El Niño pourrait faire de 2019 l’année la plus chaude de l’histoire de l’humanité

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Le réchauffement crescendo de la planète chauffe n’est plus un secret de Polichinelle. Le phénomène météorologique El Niño associé au réchauffement climatique seront sans doute pointé du doigt. Une situation qui oblige plusieurs scientifiques à soutenir que l’année 2019 pourrait devenir l’année la plus chaude depuis que les températures sont enregistrées. Un record qui pourrait multiplier et intensifier les événements extrêmes comme les sécheresses, les canicules, les inondations…

Rappelons que 2018 a été enregistrée par Météo France comme l’année la plus chaude de l’Hexagone. En outre, elle a été la quatrième année la plus chaude enregistrée sur terre alors que la concentration des gaz à effet de serre d’origine humaine continue d’augmenter, a rapporté lundi 7 janvier 2019 le programme européen de surveillance de la planète Copernicus.

La température moyenne de l’air à la surface de la terre a atteint 14,7 degrés Celsius l’an dernier, soit 0,2 degré de moins qu’en 2016, l’année la plus chaude répertoriée à ce jour, marquée par le phénomène El Niño dans l’océan Pacifique.

Le constat est alarmant car les années se suivent et sont de plus en plus chaudes. 2015, 2016 et 2017 étaient déjà les années les plus chaudes jamais enregistrées avec des températures moyennes supérieures à 1,2 °C à la période préindustrielle. 2018, à peine terminée, vient d’être classée par Météo France comme année la plus chaude en France depuis le début des mesures en 1900.

Et selon les scientifiques, plus chaude de l’histoire de l’humanité. En cause : le réchauffement climatique doublé d’un épisode El Niño, un phénomène climatique qui se caractérise par une hausse anormale de la température de l’océan.

« Des évènements climatiques dramatiques comme l’été chaud et sec dans une grande partie de l’Europe et la hausse de la température autour de l’Arctique sont des signes inquiétants pour nous tous », a commenté le responsable du programme Copernicus, Jean-Noël Thépaut, dans un communiqué.

« Si un épisode El Niño se concrétise, 2019 sera sans doute plus chaude que 2018 »

« Au mois d’octobre, les températures de surface de la mer dans l’est du Pacifique tropical semblaient indiquer le retour de conditions associées en général au phénomène El Niño, même si le pendant atmosphérique de ces conditions ne s’est pas encore véritable manifesté », indique l’Organisation météorologique mondiale (OMM). « Si un épisode El Nino se concrétise, 2019 sera sans doute plus chaude que 2018 ».

Selon une étude de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), il y a 80 % de risques qu’un phénomène El Niño se forme et entre 55 % et 60 % de risques que l’événement se poursuive jusqu’au printemps 2019. El Niño pourrait également être retardé et frappé plutôt en 2020. »Je ne suis pas prêt à dire que 2019 sera l’année la plus chaude jamais enregistrée », a déclaré le météorologue Brett Anderson à AccuWeather, « mais je suis assez confiant pour dire qu’elle sera classée parmi les trois années les plus chaudes de l’histoire, indépendamment de la puissance d’El Niño».   

Des événements extrêmes aggravés par le réchauffement climatique

Le dernier épisode El Niño, qui a pris fin en 2016, est associé au blanchissement de la Grande Barrière de corail, à de graves sécheresses en Afrique ou encore des incendies en Indonésie. Des phénomènes extrêmes aggravés par le réchauffement climatique, ont conclu des chercheurs en août 2018 dans une étude publiée dans Geophysical Research Letters. Plus les températures augmentent, plus les conséquences extrêmes d’El Nino pourraient être fréquentes et intenses.

Or, pour l’instant, les émissions de gaz à effet de serre ne cessent de faire grimper le thermomètre. Selon les experts du groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), au rythme actuel, la température devrait augmenter de 1,5 °C entre 2030 et 2052. Même si l’Accord de Paris est respecté, ce qui n’est actuellement pas le cas, il faut compter sur une augmentation de 3 °C à la fin du siècle.

Cela parait peu mais ces trois petits degrés ont des conséquences dramatiques sur la planète et l’humanité, rendant certaines régions inhabitables. « Chaque degré de réchauffement influe sur la santé humaine, l’accès aux aliments et à l’eau douce, à l’extinction des animaux et des plantes, à la survie des récifs coralliens et à la vie marine », a déclaré la secrétaire générale adjointe de l’OMM, Elena Manaenkova.

Même si près de 200 pays sont parvenus à se mettre d’accord le mois dernier sur des règles de mise en oeuvre de l’Accord de Paris sur le climat de 2015, visant à maintenir le réchauffement en dessous de 2°C par rapport à l’époque pré-industrielle, certains jugent ce compromis insuffisant pour lutter contre les effets du dérèglement climatique, responsable de nombreuses catastrophes actuelles et à venir.

Moctar FICOU / VivAfrik         

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