Le Kenya déterminé à renforcer la protection de ses zones humides

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Les autorités Kényanes ont profité de la célébration de la Journée mondiale des zones humides le 2 février 2019 pour annoncer l’élaboration d’un plan directeur de préservation et de restauration de ces milieux naturels habituellement inondés, et dont le rôle est crucial dans l’équilibre de l’écosystème.

Un projet visant à améliorer la conservation et les moyens de subsistance coordonné par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a permis d’élever les niveaux de santé et de vie des communautés riveraines de l’un des bassins fluviaux les plus pollués du Kenya.

Le projet du PNUD pour les zones humides, d’un montant de 600 000 dollars, a permis à 64 responsables communautaires de recevoir, sur sept sites-pilotes du bassin du fleuve Nyando, une formation en gestion et en aménagement des zones humides en s’appuyant sur différentes méthodes comme les pêches diversifiées et les cultures de substitution, notamment en matière d’agroforesterie, d’apiculture et d’horticulture.

C’est dans le comté de Laïkipia, à cinq heures de route de Nairobi, qu’ont eu lieu les activités marquant l’édition 2019 de la journée des zones humides au Kenya. Le choix de cette localité représente tout un symbole. En 2017, le comté avait été le théâtre d’un conflit entre agriculteurs et éleveurs acculés par les changements climatiques. Ces derniers, venus du Nord, avaient envahi la localité, en attaquant et détruisant des ranchs, entrainant ainsi des affrontements avec les agriculteurs locaux. Les violences avaient fait plus d’une vingtaine de morts et l’armée avait dû être déployée.

C’est dire à quel point le Kenya est touché par les effets du changement climatique. Mais, conscientes du rôle des zones humides dans l’atténuation de ces effets, les autorités kényanes ont saisi l’occasion de la journée mondiale consacrée à ces milieux pour améliorer leur situation. « Nous allons bientôt cartographier toutes les zones humides du pays, identifier les nouvelles menaces à leur survie et élaborer un solide plan directeur pour récupérer la santé de ces ressources », a déclaré Katua directeur chargé des zones humides à l’Autorité nationale de gestion de l’environnement (NEMA).

Le gouvernement kényan entend se concentrer sur des interventions ciblées telles que l’application de la loi, la recherche et la sensibilisation du public afin de minimiser les menaces de pollution et d’empiètement humain responsables de la dégradation des zones humides.

Sur la côte sud du Kenya, une ONG remplace l’action de l’État

Face aux menaces croissantes, liées à l’urbanisation rapide, au changement climatique et à la pression démographique, le Centre de conservation et de sauvetage des primates a engagé une initiative louable. À Diani Beach, une cité balnéaire située sur la côte sud du Kenya, l’ONG plante des essences d’arbres indigènes pour régénérer la forêt des zones humides, dominée par des plantes hygrophiles. Ce qui vient par ailleurs en aide aux primates locaux. Car ces arbres fournissent un habitat aux singes colobes, qui constituent une grande attraction pour les touristes.

Le pays est signataire de la Convention de Ramsar (un traité international adopté le 2 février 1971 pour la conservation et l’utilisation durable des zones humides d’importance internationale). Le Kenya abrite six sites désignés comme zones humides d’importance internationale, dont le delta du fleuve Tana, les lacs Baringo, Elementaita, Bogoria, Naivasha et Nakuru.

Largement qualifiés de «reins du paysage», les zones humides sont, en effet, critiques dans le fonctionnement du cycle hydrologique global. Ils jouent un rôle régulateur dans les systèmes climatiques, la purification de l’eau et l’enlèvement des déchets, le rechargement des eaux souterraines et fournissent un habitat convenable à de nombreuses plantes et animaux aquatiques. Cependant, des préoccupations ont été soulevées au sujet de la surcharge actuelle des zones humides au Kenya, menaçant ainsi la sécurité hydrique. C’est la raison pour laquelle notre organisation et d’autres agences ont travaillé pour promouvoir des approches durables à l’utilisation de cette ressource critique. L’événement de cette année a souligné le rôle important que jouent les zones humides dans l’urbanisation durable. Les lacs urbains rendent les villes habitables de diverses manières – elles contrôlent les inondations, reconstituent l’eau potable, filtrent les déchets, fournissent des espaces verts urbains le long de leurs rives et constituent une source de subsistance. L’importance de l’intégration des lacs urbains dans la planification et le développement durable des villes a été soulignée.

Moctar FICOU / VivAfrik

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