Cameroun: Le parc national de Nki menacé par la montée de la criminalité faunique

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Selon les données actualisées de la conservation du parc national de Nki à Ngoyla, dans la région de l’Est Cameroun, entre juin 2017 et juin 2018, les ventes aux enchères publiques (VEP) des stocks de viande d’espèces protégées saisie entre les mains des braconniers ont produit un peu plus d’un million de FCFA.

Ces VEP font suite aux opérations coup de poing menées par les services déconcentrés du ministère des Forêts et de la Faune (Minfof) dans cette aire protégée. Les animaux dont les carcasses font l’objet de saisies font partie des espèces de la classe A (éléphant, céphalophe à dos jaune, gorille) entièrement protégées par la loi de 1994 portant sur le régime des forêts et de la faune.

Dans les mêmes stocks, l’on retrouvait la biche, le sitatunga et le chat-tigre, animaux de la classe B dont la chasse est soumise à une autorisation préalable. Hormis les stocks de viande, le conservateur du parc national de Nki, Jean Siroma, indique que « pendant cette période, 3 Kalachnikov A4 47 ainsi que les armes de calibre 12 ont été récupérés entre les mains de braconniers ».

D’après le plan d’aménagement du parc national de Nki, ce dernier, couvre une superficie de 309 365 hectares (ha) dans six arrondissements des départements du Haut-Nyong et de la Boumba-et-Ngoko, à l’Est du Cameroun.

Selon Jean Siroma, cet espace n’est pas suffisamment sécurisé : « Dans un contexte où le ratio standard de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) prévoit un écogarde pour veiller sur 5 000 ha, avec 33 écogardes, ce ratio est d’un écogarde pour 9 374 ha dans le parc national de Nki ».

Difficile pour ces agents de surveillance de contenir les braconniers qui infestent ce milieu. Surtout que, pour la plupart, et selon les responsables de cette aire protégée, « il s’agit des ex-rebelles de la République centrafricaine (RCA) et du Congo-Brazzaville, lourdement armés ». Leur repli est favorisé par le fait que le Cameroun et ces deux pays partagent des frontières communes à l’Est.

Les braconniers profitent de la porosité de ces frontières pour décimer les éléphants dont ils vendent les pointes d’ivoire à des prix exorbitants. Un commerçant spécialisé dans l’import-export indique que « le prix de l’ivoire varie entre 400 000 et un million de FCFA en Europe et entre 4 et 4,5 millions de FCFA en Asie ».

Bernard Bangda / VivAfrik

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