Exportation des noix de cajou : l’Afrique de l’Ouest rivalise avec le Brésil

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Le marché de la noix de cajou vivait, il y a un an, des moments d’agitation en Afrique de l’Ouest où l’offre abondante tire les prix initialement fixés vers le bas. Première productrice mondiale, la Côte d’Ivoire fait face à des problèmes d’exportations.

A l’heure actuelle, cette tendance semble se confirmer. D’après nos confrères de commodafrica.com, la fin du ‘shutdown’ aux Etats-Unis a permis de renouer avec la publication Outre-Atlantique des  statistiques d’importation de façon générale et des noix de cajou en particulier. On peut ainsi constater des importations quasi stagnantes, à 168 073 tonnes (t) sur l’année calendaire 2018, en hausse de seulement 0,3% en un an alors qu’en 2017, elles avaient progressé de 5,6%, selon les chiffres rapportés par le spécialiste n’kalô dans son dernier Bulletin de marché. Des chiffres qui portent sur les noix brutes mais aussi transformées (grillées, transformées, etc.). En revanche, les achats canadiens, certes beaucoup plus modestes, sont, toutefois, en progression de 15,3%, à 13 787 t.  

La même source précise qu’au total, pour l’Amérique du Nord, la hausse est de 0,8% entre 2017 et 2018. Une faible évolution mais qui « conforte » n’kalô dans son analyse : « la croissance de la consommation dans les pays occidentaux n’a pas été trop fortement impactée par les prix élevés des dernières années même si sa croissance a ralenti par rapport aux années précédentes. »

S’agissant des importations d’amandes blanches, donc non transformées, on constate dans les tableaux ci-dessous repris chez n’kalô, une baisse de l’ordre de 0,6% des achats des Etats-Unis, ce que l’Europe ne parvient pas à compenser car ses propres importations évoluent à peine, de l’ordre de +0,1%. Bref, au total, la demande occidentale a glissé de 0,3% l’année dernière.

L’Afrique de l’Ouest en hausse de 10%

Face à cela, l’Afrique de l’Ouest a de quoi se réjouir. La progression de ses exportations vers les Etats-Unis et l’UE est plus importante, de l’ordre de 10% ou encore de 881 t, que celle du Vietnam (+7%) même si ce dernier demeure le leader mondial incontesté avec 219 825 t. La progression du Brésil est plus forte que celle ouest-africaine, mais ses volumes sont inférieurs -de peu- à ceux d’Afrique de l’Ouest. En revanche, les achats américains et européens d’Inde baissent de 16 300 t, d’Indonésie de 550 t et d’Afrique de l’Est de 530 t. Vers le marché européen, la progression dépasse les 32%.

Plus spécifiquement, s’agissant de l’Afrique de l’Ouest, on note que les exportations de Côte d’Ivoire passent, en 2018, devant le Mozambique comme fournisseur des Etats-Unis et de l’UE, le marché américain devenant d’ailleurs pour Abidjan plus important, en termes de volumes, que celui européen.

Le Bénin connait aussi, ces deux dernières années, une explosion de ses ventes vers les Etats-Unis alors que le Nigeria et le Ghana progressent davantage sur l’UE. Le Burkina Faso, quant à lui, est tout azimut, se positionnant en 2018 au quatrième rang des fournisseurs ouest-africains des Etats-Unis et de l’Europe, passant devant le Nigeria.

Moctar FICOU / VivAfrik               

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