La quasi-totalité des poissons en grandes surfaces provient de pêches non durables

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Par Céline Deluzarche

Pourtant menacés par la surpêche, les trois principaux poissons achetés par les Français ne répondent pas aux critères de pêche durable. De plus, l’étiquetage obligatoire est fantaisiste ou manquant dans les deux tiers des cas. 

Pas moins de 86 % des poissons vendus dans la grande distribution sont pêchés selon des méthodes non durables ou issus de stocks surexploités, révèle l’association de consommateurs Que Choisir dans une enquête publiée le 17 décembre 2018. Celle-ci a enquêté auprès de 1.134 poissonneries de grandes surfaces sur trois poissons de consommation courante menacés par la surpêche : cabillaud, sole et bar. Le chalut, un filet qui détériore les fonds marins et capture les espèces de manière non sélective, est ainsi la méthode de pêche la plus utilisée (jusqu’à trois quarts des cas pour le cabillaud).

Trois poissons sur quatre mal étiquetés

Non seulement les enseignes « n’ont mis en place aucune politique d’approvisionnement durable », mais l’étiquetage laisse gravement à désirer, dénonce Que Choisir. Depuis 2014, celui-ci doit mentionner explicitement la dénomination commerciale, le nom scientifique, la méthode de production, la zone de pêche ou du pays d’élevage, la catégorie de l’engin de pêche et éventuellement l’indication « décongelé ». Or, la plupart du temps, les zones de pêche sont particulièrement vagues. « Comment savoir si une sole provenant de l’Atlantique Nord est issue de la pêche durable, étant donné que les stocks sont en bon état dans la Manche occidentale mais quasi épuisés en mer d’Irlande », note Olivier Andrault, chargé des études alimentation à l’UFC-Que Choisir. On voit parfois de mystérieuses indications comme « zone 27 » qui ne risquent pas de renseigner beaucoup le consommateur.

Diversifier ses achats d’espèces de poisson

Au final, aucune enseigne ne s’en sort mieux qu’une autre : « Système U, l’enseigne la plus mal notée, propose 89 % de poissons non durables, alors que Cora qui est le moins mal classé, en propose 81 %, soit une proportion à peine moins élevée », déplore l’UFC-Que Choisir. L’association préconise un renforcement des contrôles et un étiquetage explicite de la durabilité du poisson. Elle conseille aussi aux consommateurs de diversifier ses achats en privilégiant les espèces dont les stocks sont les plus fournis (lieu noir, merlan, hareng, maquereau…).

Céline Deluzarche

Journaliste 

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