Les gouverneurs d’Afrique centrale ont « besoin de ressources pour avancer »

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Les gouverneurs d’Afrique centrale ont, lors d’une réunion consultative avec le Président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, mardi 26 février 2019 à Abidjan en Côte d’Ivoire, passé en revue des projets nationaux et régionaux et ont posé avec les dirigeants de la Banque les bases d’un développement accru de leur région.

Profitant de cette tribune, le vice-président et économiste en chef de la BAD, Célestin Monga, a présenté un tableau économique du continent, et plus précisément de l’Afrique centrale, soulignant les principaux défis à relever pour améliorer la croissance inclusive – paix et sécurité, gestion et stabilité macroéconomique, poursuite et renforcement des infrastructures de base et intégration régionale. Il a également souligné la nécessité pour les Etats de la région de diversifier leurs économies à travers l’agro-industrie, la pêche et l’élevage. Lui emboitant le pas, le gouverneur du Gabon, Hilaire Machima a confirmé cette dynamique. « Cette politique porte déjà ses fruits depuis que le gouvernement de mon pays s’emploie, depuis quelques années, à transformer le bois sur place. Quelque 80 entreprises de transformation de bois existent au Gabon ».

Le Directeur général de la Banque pour l’Afrique centrale, Ousmane Doré, a souligné l’impact notable des projets financés par l’institution financière sur les populations.  « Les engagements de la Banque dans la région ont atteint 13 milliards de dollars en 2018, pour un total de 531 opérations », a-t-il confié à afdb.org, ajoutant que 2019 serait une année de coopération approfondie avec la région.

Pour étayer ses propos, M. Doré a cité notamment plusieurs projets transformateurs financés par la BAD. Grâce au Fonds africain de développement, quatre des sept pays de la région (Cameroun, Congo, Gabon, République démocratique du Congo, République centrafricaine, Tchad et Guinée équatoriale) ont été interconnectés, en moins de dix ans, par des axes routiers. Il s’agit du Cameroun, de la République centrafricaine (RCA), du Congo Brazzaville et du Tchad. Ces corridors ont divisé par cinq les coûts de transport entre zones de production et zones de consommation. Autre exemple, le programme de facilitation des transports entre Douala, Bangui et Ndjamena a développé les échanges dans la zone ainsi que le commerce à l’extérieur de la zone CEMAC, améliorant l’efficacité de la chaîne logistique de transport.

Dans le domaine énergétique, deux projets ont vu le jour, l’un à Kribi, l’autre grâce à l’interconnexion des réseaux électriques entre la RCA et la République démocratique du Congo (RDC). Le projet de fibre optique « Backbone Afrique centrale » (Cameroun, Congo et RCA) a pour objectif d’améliorer la connectivité, le « e-banking » et le transfert d’information sur le climat des affaires et les marchés. La Banque a également financé un projet de renforcement de l’alimentation en eau potable de la ville de Libreville, au Gabon. En novembre 2018, lors du Forum pour l’investissement en Afrique à Johannesburg, la Banque africaine de développement, Africa50 et d’autres partenaires ont conclu un accord de financement d’un montant de 500 millions de dollars pour la construction du premier pont route-rail reliant les deux voisins congolais, République du Congo et RDC.   

Afin de mettre en lumière l’importance d’une augmentation de capital pour la Banque, la vice-présidente chargée des Finances, Swazi Tshabalala, est revenue sur les orientations stratégiques de la première réunion des gouverneurs tenue l’an dernier à Rome. « Les priorités de la Banque, « High 5 », sont au cœur du programme de développement de l’Afrique », a-t-elle réaffirmé.

Les gouverneurs ont apporté leur soutien à la Banque africaine de développement. « Nous avons une banque qui innove. Nous avons besoin de ressources significatives pour faire avancer l’Afrique et notre région », a ainsi déclaré le gouverneur de la Banque pour le Cameroun, Alamine Ousmane Mey. Son homologue pour la Guinée équatoriale, Lucas Abaga Nchama, a, quant à lui, souligné les énormes besoins du continent en matière de développement, notant que « l’augmentation du capital (de la Banque, Ndlr) est importante. Notre avenir réside dans l’intégration régionale ».

Clôturant la liste des intervenants, le gouverneur de la Banque pour le Tchad, Issa Doubragne laisse entendre que « nous avons toutes les raisons d’espérer ». Ce à quoi le Président Adesina a répondu, en guise de conclusion : « nous continuerons à travailler avec ardeur pour l’Afrique que vous souhaitez ».

Moctar FICOU / VivAfrik

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