Les chercheurs misent sur la protection des zones humides pour atténuer le climat

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La protection des zones humides contribue largement au ralentissement du réchauffement climatique. Suffisant pour les chercheurs de Wetlands International d’estimer que près de 60% des zones humides d’importance internationale, objet d’une convention internationale (la Convention de Ramsar, officiellement Convention relative aux zones humides d’importance internationale particulièrement comme habitats des oiseaux d’eau) subiront une importante détérioration du fait du changement climatique, d’ici à 2050.

Selon ces chercheurs, près de 60% de ces zones subiront une détérioration d’ici à 2050. Sous ce rapport, d’après Fo-Koffi Djamessi de scidev.net, un outil de surveillance des sites critiques a été mis au point par Wetlands International.    

À en croire les experts, la détérioration des zones humides constitue un danger, du fait du rôle que ces écosystèmes jouent dans la régulation du climat.

En même temps qu’elles constituent une réserve de carbone assez importante pour la planète, les zones humides ont la capacité la plus élevée de séquestration du dioxyde de carbone parmi les écosystèmes terrestres, selon Szabolcs Nagy, chercheur à Wetlands International.

« Si elles sont maintenues en bon état écologique, les zones humides jouent un rôle très important dans l’élimination du dioxyde de carbone de l’atmosphère et ralentissent ainsi le réchauffement climatique »,  précise Szabolcs Nagy, dans un entretien accordé à SciDev.Net.

Elles peuvent également créer un microclimat plus favorable et aider à l’adaptation au changement climatique, poursuit-il.

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont effectué des modélisations à base d’un programme informatique dénommé Critical Sites Network (CSN), qui sert en même temps d’outil de surveillance des zones humides.

D’après les experts, les sites les plus menacés se situent en Afrique du Nord-ouest, dans la vallée du Nil, ainsi qu’en Afrique de l’Ouest, où l’outil prédit une réduction conséquente du débit des cours d’eau.

Au Sénégal, un pays qui compte au total huit sites, Alioune Kane, enseignant-chercheur en hydrologie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, explique que la baisse drastique des précipitations dans le bassin du fleuve Sénégal est l’une des principales causes de l’assèchement de zones humides.

« Les variations de températures, le changement du régime bioclimatique et la sécheresse qui s’est installée dans les alentours du fleuve Sénégal ont eu des répercussions sur l’écoulement des eaux. Cela a entraîné l’assèchement des zones humides », a-t-il expliqué à SciDev.Net.

Le chercheur pointe également du doigt l’action de l’homme qui, à travers la désertification et le nivèlement du sens d’écoulement de certaines rivières, a fortement contribué à accélérer le processus.

Sécurité alimentaire

Par leur capacité naturelle de stockage et de redistribution de l’eau, ajoute Alioune Kane, les zones humides permettent d’éviter les catastrophes comme la sécheresse ou les inondations.

Outre l’intérêt climatique, ces experts trouvent en la protection des zones humides un enjeu de sécurité alimentaire pour les pays africains. 

En effet, expliquent-ils, les zones humides constituent généralement des milieux qui concentrent plusieurs activités comme l’agriculture, la pêche et l’élevage.

Szabolcs Nagy indique par ailleurs que la conservation des zones humides et l’ajustement de l’eau aux pratiques agricoles pourrait permettre d’assurer une agriculture durable pour les populations de ces milieux.

Pour le cas du Sénégal, le chercheur estime que les zones humides d’importance internationale comme le Djoudj ou le Saloum sont des sites touristiques importants, du fait de la richesse de leur biodiversité.

« La dégradation de ces sites affecterait négativement tous les acteurs du milieu impliqués dans l’industrie touristique », prévient Szabolcs Nagy.

Surveillance

Le chercheur précise par ailleurs, que l’outil de surveillance développé par Wetlands International pourrait jouer un rôle déterminant dans la conservation et la restauration des zones humides.

Le Critical Site Network permet d’identifier sur chaque zone humide d’importance internationale la baisse du débit d’eau douce, ainsi que les espèces d’oiseaux d’eau les plus menacées.

« Les responsables des sites et les pouvoirs publics peuvent utiliser ces informations pour prendre des mesures en prenant en compte les spécificités climatiques de chaque zone », explique-t-il.

Au-delà de la surveillance, Alioune Kane préconise pour sa part une action directe sur les zones humides en voie de détérioration, en mettant en place des mécanismes de rétention et de redistribution d’eau sur certains cours d’eau.

« Si ces écosystèmes meurent tous, il n’y aura plus de vie », conclut-il.

Références

Wetlands International est un organisme mondial dédié à la conservation et à la restauration des zones humides.

Avec scidev.net

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