Cécile Duflot interviewée par nos confrères de franceinfo,  estime que c’est « un rappel à l’ordre citoyen » aux dirigeants! L’ex-ministre écologiste aujourd’hui directrice générale de l’ONG Oxfam France a réagi au succès de la pétition à l’initiative de quatre ONG qui veulent lancer un recours en justice contre l’État français pour « inaction climatique ».

La pétition sur internet « L’affaire du siècle » rassemble à ce jour plus d’1,6 million de signatures de personnes favorables à un recours en justice contre l’État français pour « inaction climatique ».

Interrogée par franceinfo lundi 24 décembre, Cécile Duflot, signataire de cette pétition, estime que « la société dans son ensemble va plus vite que les dirigeants politiques ». Pour l’ex-ministre écologiste aujourd’hui directrice générale de l’ONG Oxfam France, « cette pétition, c’est un rappel à l’ordre citoyen. »

Ce record de signataires vous a-t-il surpris ?

Cécile Duflot : Il faut dire la vérité, on ne s’y attendait pas. Mais c’est quelque chose de très fort, cette action rencontre un écho considérable car tous ces citoyens disent qu’il faut agir. Une grande partie des gens sont conscients que si eux font des efforts, beaucoup de décisions (de politique énergétique, de politique des transports, d’isolation des bâtiments…) ne dépendent pas que d’eux. Il faut que la politique publique conduite par l’État soit à la hauteur. Il y a un soutien à ce recours contre l’État. C’est cette radicalité et cette détermination dans l’action qui ont rencontré un fort succès.

En quoi la politique française est-elle critiquable en matière de lutte contre le réchauffement climatique selon vous ?

Les chiffres le montrent. Aujourd’hui, les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse, malgré l’engagement de l’accord de Paris signé il y a trois ans. Cette pétition montre une volonté d’engagement, de changement, d’action face à une double réalité : l’aggravation des inégalités et la crise climatique, auxquelles il faut s’attaquer en même temps. C’est évident qu’il y a des points d’accord possibles avec le mouvement des « gilets jaunes ». La fiscalité écologique est normale, mais elle ne peut fonctionner que si elle est juste, redistributive et accompagnée par d’autres politiques publiques, notamment si les gens ont les moyens de prendre d’autres modes de transports moins polluants.

Si l’État français est condamné, que peut-il se passer ?

Aux Pays-Bas, l’État néerlandais a été condamné à agir pour baisser de 25% ses émissions de gaz à effet de serre. En France, on peut par exemple contraindre l’État à prendre des décrets sur des lois qui ont été votées, le contraindre à tenir des objectifs très précis. Le problème, c’est le manque de volonté politique, une vision à court terme, un manque de conviction, et puis de l’hypocrisie. La société dans son ensemble va plus vite que les dirigeants politiques. Trois ans après l’accord de Paris, il n’y a que 16 pays parmi les signataires qui tiennent leurs engagements. Il y a un problème de confiance à l’égard des dirigeants. Cette pétition, c’est un rappel à l’ordre citoyen. On est aussi dans un mouvement qui nous dépasse. Ce mouvement touche toutes les couches de la société, et beaucoup les jeunes qui pensent que ceux qui sont aux commandes sont en train de mettre en péril leur avenir et celui de l’humanité.

Avec franceinfo

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