Le souhait de près de 30 000 réfugiés Érythréens vivant en Ethiopie

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Près de 30 000 réfugiés Érythréens ont demandé l’asile à leur voisin Éthiopiens depuis la réouverture de leur frontière commune en septembre 2018. Dans le camp de Histats, dans la région du Tigray au nord du pays, les 15 000 Érythréens qui vivent là rêvent pour la plupart d’Europe ou des Etats-Unis.

Une traversée devenue « presque » banale comme le raconte un père de famille de 36 ans. « On est venu en disant qu’on allait visiter l’Ethiopie, c’est-à-dire qu’il ne fallait pas qu’ils sachent qu’on voulait en fait quitter le pays. Car si on dit qu’on ne revient pas, c’est dangereux. Mais là on a juste pris un bus, on est venu par la route, voilà. »  Cet ex-soldat a fui il y a deux mois avec sa femme et ses quatre enfants. Objectif : rejoindre deux autres enfants qui sont déjà en Belgique.

Depuis, le poste frontière de Zalambessa dans le Tigray a été fermé de nouveau par l’Erythrée. Mais malgré cela, Sayfadin Kacen, responsable de l’Agence nationale pour les réfugiés confirme que les arrivées quotidiennes se sont multipliées : « Donc depuis l’ouverture de la frontière nous avons reçu plus de 9000 réfugiés ici. Et en ce moment nous accueillons plus de 200 individus par jour. »

Un exode qui depuis peu n’est plus composé uniquement d’hommes qui fuient le service militaire mais à 90% de femmes et d’enfants. Le plus souvent, il s’agit de rejoindre un mari qui a déjà fui. C’est le cas de Foweyni. « Je suis partie car en Ethiopie, on a le droit de quitter le pays de façon légale ; là-bas c’est impossible ! »

L’Ethiopie et les maisons en tôle ondulée de ce camp ne sont souvent qu’une étape car, comme Foweyni, presque tous disent vouloir rejoindre un mari, une épouse ou un fils qui est déjà à l’étranger. Une procédure longue mais qui peut aboutir à la réunification de la famille, ce qui était totalement impossible en Erythrée.

Moctar FICOU / VivAfrik

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