L’Algérie submergée par les eaux usées industrielles rejetées

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Les eaux usées industrielles rejetées dans la nature en Algérie dépassent les taux autorisés. Tel est le résultat d’une étude menée sur 26 unités industrielles dans la zone industrielle Rouiba-Reghaia (Alger). Selon l’Agence de bassin  hydrographique (ABH) Algérois-Hodna-Soummam qui s’adressait aux populations jeudi 6 décembre 2018, 8 des 26 unités industrielles ont présenté une charge polluante «très élevée» dépassant les taux maximaux édictés par la loi. Cette agence régionale, impliquée dans la sensibilisation,à l’utilisation rationnelle de la ressource hydrique souterraine et à sa préservation de la  pollution, a évalué le niveau de la charge polluante, c’est-à-dire, les  valeurs de concentration des rejets des eaux résiduelles dans cette zone industrielle.

Rappelons que l’Algérie est divisée en cinq Agences de bassins hydrographiques (ABH) : celle de l’Algérois-Hodna-Soummam, l’ABH Constantinois-Seybousse-Mellegue, l’ABHCheliff-Zahrez, l’ABH Oranie-Chott-Chergui et l’ABH Sahara. A l’occasion de la Journée d’information et de sensibilisation sur l’eau  dans l’industrie sous le thème «usage et impact»,le directeur de l’Agence du bassin hydrographique algérois-Hodna-Soummam, MehdiOggad, a indiqué que 34 000kg/jour de rejets industriels liquides sont produits par les unités de cette zone industrielle, note ouestribune-dz.com. Parmi ces rejets, 5 000kg/jour sont traités par les industriels avant que ces effluents rejoignent le milieu naturel ou le réseau d’assainissement  public. Outre la question des rejets, cette rencontre a permis d’évoquer la  thématique de la captation rationnelle des eaux souterraines.

En effet, les eaux souterraines d’une région, appelées bassins hydrographiques, sont utilisées par l’industrie pour les besoins de sa production, notamment dans le secteur agroalimentaire. Selon le journal cité, les ressources hydriques sont sujettes à diverses pressions à travers leur exploitation pour l’alimentation en eau potable et dans l’utilisation dans  les secteurs industriel et agricole. La nappe phréatique de la Mitidja est considérée comme la plus grande  réserve d’eau souterraine dans la région centre du pays. Sa surexploitation durant les dernières années, a causé une baisse  importante des réserves de cette dernière la rendant même vulnérable aux  intrusions d’eau de mer.

L’Agence nationale de gestion intégrée des ressources en eau (AGIRE), dont font partie les ABH, sensibilise à travers ses cadres et experts, les industriels et les agriculteurs pour la rationalisation du prélèvement  d’eaux souterraines et à leur préservation de la pollution. «Il faut que les industriels s’intègrent dans cette démarche pour la prise  en charge des rejets et les arrêter à leur niveau en les traitant et même  en les réutilisant ce qui réduira la consommation,souligne un expert présent à cette rencontre. Dans cette optique, AGIRE a initié une démarche de captage des eaux souterraines dans le cadre d’une gestion durable et solidaire au niveau de  la zone pilote de la commune d’El Hamiz dans l’est de la capitale. Cette démarche prône le dialogue multi-acteurs entre industriels,  administrations publiques ainsi que le monde scientifique et associatif,  permettant de partager les diagnostics et les solutions envisageables et surtout un engagement des partenaires pour un bénéfice partagé autour de  cette ressource.

Intervenant lors de cette journée d’information, la chef de service qualité des ressources en eau à l’ABH Algérois-Hodna-Soummam, Imene Lassel,  a indiqué que ce bassin hydrographique réparti sur 14 wilayas du centre du pays, concentre 5.584 forages ou puits qui puisent 310 millions m3/an d’eau, soit près de l’équivalent de la capacité maximale d’un barrage.L’industrie représente 2% des captations de l’eau des nappes de la Mitidja, à travers 497 forages (7 millions m3/an). La zone industrielle Rouiba-Reghaia comprend 26 unités industrielles implantées dont 61 unités génératrices de rejets liquides industriels. Parmi elles, 45 unités ont mis en place un système de prétraitement de  leurs effluents industriels grâce notamment à des bassins de décantation ou des stations d’épuration.

Moctar FICOU / VivAfrik

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