Le manque d’innovation, un obstacle à l’utilisation de la carte bancaire, selon l’UEMOA

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Le Directeur général du Groupement interbancaire monétique de l’UEMOA (GIM-UEMOA), qui s’exprimait mardi 27 novembre 2018 à Dakar lors d’un panel sur le développement des services financiers innovants entrant dans le cadre des panels de la semaine de l’inclusion financière organisée par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a laissé entendre que le manque d’innovation est un des freins à l’utilisation de la carte bancaire dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA).

En outre, ajoute Blaise Ahouantchédé, « la faible utilisation des cartes bancaires est liée aussi au manque de maturité du marché ». Il a expliqué que les services d’épargne développés par les réseaux de téléphonie mobile constituent une véritable entorse à l’usage des cartes bancaires. Il a également souligné de nombreuses autres difficultés notamment le défaut d’innovation dans les banques avant de se rabattre sur la digitalisation comme porte de sortie, accusant les opérateurs Gsm de restreindre le service. Il cite à propos, l’agressivité des opérateurs Gsm qui par des services de mobile money, ont presque assassiné certains services bancaires, notamment, l’utilisation des cartes bancaires.

Sur ce point, M. Ahouantchédé a justifié la faible utilisation des cartes bancaires par le fait que la zone UEMOA totalise 45% de populations jeunes. Or celles-ci sont friandes de technologies et utilisent beaucoup plus leurs tablettes et Smartphones en lieu et place de la carte bancaire pour faire des transactions.

Sur un autre registre, le Directeur général du GIM-UEMOA a déploré la non acceptation par les commerçants des terminaux TPE. « Il revient aux Etats de jouer leur partition à ce niveau », a-t-il souligné.

Pour encourager l’usage de la carte bancaire dans la zone UEMOA, M. Ahouantchédé a recommandé de mettre l’accent sur la qualité de services et de rassurer les populations à travers l’éducation financière. « On sent aujourd’hui une évolution vers la convergence digitale. C’est cette convergence qui sera demain le catalyseur », a affirmé M. Ahouantchédé.

Quant à Ousmane Thiongane Directeur général de l’Union des Institutions mutualistes communautaires d’épargne et de crédit (U-IMCEC), il a exhorté les banques à aller vers les populations en faisant de la collecte digitale.

Dans la même mouvance, il estime nécessaire de travailler avec la diaspora, soulignant la nécessité de «voir comment digitaliser les transferts d’argent et réfléchir sur les voies et moyens d’utiliser ces fonds à des fins autres que la consommation ».

Moctar FICOU / VivAfrik

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