AIE : l’offre de pétrole augmentera jusqu’en 2024, avec les USA

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L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a estimé, dans un rapport publié lundi 11 mars 2019 que l’offre mondiale de pétrole va augmenter sur les cinq prochaines années, sous l’impulsion de la production américaine qui devrait croître encore de quatre millions de barils par jour (bpj).   

La production des Etats-Unis atteindra 19,6 millions de bpj en 2024 contre 15,5 millions en 2018, précise l’AIE dans ses prévisions quinquennales. Les exportations de brut de la première économie mondiales devraient doubler, ce qui intensifiera la concurrence en particulier en Asie.

Cette expansion des Etats-Unis et d’autres pays producteurs hors OPEP risque d’avoir des répercussions sur la demande de brut produit par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) mais cet impact pourrait être atténué par le fait que l’AIE ne voit pas encore la demande mondiale plafonner.

« Les Etats-Unis sont à la pointe de l’expansion de l’offre mondiale avec une croissance notable aussi chez d’autres producteurs hors OPEP, parmi lesquels le Brésil, la Norvège et un nouveau venu, le Guyana », note l’agence.

L’envolée de la production de pétrole de schiste des Etats-Unis a contrarié les initiatives d’encadrement de l’offre de l’OPEP et de ses alliés, emmenés par la Russie. Ces pays, regroupés sous l’appellation OPEP+, ont entrepris une nouvelle fois de réduire la production depuis le début de l’année afin de soutenir les cours.

« D’ici la fin de l’horizon de prévision (2024), les exportations des Etats-Unis dépasseront celles de la Russie et se rapprocheront de celles de l’Arabie saoudite, entraînant une plus grande diversité de l’offre », ajoute l’AIE.

La hausse de la demande mondiale devrait quant à elle décélérer sous l’effet du ralentissement économique de la Chine mais elle devrait quand même atteindre 1,2 million de bpj par an en moyenne d’ici 2024, ce qui porterait la demande globale à 106,4 millions de bpj.

L’AIE ne croit pas à un plafond de la demande

Malgré cela, des évolutions telles que le développement de la voiture électrique ne devraient pas encore entraîner un plafonnement de la croissance de la demande, juge l’AIE, alors que Goldman Sachs estime que la demande pourrait atteindre son point culminant d’ici 2024 dans certaines circonstances.

« L’AIE ne voit pas la demande de pétrole plafonner car la pétrochimie et le kérosène restent ses principaux moteurs de croissance, faisant plus que compenser le ralentissement de la demande d’essence dû à une amélioration de la productivité et à l’essor des voitures électriques », explique l’agence basée à Paris.

La demande pour le brut de l’OPEP augmentera mais compte tenu de la croissance de la production en dehors de la sphère d’influence de l’organisation, l’Arabie saoudite et ses alliés seront sans doute contraints de ne pas relâcher leurs efforts de maîtrise de l’offre.

« La gestion du marché par les producteurs restera sans doute nécessaire pendant quelques temps compte tenu des perspectives de demande des bruts de l’OPEP », lit-on encore dans le rapport de l’AIE.

Cette dernière prévoit une baisse de la demande de brut de l’OPEP en 2020 avant qu’elle ne remonte à une moyenne de 31,3 millions de bpj en 2023. Ce total dépasse celui de cette année de 600.000 bpj seulement et est inférieur à la prévision précédente.

Au sein de l’OPEP, l’Irak devrait renforcer ses positions pour se hisser au rang de troisième producteur mondial et contrebalancer ainsi les pertes de production en Iran et au Venezuela, ainsi qu’une situation « toujours fragile » en Libye, ajoute l’AIE.               

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