Le Ghana vise la transformation locale de 50% de sa production de cacao

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Le Ghana ambitionne favoriser, via une nouvelle stratégie grandiose, la transformation locale du cacao à hauteur de 50% des volumes de production de la filière dès cette année. 

Pour Joseph Boahen Aidoo, directeur général du Ghana Cocoa Board, l’ambition est claire : transformer localement au moins 50% de sa production de cacao. Ainsi selon le directeur général de l’Autorité de régulation de la filière l’objectif est honnête. «Actuellement, nous sommes en mesure de traiter environ 300 000 tonnes de cacao sur le marché intérieur, soit une hausse de 19% par rapport au chiffre précédent de 252 000 tonnes», a déclaré Joseph Boahen Aidoo.

La Côte d’Ivoire et le Ghana entendent, non seulement produire, mais également transformer la matière première cacao et pour ce faire, ces deux pays avaient sollicité le financement de la Banque africaine de développement (BAD). Ils ont conjointement sollicité la BAD afin de financer un projet de chocolateries locales. Un projet qui s’inscrit en droite ligne du Forum sur la révolution verte en Afrique dont les réflexions et recherches de l’édition 2017, étaient formulées très précisément : «Accélérer la marche de l’Afrique vers la prospérité : contribuer à la croissance d’économies inclusives et à la création d’emplois à travers l’agriculture».

Le Ghana, second producteur mondial ambitionne de densifier l’industrie du cacao ; à l’image du leader mondial qu’est la Côte d’Ivoire. Le Ghana a entrepris depuis quelques années des réformes afin de structurer le secteur de la transformation de la matière première.

A ce jour, 12 entreprises locales de transformation de cacao existent au Ghana. Selon le COCOBOD, le pays bénéficie d’une capacité de transformation installée de 400 000 tonnes. Cette quantité représente la moitié de la récolte moyenne ghanéenne enregistrée au cours des trois dernières années.

Les récentes déclarations et ambitions s’inscrivent dans la logique de la «Déclaration d’Abidjan» signée par le Ghana et la Côte d’Ivoire le 26 mars 2018. Les deux Etats s’engagent sur la question des prix et de l’harmonisation des politiques de commercialisation du cacao. Également le texte encourageait à affermir les logiques de transformations locales, afin de mieux maîtriser les variations du marché.

La «Déclaration d’Abidjan» se veut précise sur les engagements des deux pays, Ghana et Côte d’Ivoire. Les présidents ivoirien et ghanéen «affirment leurs engagements à transformer la majeure partie de leur production nationale dans leurs pays respectifs, invitent le secteur privé, notamment le secteur privé africain, à investir massivement dans la transformation du cacao en Afrique, s’engagent à promouvoir conjointement la consommation du cacao sur les marchés locaux, régionaux et émergents».

Le Ghana et la Côte d’Ivoire perdent chacun près de 2 milliards de dollars par an en raison de la chute des cours du cacao. Il s’agit donc d’apporter une valeur ajoutée à la matière première et d’encourager la consommation de chocolat local.

Moctar FICOU / VivAfrik

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