Cameroun : La Camwater lance une campagne de 6 000 branchements en février 2019

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Selon des sources internes à la Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater), cette entreprise s’apprête à organiser une campagne de 60 000 branchements à effectuer sur l’ensemble du territoire national dès le mois de février 2019. Dans le même temps, la Camwater va satisfaire l’attente des 16 000 abonnés délaissés par la Camerounaise des eaux (CDE) au moment de passer la main à l’opérateur public de la gestion de l’eau potable au Cameroun.

Au cours de cette campagne, l’accent sera mis sur les zones péri-urbaines « souvent délaissées par le passé ». Ces travaux financés à hauteur de 2 milliards de FCFA vont permettre de booster la mise à disposition de l’eau potable par l’opération public en charge.

Malfaçons

Seulement, l’action de la Camwater en faveur notamment des populations de Yaoundé et Douala pourrait connaître quelques couacs quand on sait que l’entreprise compte sur les stations de traitement de Yato 2, située à 11 km de Douala sur la route de Tiko, et d’Akomnyada dans le département du Nyong-et-So’o. En effet, ce ne sont pas tant les capacités de production de ces ouvrages qui posent problème mais plutôt leurs équipements qui dénotent de « malfaçons ».

Pour ce qui est de Yato 2, ce fruit de la coopération sino-camerounaise construit en deux phases (2010, pour une capacité de production d’eau de 50 000 m3/jour, puis, en 2014, pour un ajout de 100 000 m3/jour pour une production cumulée à ce jour de 150 000 m3 d’eau) est considéré la plus grande unité de production d’eau potable de la ville de Douala. Alors qu’en août 2018, l’on en parlait comme d’« un ouvrage utilisant une technique de pointe », la Camwater doit aujourd’hui déchanter. « Nous avons l’impression que les équipements pour exécuter ce projet ont été acquis sur le marché local », souffle une source en service sur place. Qui fait savoir qu’« à ce jour, nous sommes obligés de refroidir les moteurs avec des ventilateurs utilisés dans les domiciles ». Il y a donc « péril en la demeure » en ce qui concerne ce projet qui a englouti près de 120 milliards de FCFA. D’où les craintes de la Camwater quant à la bonne conduite de son plan d’approvisionnement en eau potable de la ville de Douala à partir de cet ouvrage qui capte l’eau du fleuve Moungo. Au départ, il était question que cette station permette l’approvisionnement des villes telles que Mbanga, Mandjo et Loum dans le département du Moungo. « Ces malfaçons font que ces localités, privées de l’eau de Camwater depuis dix ans, ne viennent que d’être connectées à ce réseau », souffle une source interne.

La situation n’est pas non plus reluisante à Akomnyada qui devrait fournir 75% de l’eau potable consommée dans la ville de Yaoundé en en produisant 100 000 m3/jour par captation de l’eau du fleuve Nyong. Une quantité déjà insuffisante au regard des 300 000 m3 dont ont besoin les habitants de la capitale du Cameroun au quotidien. Lors d’une descente du conseil d’administration de Camwater le 22 janvier 2016, le directeur régional adjoint d’alors expliquait que « ce projet [construit en 1985 par l’entreprise Geofor, ndlr] est une grande innovation […] et la plus grosse usine en ce qui concerne les Aquadaf Ucd construit à ce jour par Degrémont dans le monde ». Plus de 30 après, c’est toujours à Geofor qu’ont été confiés les travaux de réalisation d’extension de cette station de captage et de traitement d’eau dont la maîtrise d’œuvre est assurée par Safege. La mission conduite à l’époque par le PCA, Jérôme Obi Eta va constater les travaux qui devaient commencer le 10 mars 2014 pour s’achever le 9 novembre 2014 accusent 14 mois de retard dans le processus. Un retard qui impacte toujours l’approvisionnement en eau potable de la ville de Yaoundé et partant, la campagne de branchements de Camwater. Qui voudrait parachever le rétablissement de bonnes relations entre sa clientèle et elle par la pose de 70 000 compteurs en cours d’acheminement d’ici mars 2019.

Un septennat tout en eau

De sources officielles, de 2011 à 2018, la capacité de production en eau du Cameroun est passée de 498 936 à 731 080 m3/jour soit une progression de 31% pour 155 984 nouveaux abonnés en nette évolution de 31,56%. Dans le même temps, 1 620 000 mètres linéaire de conduite de distribution ont été posées, soit une progression de 23,79%.

Pour améliorer ces indicateurs, le gouvernement, à travers le ministère de l’Eau et de l’Energie (Minee), envisage l’exécution d’un plan directeur d’approvisionnement en eau présenté le ministre lors de la dernière session parlementaire en novembre 2018. Pour Gaston Eloundou Essomba, « ce plan constitue le document de planification [qui] détermine les besoins d’investissement projetés du secteur pour deux horizons, 2022 et 2032 et vise l’atteinte d’un taux de desserte de 85% en 2032 ».

L’accent sera mis sur l’accroissement de la capacité installée de la Camwater, l’entreprise publique en charge de la production et de la distribution de l’eau potable en zone urbaine et périurbaine au Cameroun qui est actuellement de 731 080 m3 d’eau par jour. Sa capacité totale de stockage se situe à 253 374 m3 pour un rendement de production d’environ 95%.

En milieu urbain, d’importants investissements sont entrepris à Yaoundé et Douala. « Ils visent à résorber l’insuffisance quantitative dont souffrent ces grandes métropoles du Cameroun et à accroitre les capacités de stockage et de traitement et, d’ici 2020, et à atteindre un taux d’accès à l’eau potable de 75% », indique Gaston Eloundou Essomba.

Par ailleurs, dans le cadre du programme « Accès à l’eau potable et assainissement liquide », le Minee révèle que « les autorisations d’engagement pour le triennat 2019-2021 s’élèvent à 79 325 726 000 FCFA et 78 756 384 000 FCFA en crédit de paiement ». Ce programme fait la part belle au financement des projets d’envergure dans l’amélioration de l’offre en eau potable en zone urbaine et péri-urbaine (87,18%), à l’instar du projet d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs et les programmes d’alimentation en eau des villes de Dschang, Garoua-Boulai, Garoua, Maroua, Yabassi, Meyomessala, Nkongsamba et Melong conduits par la Camwater.

En ce qui concerne le développement des infrastructures de production d’eau potable, les activités menées s’articulent autour des travaux de production, de transport, et de stockage. Elles ont permis de porter le niveau de production nationale en milieu urbain de 692 480 m3/jour en 2017 à 731 080 m3/jour en 2018 et celui de la capacité de stockage de 249 884 m3 en 2017 à 253 374 m3 en 2018.

Bernard BANGDA / VivAfrik

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