Près de 15 % des gaz à effet de serre (GES) d’origine anthropique proviendraient de l’élevage

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Le secteur de de l’élevage contribue de manière significative à l’augmentation du réchauffement de la planète. D’après un document de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), intitulé « Élevage & changements climatiques », 14,5 % des gaz à effet de serre (GES) d’origine anthropique proviennent des filières de l’élevage. Cela représente 7,1 gigatonnes (Gt) d’équivalent dioxyde de carbone (éq.-CO2) par an.              

Paradoxalement, « les petits éleveurs, les pêcheurs et les pasteurs font partie des populations les plus vulnérables aux changements climatiques. Ils ont sur l’élevage non seulement un impact direct (par exemple, avec le stress thermique et l’augmentation de la morbidité et de la mortalité) mais aussi un impact indirect (par exemple, par la qualité et la disponibilité des aliments et des fourrages, et les maladies animales) », renseigne le document de l’institution onusienne.

Et la FAO de détailler que « les principales sources d’émissions sont la production et le transport de l’alimentation animale, et le méthane issu de la digestion des ruminants. La bonne nouvelle est que l’adoption plus large des meilleures pratiques et technologies existantes en matière d’alimentation, de santé, d’élevage des animaux et de gestion des effluents pourrait rendre le secteur de l’élevage au niveau mondial plus résilient et réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 %. »

A cet effet, la FAO, précise le texte, fournit un appui aux pays pour faire face aux impacts du changement climatique sur la production animale et pour réduire la contribution des animaux domestiques aux émissions de gaz à effet de serre. En outre, aide les pays à identifier et à conserver la diversité des races domestiques, ce qui permet une évolution en phase avec les changements environnementaux. Les banques génétiques aux niveaux régional et mondial assurent la conservation du matériel génétique, qui peut être mis à profit pour soutenir les mesures d’adaptation aux changements climatiques.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture appuie la production, l’application et la diffusion des connaissances dans le but de renforcer les capacités de ses états membres pour faire face aux enjeux liés à l’élevage et aux changements climatiques. De plus, la FAO met en œuvre des projets et programmes sur le terrain dans le but d’aider les pays à lutter contre les changements climatiques grâce à des modifications des pratiques et des politiques, poursuit le document.

S’agissant de la vulnérabilité des éleveurs aux changements climatiques, la même source ajoute : « les changements climatiques ont des impacts majeurs sur les éleveurs et sur les biens et services des écosystèmes dont ils dépendent ». Dans le détail, 730 millions de pauvres vivent dans les zones rurales et marginales et 430 millions de personnes sont des éleveurs pauvres.

Les régions identifiées comme les plus vulnérables aux changements climatiques, telles que l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud, sont également les régions où les agriculteurs et les communautés rurales dépendent le plus de l’élevage pour leur nourriture, leurs revenus et leurs moyens de subsistance, et où il est prévu que l’élevage contribue de façon croissante à la sécurité alimentaire et à une meilleure nutrition. Les systèmes d’élevage de ces régions ont évolué en fonction de la disponibilité et des opportunités offertes par les ressources naturelles.

Selon la FAO, les changements climatiques affectent les éleveurs et la production animale de diverses manières. Ils entrainent entre autre des pénuries d’eau potable et d’eau pour les autres usages ; ils sont à l’origine des maladies ; contribuent à l’augmentation des agents pathogènes, parasites & vecteurs ; entrainent la modification de la distribution & de la transmission et engendrent de nouvelles maladies.

Les changements climatiques sont également à l’origine de la diminution des rendements des cultures fourragères ; contribuent à la diminution de la qualité du fourrage ; ils interviennent dans les changements dans la composition des pâturages (espèces, communautés), changements dans le système de production (par ex., d’un système mixte cultures-élevage vers un système pastoral).

Moctar FICOU / VivAfrik

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