Le python royal bien que vénéré dans certaines localités au Togo, reste menacé d’extinction

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Le python royal, considéré dans certaines localités du sud du Togo et du Bénin comme un animal sacré, reste menacé d’extinction. Dans la tradition Ewe, il est interdit de toucher le python royal, car considéré comme une source de bénédiction et de bonheur. Mais de nos jours, le python est tué pour sa chair et pour sa peau. La viande de cet animal est consommée car on lui attribuerait certaines vertus aphrodisiaques. Sa peau est utilisée à la fois pour préparer certains produits en Chine et aussi pour confectionner des chaussures, sacs et autres.

Faisant partie des espèces menacées d’extinction, les pythons royaux sont visibles en ces temps  d’harmattan, dans les maisons ou roder autour des concessions dans les préfectures de Lacs au Togo, notamment à Vogan en passant par Afangnan ou Amégnran.

Puisque cet animal est vénéré dans certains endroits, les habitants de ces localités ne lui font aucun mal. Il est plutôt vénéré et protégé. Mais dans ces mêmes localités, les pythons sont tués pour leur chair et pour leur peau. « Le python royal est notre ancêtre. Il n’a rien à craindre. Il faut le protéger », a déclaré un habitant d’Afangnan.

Selon le rapport du congrès mondial de l’Union Internationale de la Conservation de la Nature (UICN) de Septembre 2016, trois quarts des espèces sont en danger d’extinction. Et, sur la liste rouge de l’UICN, on note plus de 8700 espèces dont le python royal, menacées ou quasi menacées de disparition. Malheureusement, la plupart des espèces menacées d’extinction viennent des activités humaines.

En effet, l’homme est la principale cause d’extinction des espèces. Selon les informations de l’UICN, il est à noter que la perte d’habitat et la dégradation sont les principales menaces. L’expansion de l’agriculture mécanisée, et l’utilisation de produits chimiques pour contrôler les insectes nuisibles sont des menaces potentielles pour le python royal.

Selon la CITES, le Bénin, le Ghana et le Togo fournissent 100 % des spécimens de pythons royaux exportés principalement aux Etats-Unis, en Europe et en Chine. De ce fait, le python royal est l’espèce inscrite à la CITES comme la plus exportée d’Afrique, avec des centaines de milliers de spécimens concernés par le commerce international.

Cependant il est important de souligner que les prix ont chuté beaucoup plus vite que le nombre de serpents exportés ces dernières années. Cela indique une saturation du marché et un développement de l’élevage dans les pays importateurs. En effet, les pythons royaux sont élevés, des fois en catimini et vendus à de bonnes dames ou à des réseaux de trafiquants qui savent pertinemment que le spécimen est protégé par la CITES et que toute personne qui s’adonne à son trafic est punie par la loi.

C’est dans cette mesure d’ordre que la Chambre Correctionnelle du Tribunal de Première Instance de Lomé a condamné, il y’a un an, ADAMOU Mohamed et KOLEGAIN Ablam à 24 mois de prison dont 14 avec sursis, et à payer une amende d’un million de FCFA chacun pour commerce illégal de peaux de pythons royaux, espèce protégée. A titre de dommages et intérêts, ils ont été aussi condamnés chacun à payer une somme de 2 (deux) millions de FCFA, à la partie civile qui est le Ministère de l’Environnement et des Ressources Forestières (MERF).

Rappelons que les deux trafiquants de nationalité togolaise ont été arrêtés en flagrant délit, le 19 avril 2017, par les éléments de l’Office Central de Répression contre le Trafic Illicite des Drogues et du Blanchiment (OCRTIDB), alors qu’ils s’apprêtaient à livrer à un individu sans d’autres précisions d’identité, 782 peaux fraîches de pythons royaux d’un poids total de deux cent dix-neuf virgule trente-six (219,36) kilogrammes.

Les peines encourues pour cette infraction sont fixées par l’article 761 du nouveau code pénal : «La destruction et la commercialisation, directe ou indirecte, sans droit d’espèces animales ou végétales protégées en vertu des dispositions législatives et réglementaires en vigueur et des conventions internationales auxquelles la République du Togo est partie, est punie d’une peine d’un (1) à cinq (5) ans d’emprisonnement et d’une amende d’un million (1000.000) à cinquante (50) millions sans préjudice de toute autre disposition du présent code». (EAGLE-Togo)

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