La wilaya de Béchar (Algérie) s’achemine vers la résolution de problème d’eau

0

Les difficultés liées à l’adduction de l’eau potable pour la wilaya de Béchar seront bientôt un vieux. Car la problématique d’exploitation, de gestion, de distribution et de traitement de l’eau est en voie d’être résolue dans la localité située à 1 150 km au sud-ouest de la capitale d’Algérie, Alger, à la faveur d’un vaste programme visant la sécurisation des besoins en eau potable des populations et des secteurs d’activités de l’ensemble des 21 communes de la wilaya. 

Dans le cadre de ce programme de développement du secteur dans cette wilaya et la wilaya déléguée de Béni-Abbes, cette dernière va bénéficier bientôt de deux importants forages localisés dans la région de Zghemra, pour une meilleure disponibilité et distribution de l’eau tant pour l’alimentation quotidienne des populations que pour les besoins de l’irrigation agricole et des activités industrielles, a-t-on appris auprès de la direction locale du secteur des Ressources en eau (DRE).

L’alimentation en eau potable des populations (AEP) de cette région saharienne est l’une des préoccupations majeures du secteur des ressources en eau, qui n’a pas lésiné sur les moyens financiers et matériels pour la satisfaction des besoins des habitants de l’ensemble des 21 communes de la wilaya, notamment celles de Bechar, Abadla, Kenadza et Béni-Abbès où l’on recense les plus grandes concentrations d’habitants de la région et donc une plus importante demande en eau.

Les trois premières collectivités ont connu, durant la saison estivale 2018, un début d’une réelle crise en matière de distribution de l’eau potable à leurs habitants, due essentiellement à une grave baisse du niveau des eaux du barrage de Djorf-Ettorba à 55 millions M3, et dont la station de traitement et d’épuration des eaux assure l’approvisionnement quotidiennement de ces communes, a-t-on rappelé.

« La production de cette station, qui été auparavant de 30.000 M3 jour, vient d’être augmenté à 44.000 M3 jour, grâce à une vaste opération de rénovation dont elle bénéficiée pour un coût de plus d’un (1) milliard de DA », a-t-on signalé.

Cependant et pour mettre un terme à la dépendance des habitants de ces régions aux eaux du barrage, le ministère des Ressources en eau a initié un programme d’urgence pour la réalisation de dix (10) forages dans la région de Boussir, lancé en juillet 2018.

 Le transfert des eaux de Boussir, un projet d’envergure

Ce programme d’urgence, qui constitue la solution adéquate pour l’alimentation en eau potable des habitants des villes de Bechar, Kenadza et Abadla, à travers le lancement en juillet 2018 d’un projet de réalisation de dix (10) forages pour le transfert de leurs eaux vers cinq communes ( Bechar, Kenadza, Abadla, Mechraa Houari Boumediene et Erg Farradj), est un projet d’envergure jamais réalisé dans la région.

Ce projet hydraulique d’envergure de transfert des eaux albiennes du champ de captage de la zone de Boussir dans la région frontalière de Béni-Ounif, en réalisation actuellement et qui a nécessité un financement de plus de 9 milliards DA, va mettre un terme aux insuffisances en matière de distribution de l’eau au niveau des mêmes communes, de même qu’il permet une forte augmentation de l’offre en eau dans la région, à savoir 30.000 M3/ jour, selon des techniciens de la DRE.

Les travaux en cours pour la concrétisation de ce projet, confiée à des entreprises nationales, sous le pilotage de l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT), permettra la réalisation à la fin avril prochain de 190 km de conduites, de trois (3) stations de pompage et de deux grands réservoirs de 15.000 et 20.000 m3, qui seront alimentés à partir des forages précités, selon des responsables locaux du secteur.

Ce projet, qui est scindé en neuf (9) lots pour permettre une intervention plus soutenue et rapide des entreprises réalisatrices et qui est accueilli favorablement par les populations de la région, vient aussi en application des mesures prises en mars 2018 par le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, qui avait insisté, lors d’une visite de travail dans la wilaya janvier dernier, sur la diversification des ressources hydriques pour l’AEP et ne pas dépendre exclusivement des eaux du barrage de Djorf Ettorba, qui restent une ressource aléatoire, dépendante de la pluviométrie.

Ces dix (10) forages, avec une production de 250 litres/seconde, représentent 51% de la production moyenne de l’ADE en 2018 pour l’AEP de trois communes (Bechar, Kenadza et Abadla), tandis qu’en 2019, la production d’eau à partir de ces mêmes forages dépassera de 5% la mobilisation en eau des eaux superficielles durant l’année 2018, selon l’Agence nationale des ressources hydriques (ANRH).

Le champ de captage de ces forages s’étend sur une superficie de 2.773,67 km2, d’où la nécessité de création et de délimitation à l’avenir d’une zone protégée pour le maintien de la qualité des eaux de ce champ captant, a souhaité le directeur régional de cette agence, Taha Ansari.

Auparavant, il a été procédé à une opération de rénovation et de modernisation du réseau de distribution de la commune de Bechar sur un linéaire de 233 km, pour permettre une meilleure alimentation en eau potable des habitants de la ville, ainsi que de mettre un terme aux fuites estimées à 1 million de m3/an par la direction locale de l’Algérienne des eaux (ADE).

La rénovation de ce réseau s’est traduite par une amélioration sensible de la distribution et de la disponibilité de l’eau dans les foyers de cette commune de plus 300.000 habitants, qui faisait face à des perturbations désagréables en matière de distribution à cause justement de la vétusté de son réseau qui datait de la période coloniale, selon les responsables de l’ADE.

Actuellement, l’ensemble des 21 communes de la wilaya sont reliées à 99% au réseau de distribution de l’entreprise, avec une dotation réelle de 170 litres/ jour/ habitant, ce qui passe pour être l’une des meilleures offres en eau aux ménages dans le pays, a-t-on assuré à l’ADE.

En outre, le barrage de Djorf-Ettorba, qui a une retenue de 365 millions M3 des eaux de l’oued Guir, fait l’objet d’une opération de prise en charge conséquente, dans le but d’augmenter sa capacité de stockage additionnelle à 165 millions M3, pour atteindre un total de 530 millions M3, au titre de la stratégie nationale de mobilisation des eaux superficielles, a indiqué le directeur général de l’ANBT.

L’augmentation des capacités de retenue de cet ouvrage hydraulique passe par des travaux, en cours, de dévasement du barrage lancés au début de ce mois de février avec un délai de 32 mois, dans le cadre d’un programme de dévasement de 10 ouvrages similaires à travers le pays, initié par le ministère des Ressources en eau. Ce qui permet d’extraire 5 millions M3 de vase du barrage à partir d’une profondeur de 16 mètres, a fait avoir M. Arezki Baraki, lors d’une récente visite au site.

Un navire de dragage de fabrication nationale, mis au point pour la première dans le pays par une entreprise publique (Alieco, filiale de l’ENCC), devra prendra en charge l’ensemble des travaux liés à cette opération de dévasement du barrage, pour un coût de 750 millions DA, dégagée par le ministère des Ressources en eau, a précisé à l’APS le premier responsable de l’ANBT.

En plus de cette opération de dévasement, des travaux d’élévation de sa principale retenue de 1,45 mètres, sera entamée prochainement avec un cout de 117 millions DA, a-t-il également indiqué.

(lemaghrebdz.com)                           

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here