Hausse des températures : une étude refroidie les participants de la COP24

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Les informations liées au réchauffement de la planète ne toujours loin d’être rassurantes. Une étude publiée mercredi 5 décembre 2018 à Katowice en Pologne fait état d’une hausse inédite des émissions carbone des énergies fossiles en 2018. Ces émissions sont la première cause du réchauffement mondial de la planète après des années stables.

On espérait que le pic d’émissions de CO2 dans l’atmosphère serait atteint afin de limiter le réchauffement planétaire. Malheureusement, la croissance économique entraîne des besoins énergétiques importants assurés par les énergies fossiles. La Chine en particulier accroît son recours au charbon et pèse lourd dans la balance.

Ainsi, les émissions de CO2 liées à l’industrie et à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz devraient croître de 2,7 % par rapport à 2017, pour atteindre un niveau record de 37 milliards de tonnes. Du jamais vu en sept ans, après une hausse de 1,6 % l’an dernier qui suivait trois années quasiment stables.

Le « pic » des émissions de CO2, qui devrait déjà être là pour espérer que les conséquences du réchauffement soient limitées, n’est pas pour tout de suite. Les émissions de CO2, première cause du réchauffement mondial, ont connu en 2018 une hausse inédite depuis sept ans, à + 2 %.

Selon un bilan annuel publié mercredi en marge de la 24e conférence climat de l’ONU, ce sont les émissions de CO2 liées à l’industrie et à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz qui augmentent particulièrement.

La croissance de l’énergie plus forte que les politiques

Il faut remonter à 2011 et la sortie de la crise financière de 2008 pour trouver pire taux, dit à l’AFP Glen Peters, climatologue au centre de recherche Cicero (Oslo) et coauteur de l’étude. « Les politiques se font distancer par la croissance de l’économie et de l’énergie », souligne-t-il. « On est loin de la trajectoire qui nous permettrait de rester à 1,5 °C ou même 2 °C » de réchauffement, objectifs de l’accord de Paris. « La rhétorique enfle mais l’ambition non, nous avons complètement dérapé. »

La hausse de cette année est alimentée notamment par un boom d’émissions en Chine (+4,7 %), premier émetteur mondial (un quart du total), dont les efforts avaient pourtant permis des résultats encourageants les années précédentes, selon ce 13e bilan du Global Carbon Project, réalisé par 80 scientifiques. « Les tendances des dernières années ont beaucoup à voir avec les hauts et les bas de l’utilisation du charbon en Chine », souligne Corinne Le Quéré, de l’Université d’East Anglia. Mais « nos experts chinois pensent que cette résurgence est liée aux stimulus économiques donnés par le gouvernement, et donc possiblement temporaire », souligne Corinne Le Quéré, de l’université d’East Anglia.

Il faut remonter à 2011 et lsortie de la crise financière de 2008 pour trouver pire taux, dit à l’AFP Glen Peters, climatologue au centre de recherche Cicero (Oslo) et co-auteur de l’étude, parue dans la revue Open Access Earth System Science Data.

Deuxième pays émetteur : les Etats-Unis

Deuxième pays émetteur, les États-Unis en sont à +2,5 % d’émissions en 2018. A ne pas forcément imputer aux politiques anti-climat de Trump, mais plutôt à un hiver et un été extrêmes qui ont sollicité chauffages et climatiseurs. L’Inde est, elle, à +6,5 %. Les émissions européennes en revanche reculent (-0,7 %), avec des disparités nationales.

De son côté, l’Inde enregistre une hausse de 6,5 %. Seul bon élève, l’Union européenne qui voit ses émissions reculer de 0,7 %, avec toutefois de fortes disparités nationales.

Outre le charbon, première source de CO2, la consommation de gaz naturel a augmenté de 2 % par an dans le monde entre 2000 et 2017, dont +8,4 % dans une Chine qui lutte contre la pollution de l’air. Côté pétrole, on pensait le pic de consommation atteint. Il n’en est rien, du fait des transports : le nombre de véhicules croît de 4 % par an, dont une faible part d’électriques. Et le recours au carburant utilisé par l’aviation commerciale a bondi de 27 % en 10 ans.

Au total, les émissions de CO2 fossile devraient atteindre un record de 37,1 Gt en 2018. Soit les trois quarts des gaz à effet de serre. Auxquels s’ajoutent 5 Gt liées à la déforestation.Les Etats sont réunis jusqu’au 14 décembre à Katowice pour la COP24. Les participants sont invités à faire un point sur l’ambition globale. Selon un observateur, cela pourrait donner lieu à une déclaration d’un groupe de pays.

Moctar FICOU / VivAfrik             

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