Des kits solaires commercialisés en Afrique

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EDF, Engie et des acteurs locaux commercialisent des systèmes solaires domestiques en Afrique composés d’un panneau photovoltaïque, de lampes à LED et d’une batterie lithium-ion pour sortir les populations privées de réseau électrique des ténèbres.   

Ainsi, précise bfmtv.com, de petits panneaux photovoltaïques alimentent par batterie des ampoules, radios ou encore  des ventilateurs. Loués à prix modique, ces kits solaires séduisent des dizaines de milliers d’Africains.

L’Afrique manque (presque) tout autant de réseaux électriques que d’eau potable courante distribuée dans les foyers. Les deux tiers des Africains -620 millions de personnes- n’ont toujours pas accès à une « électricité abordable, fiable, durable et moderne », selon le think tank Africa Progress Panel, basé à Genève.

Mais, de même que de nombreux foyers africains ont eu le téléphone mobile, sans raccordement filaire au service de téléphonie fixe, une solution émerge pour leur fournir de l’électricité à la maison sans réseau câblé de distribution.

Plusieurs acteurs du marché proposent un kit solaire domestique aux ménages africains isolés et privés de raccordement au réseau électrique. Le panneau solaire est adossé à des batteries permettant de stocker l’électricité pour alimenter, notamment la nuit, des équipements basse consommation (radio, ventilateur, chargeur de téléphone, ampoule).

L’énergie solaire a aussi l’avantage de se substituer aux sources d’énergie émettrices de CO2 (pétrole lampant, bougies, paraffine, etc.)  qu’utilisent certains foyers africains pour s’éclairer.

Au Kénya, M-Kopa est très présent avec ses kits solaires individuels-M-Kopa –

Les géants français que sont Engie et EDF, exploitants de grandes infrastructures centralisées de distribution d’énergie, sont aussi parmi les plus actifs sur le continent avec ce type d’offre d’électricité décentralisée.

Pour satisfaire ces besoins avec un kit solaire individuel, Engie a racheté en avril 2018, Fenix International. Cette start-up, basée  aujourd’hui à Kampala, en Ouganda, emploie près de 700 collaborateurs à travers le monde (États-Unis, Chine, Zambie, ou encore Côte d’Ivoire). Elle fera partie des solutions technologiques présentées par Engie au prochain salon CES de Las Vegas (du 8 au 11 janvier 2019).

« À ce jour, Fenix a fourni de l’énergie à plus de 300.000 ménages, touchant plus de 1.500.000 personnes », affirme Jit Bhattacharya, directeur technique de la start-up. En septembre 2018, Fenix revendiquait l’équipement de 150.000 zambiens réalisé en juste neuf mois.

Fenix propose un kit constitué d’un panneau photovoltaïque, de lampes LED et d’une batterie lithium-ion – Fenix International –

Pour s’adapter aux moyens financiers limités des foyers africains, Fenix propose son kit (panneau photovoltaïque, lampes à LED et batterie lithium-ion) en location avec de faibles mensualités dans le cadre d’une fourniture d’électricité pré-payée. L’utilisateur paye avec son téléphone mobile à partir de 0,15 dollar par jour, puis reste propriétaire de son panneau solaire, une fois le prêt remboursé sur 24 à 30 mois.

De son côté, EDF a créé une coentreprise avec Off-Grid Electric (OGE) pour bâtir une offre d’électricité à base de kit solaire sur le marché ivoirien. Ses kits sont commercialisés via un contrat de location sur 24 à 30 mois au terme duquel le client en devient propriétaire. Leur offre avait séduit, début 2018, plus de 10.000 foyers, soit environ 50.000 personnes ayant eu accès à l’électricité. EDF et OGE visent une part de marché de plus de 20% en Côte d’Ivoire à l’horizon 2020. Puis les deux entreprises ont abordé ensemble courant 2018 le Ghana, aidées par un partenaire local. Elles y proposent deux kits de puissance électrique différente.

 D’autres acteurs africains se sont aussi engouffrés sur le marché telle la société kényane M-Kopa, qui opère au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie. Elle revendique plus de 700.000 kits installés dans des foyers, chez de petits artisans ou des TPE. Compte tenu de ses 600 millions d’Africains peu ou pas du tout « électrifiés », le continent reste à très fort potentiel pour ce type d’offre individuelle.

Moctar FICOU / VivAfrik

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