et sans être forcément grand producteur de pétrole, ils exportent des produits pétroliers dans une Afrique qui devrait plus que doubler sa consommation dans les douze ans qui viennent. Il s’agit du Burkina Faso, du Mali, du Niger et bien sûr du Nigeria.

Moctar FICOU / VivAfrik

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